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 Ilyas Eragovna

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MessageSujet: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 13:32


Ilyas ERAGOVNA



♠️ Tout se paye, paren' ♠️


♠️ CARTE D'IDENTITE ♠️

† Alias : Le Parrain

† Age : 47 ans
† Statut : Veuf
† Orientation : Hétérosexuelle
† Nationalité : Russe
† Métier : Businessman le jour, Parrain de la mafia russe à Gotham la nuit
† Groupe : Outlaws

♠️ CARACTERE ♠️

Regardez-vous dans un miroir. Qu'y voyez-vous ? Un homme au cœur brisé, rendu amer par une profonde désillusion, dissimulant tant bien que mal son besoin d'alcool et de violence sadique pour étouffer le chagrin lui vrillant les tripes ? Non ? Alors... Peut-être entrevoyez-vous un être hautain, trop sûr de lui, débordant de mépris pour ses ennemis, incapable d'admettre ses erreurs, préférant reporter la culpabilité sur autrui ?

Non, évidemment ! Vous, ce que vous préférez voir, c'est ce beau quadragénaire encore très apprécié des femmes, intelligent, persuasif, que tout le monde adore écouter parler, pour le simple plaisir de se laisser berner avec charme et élégance. Alors si, en plus, votre reflet vous renvoit l'image d'un patron richissime, très compétent dans son domaine, ne possédant pas le mot « échec »
ou autre synonymes dans son dictionnaire personnel, et capable d'être étonnament protecteur envers les siens à défaut de faire dans le sentimentalisme dégoulinant, je suppose que je ne dois pas m'étonner...

Rappelez-vous simplement qu'un miroir ne vous montre que ce que vous choisissez d'y voir.

♠️ APTITUDES ♠️

Nul besoin d'être combattant hors-pair, tireur d'élite ou banque de donnée sur jambes lorsque l'on sait manipuler les autres pour le faire à votre place. Ilyas a reçu assez de cours de bose anglaise pour savoir frapper efficacement, mais ne se déplace jamais sans gardes du corps. On lui a appris à tenir une arme et à tirer, et cependant sa précision reste très moyenne. Quand à l'école, il n'y a jamais séjourné, bénéficiant d'une formation à domicile auprès du chef de famille. Sa culture générale est axée sur l'univers criminel et ses champs d'application, pas tellement sur les mathématiques, la physique ou les langues. D'ailleurs, le Parrain n'en maîtrise que deux : sa langue maternelle, et l'anglais (ou angliskii, en russe), prérequis pour quiconque souhaite baser son centre d'opération sur le sol américain.

Ilyas n'est pas un génie du profilage, qui sonde l'âme des gens pour les contraindre à lui obéir. Il dispose simplement d'un naturel engageant, d'un sourire communicatif, et d'yeux dans lesquels on aime à se perdre quelques merveilleuses secondes. Plus intuitif qu'autre chose, son mode de persuasion passe par un vaste panel d'expressions et une pincée d'improvisation. L'expérience aidant, il sait en général quel ton marche sur qui, et n'hésite pas à varier les approches pour parvenir à son but. Très persévérant, ce parangon d'éloquence pourrait bien un jour vous faire croire qu'il est en réalité un justicier revêtant une armure high-tech rouge et or, ou la réincaration d'un célèbre personnage de roman policier de la littérature anglaise.

Homme d'affaire implacable, le Parrain maîtrise sur le bon des doigts les ficelles de son métier, transmises par son père et peaufinées au fil de son vécu personnel. Leader charismatique, Ilyas s'assure d'entretenir une image très étudiée, à mi-chemin entre l'aimable familliarité, et l'intransigeance tranchante, au sein de son organisation.

♠️ PARTICULARITÉS ♠️

Dans un soucis d'esthétisme teinté d'égocentrisme latent, le Parrain de Gotham city cultive un bouc très bien délimité, employant pour cette seule tâche un barbier réputé devenu, avec le temps, un ami complice du criminel bonnimenteur. Dans la même veine, Ilyas ne porte que des vêtements/chaussures/montres/lunettes de grandes marques, afin de respecter le standing inhérent à sa situation professionnelle. Très fier de ses origines, il ne résiste jamais très longtemps à la tentation de glisser un ou deux mots de russe dans la conversation lorsque l'anglais est la langue parlé par ses interlocuteurs, plus par patriotisme que pour rappeler ses origines (connues de tout un chacun dans le milieu mafieux).
Enfin (mais est-ce bien nécessaire de le préciser ?), le quadragénaire est un grand consommateur de Vodka russe (ne venez pas lui parler des vodkas polonaises et autres imitations de basse extraction) devant l'éternel.



Code par Tchoup



Mirror, mirror


Derrière le miroir se cache Turlubidon, je suis un schtroumph qui sourit tout le temps, j'ai 21 ans.

Je suis arrivé(e) à Gotham grâce à un top-forum et de manière générale je trouve que vous avez fait un sacré bon boulot avec ce forum mais il est tellement beau que je ne vois pas quoi y améliorer, et ça me frustre. Mon personnage est un PV. Mon avatar est [Robert Downey Junior].

Sinon mon smiley préféré c'est freedent et j'ai bien lu le règlement, la preuve : Validé par l'ami Nemo ridenemo [/u] ! Oh ! Et j'allais oublier : je n'ai rien de particulier contre les vodkas non-russes ^_^.


Dernière édition par Ilyas Eragovna le Sam 17 Nov - 14:09, édité 1 fois
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Invité
MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 13:38


Histoire



Lorsque le Parrain pénétra dans la pièce sobrement éclairée, tout avait déjà été préparé pour lui. Seringues, tenailles, pinces, masses, couteaux et autres ustensiles de torture se trouvaient alignés sur une longue table basse d'aspect usé, à la patine ternie par les outrages du Temps. Cinq hommes armés montaient la garde auprès du prisonnier, lequel occupait le centre de la salle, pieds et poings enchaînés, nu comme un ver. Ilyas demeura quelques secondes sur le pas de la porte à double battant. Ses cheveux d'un noir d'encre et habituellement dressés sur son crâne se trouvaient pour cette nuit constellés d'éclats de bois, de poussière et de bris de verre. Ses yeux rougies de chagrin avaient soigneusement été recouverts par une paire de lunette à verres fumés (il ne fallait pas qu'on comprenne qu'il venait de pleurer), qui n'arrangeait rien à la mauvaise visibilité qu'offrait la salle de torture. Un costume trois-pièce ayant survécu par miracle à la fusillade sur les épaules, le baron du crime organisé slave toisa le dernier de ses agresseurs, les lèvres pincées au-dessus de son bouc soigneusement entretenu.

"Vylezatʹ "

Ordonna-t-il, accompagnant d'un geste nerveux de la main sa consigne. Obligeamment, les cinq hommes se retirèrent en file indienne, laissant le captif seul avec le vozhdʹ. Immobile, le Parrain attendit patiemment que les portes se referment en claquant pour bouger.

"Tu vas me torturer ? Pour savoir qui m'envoie ?"

Provoqua de manière bravache l'homme en utilisant la langue natale de son interlocuteur, un sourire forcé sur les lèvres. L'individu, quel qu'il soit, devait avoir été formé pour résister à la torture. Mais cela n'inquiétait pas outre mesure Ilyas. La nuit était encore jeune, rien ne pressait. Et, jusqu'à aujourd'hui, personne n'avait encore pu passer plus de trois heures en sa compagnie sans se mettre à table. L'air méprisant, le mari nouvellement fait veuf répliqua froidement, dans la même idoine :

"Non... D'abord, je vais te cogner dessus, avec les diverses petites choses contondantes que tu voies là. D'un geste vague, il désigna la table. Ensuite, quand je serai lassé, je te briserai les doigts, un par un, pour que tu ne puisses plus jamais t'en servir. Avec une douceur dérangeante, le bourreau promena un index explorateur sur les phalanges de son compatriote. Après, je couperai tous pleins de petits bouts de choses chez toi pour que tu souffres atrocement, mais sans que tu risques à un quelconque moment de mourir. Je réduirai tes testicules en purée. J'écraserai des tisons brûlants sur ta peau. Je t'injecterai de l'acide dans les veines, et je te crèverai les yeux. Énuméra méthodiquement le cadet des Eragovna. Et ensuite seulement, je commencerai à te torturer."

L'autre garda une expression dénuée de toute peur. Il refusait de se couper la langue tout de suite. Ç'aurait été avouer craindre de craquer, or la résistance aux techniques d'interrogatoire constituait l'apanage de l'unité dans laquelle évoluait le mercenaire. Hautain jusqu'au bout, il redressa le menton, carra les épaules, et se prépara à subir la tourmente. De son côté, le bourreau déambula le long de ses instruments. D'ordinaire, Ilyas aurait laissé un de ses subordonnés très compétent se charger de l'interrogatoire, mais cette fois-ci, le chef de la mafia russe de Los Angeles désirait opérer lui-même. Voir sa victime souffrir, la pousser à une confession qu'elle se refusait à faire. Distraitement, comme pour meubler le silence s'installant entre les deux hommes, le Parrain raconta :

"C'est drôle, ce que la vie vous réserve, parfois... Après d'ultimes secondes d'hésitation, son choix préliminaire se porta sur la traditionnelle batte de baseball chromée. Regardes, moi, par-exemple ; j'ai vu le jour dans un hôpital du centre de Yaroslav', mais ait grandi à Moscou. De ma chambre, j'étais bercé par les clapotis de la Moscova... Mon père menait d'une main de fer la Mafia, et comptait sur mon frère aîné pour reprendre son siège, une fois le moment venu. Moi, j'aurais pu dire ce que je voulais : mon père n'aurait pas changé d'avis. Mais peu m'importait : je vivais heureux. Je n'ai jamais jalousé mon frère pour être né avant moi. Lui avait ça, et moi... Tout le monde m'adorait ! Chacun son truc. J'ai très tôt prouvé que je saurais me contenter de la seconde position dans la famille, avec une telle popularité. Sans prévenir, le narrateur abattit sa batte dans l'abdomen de son auditeur, cognant à chaque coup un peu plus dur, jusqu'à sentir les côtes sur le point de craquer. Essoufflé par la violence de l'effort brutalement fourni, Ilyas expira à fond, reprenant là où il en était. On formait une superbe famille, à cette époque : mon père, ma mère, mon frère... Et moi. Mon paternel était le parrain de la pègre, et ne sachant rien faire d'autre, il me transmit les ficelles du métier, au cas où... J'appris comment diriger un groupe ; comment utiliser les règles du milieu mafieux à mon avantage ; comment blanchir de grosses sommes d'argent via des activités parfaitement légales... Dans une moindre mesure, je reçu la même éducation que mon grand frère. J'ai même eu droit à une séance de tir, une fois ! Bon sang, qu'est-ce que j'étais médiocre, pour ce genre de choses... Le Parrain aplatit sa batte sur les tibias de sa victime, avant de relever son arme pour asséner un coup descendant sur les clavicules, à la jonction entre l'os et l'omoplate. Il y eut un son désagréable, lorsque les tendons de l'articulation cédèrent. Les dents serrées, trapèzes crispés, le mercenaire étouffé un hurlement. En face, son bourreau logea la batte sur son épaule, frottant pensivement sa tête contre le métal froid. Tiens ! Tout ça, ça me rappelle : mon père voulait absolument que j'expérimente les souffrances d'une séance de torture. Selon lui, on ne pouvait pas avoir un pied dans le milieu du crime organisé sans s'attendre à être charcuté, un jour ou l'autre. Et il savait de quoi il parlait... Alors, quand j'ai eu tout juste quinze ans, il a chargé un de ces larbins de me passer à tabac, espérant m'endurcir, faire de moi un homme. Mais, ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que je réussisse à convaincre trois fois de suite son employé de ne pas me torturer ! La première fois, c'était l'enfance de l'art, évidemment : le type ne savait pas trop pourquoi on l'avait chargé de tabasser le gosse du patron. Je n'ai eu qu'à lui expliquer qu'il s'agissait d'un test, pour vérifier sa fiabilité, et il est ressorti de la pièce sans me toucher, croyant avoir brillamment démontré sa dévotion à la Mafia, ha ha ! Bien sûr, il a vite déchanté, et est revenu me voir quelques jours après, furibond. Mais en dépit de sa méfiance, j'ai pu le leurrer une deuxième fois, en exploitant son sentiment de solitude, et les vues qu'il avait sur une des employées de mon père... Encore renvoyé dans les cordes sans avoir même essayé de me torturer ! La batte se mit à frapper furieusement, comme une guêpe prise de frénésie : rotules, orteils, oreilles, épaule démise, sternum, entrejambe, de nouveau rotules, mâchoire, et pour finir, gorge. L'enchaînement se conclut sur un râle étranglé, tandis que l'homme à la trachée malmené s'efforçait de chasser la sensation de compression imprimée à son larynx. Tout en frappant, l'orateur poursuivit : C'en devenait presque trop facile. Sauf que, la troisième fois, mon père s'est joint à la fête, afin de s'assurer que je reçoive finalement la correction méritée. J'admets que, là, j'ai eu un peu plus de mal... Il a fallu que j'explore plusieurs terrains, avant d'amener mes deux tortionnaires à oublier l'idée de me faire du mal. Des histoires d'argents, un peu de zizanie artificielle et quelques sous-entendus astucieusement placés me tirèrent d'affaire, m'indiquant par la même occasion que, si je n'étais ni le plus musclé de la famille, ni le plus adroit, j'étais, et de loin, le meilleurs dans l'art de la persuasion."

Le bientôt trentenaire s'autorisa une petite pause, exigeant d'obtenir une bouteille de vodka tout en déposant la batte maintenant tiède au toucher sur la table. Entre deux gorgées, agissant comme s'il se souvenait brusquement d'un détail anodin, le jeune homme précisa :

"Deux mois après, mon père me fit emmener dans une salle très similaire à celle-ci. Bâillonné. Impossible alors de bourrer le crâne de mes kidnappeurs ! Et je l'ai finalement eu, mon initiation... J'en conserve deux ou trois belles cicatrices dans le dos, d'ailleurs."

Ilyas proposa à son invité une gorgée d'eau-de-vie, que celui-ci refusa obstinément. De toute façon, le prisonnier savait pertinemment que, dans tous les cas, sa soif ne serait pas étanchée. En se tortillant sur place, il réajusta sa position, inspirant longuement pour conserver une parfaite maîtrise de ses nerfs. Sans empressement, son tortionnaire cala une hanche contre la table, se tapotant les lèvres. Après quelques secondes d'indécision, il prit une seringue de thiopenthal sodique, l'enfonça dans la carotide du mercenaire sans prendre la peine de stériliser la peau au préalable, et appuya à fond sur le piston.

"Acide ?" Crut deviner le résistant.

- Niet. Pas encore... Ça, c'est du sérum de vérité. Le corrigea aimablement son geôlier, ce qui eut pour effet de tranquilliser le prisonnier.

La plupart des prétendus « sérums de vérité » n'étaient que des analogues de l'éthanol, reproduisant à plus ou moins grande intensité les symptômes de l'ivresse. Si le Parrain espérait l'amener à parler de cette manière, il risquait d'avoir une belle surprise !
Ilyas pouvait presque lire sur le visage de son interlocuteur ce raisonnement, ce qui l'arrangeait. Mieux valait que sa victime se focalise sur cette histoire de potion magique lui déliant la langue par enchantement. L'objectif véritable de l'injection, embrumer l'esprit du mercenaire, n'en resterait que plus difficile à appréhender. Car le chef de la mafia locale le pressentait, l'interrogatoire prendrait bientôt une tournure qui inciterait le captif à vouloir se trancher lui-même la langue... A moins qu'Ilyas ne fasse en sorte que seule la douleur monopolise l'attention de sa proie enchaînée, afin que cette dernière oublie la possibilité de se réduire au silence. Procédant à l'étape suivante, le criminel veuf commença à briser manuellement chacun des doigts de son prisonnier.


"Mon père, ayant découvert mes prédisposition pour la rhétorique, me suggéra de partir plus à l'Est de la Russie, près des provinces limitrophes avec la Chine, où il pourrait faciliter mon insertion dans les branches de la mafia en lien avec les Triades. Notre organisation avait besoin de gens comme moi, pour renforcer les partenariats commerciaux avec le syndicat du crime organisé asiatique. Mais je ne voulais pas qu'on me simplifie la tâche. J'aspirais à gravir lentement les échelons, à accéder à un rang pas trop prestigieux, mais tout de même assez valorisant. Avec un père Parrain, dont le premier-né lui succéderait, ma famille disposait d'assez de gros bonnets pour que je puisse me contenter d'un poste de lieutenant sans couvrir de honte mon nom. En plus, au pays, il me suffisait de me baisser pour cueillir les femmes par poignées ! Je voulais retrouver un peu de difficulté, laisser Moscou et la mère-patrie à mon frère, qui commençait à prendre ses responsabilités. J'avais dix-huit ans lorsque je pris l'avion pour rejoindre la côte Est des États-unis et leur fameuse ville de Los Angeles."

Briser les phalanges n'impressionnait plus personne, au vingtième siècle, et surtout pas un individu formé pour endurer les pires supplices. L'homme de bougea même pas lorsqu'Ilyas lui tordit les doigts, chose parfaitement prévisible. Néanmoins, peut-être par nostalgie, le meneur de la pègre slave demeurait très attaché à cette sorte de coutume pleine de symboles. Et d'un point de vue pratique, cette précaution rendait nettement plus compliquée toute tentative d'évasion.

"L'Amérique... LE vivier où toutes les mafias du monde bataillaient pour se tailler une part du gros gâteau capitaliste. Assurément le meilleurs endroit du monde où j'aurais à fournir quelques efforts pour m'assurer une place au soleil. Et sans vouloir me vanter... Dès mon arrivée sur le sol américain, j'ai compris qu'il ne me faudrait pas plus de six ans pour accéder à la tête du cartel russe de la ville. Le responsable en place était si mauvais en communication... Il se contentait de pointer un pistolet à droite et à gauche, en hurlant des ordres. J'ai rapidement su me rendre indispensable à son organisation, facilitant les discussions, les ventes et achats d'arme, améliorant l'image de la hiérarchie auprès du petit personnel. En parallèle, une discrète campagne de désinformation menée par votre serviteur provoqua le déclin et la chute du vieux brailleur pataugeant dans ses responsabilités. Son fauteuil, laissé vide, appelait quelqu'un de plus jeune, de plus diplomate et de moins étroit d'esprit... Quelqu'un comme moi, en somme."

Se replonger dans le passé n'éloigna que brièvement la pénibilité de sa perte, aussi l'âme esseulée recouvra-t-elle vite son amertume et la noirceur qui avaient caractérisées son entrée dans la pièce. S'essuyant les mains sur son pantalon (le mercenaire transpirait abondamment, à force de contenir ses soubresauts de douleur), le Parrain de Los Angeles opta pour une seringue d'allure imposante, remplie d'un liquide translucide.

"Ah, l'acide ! Sublime liquide de torture. Là où on l'injecte, non seulement il cause de la douleur, mais (et c'est là son effet le plus intéressant) il démultiplie par la suite les sensations douloureuses provenant de cette zone ! Mon paternel m'a plusieurs fois expliqué comment toute cette histoire fonctionnait, mais je décrochais à chaque fois... Je n'ai jamais eu la fibre biologique."

L'épaisse aiguille traversa la peau du dos de l'homme attaché par des chaînes, s'arrêtant avant d'atteindre la colonne vertébrale. A mesure que l'acide se déversait dans les tissus, rongeant et agressant tout ce qui se trouvait à portée, le stoïque prisonnier commença à s'agiter, grognant tel un bœuf, refusant rageusement de demander grâce.

"A vingt-deux ans, je devins le nouveau Parrain en poste à Los Angeles, et ce, avec la bénédiction de tous mes subordonnés, s'il-vous-plaît. Une consécration, n'est-ce-pas ? Badina joyeusement le narrateur, avant de revenir vers l'oreille attentive qui ne cessait de l'écouter monologuer (n'ayant pas le choix). Une très vieille et très abrasive lime logeait désormais dans la main droite du tortionnaire, qui s'attela à l'amusante tâche de « peler » le dos de son invité rendu hypersensible par l'acide. Pour des raisons purement administratives, je me suis, ensuite, trouvé une femme acceptant de se marier avec moi. Une américaine pure souche, qui rendait mon séjour permanent sur un sol étranger totalement légal. Et, crois-le ou non, mais cette épouse, entièrement accessoire pour moi au début, devint l'amour de ma vie. Pas parce qu'elle me complétait ; pas parce qu'elle me faisait grimper au rideau durant nos ébats. Simplement, elle voyait en moi l'homme que je rêvais d'être, et, par ses yeux, je pouvais me regarder dans un miroir, et rayonner de fierté. Quatre merveilleuses années passèrent, tandis que mon empire se consolidait. Mon frère resté Parrain au pays, j'espérais profiter de ma position dominante pour relier par de solides liens Moscou aux États-unis. Deux frères, coopérant pour élargir le champs d'action de la Mafia sur toute la côte Est des États-unis... Notre père aurait sans doute été fier !"

Ilyas envoya la lime ensanglantée voler au travers de la pièce. Celle-ci rebondit en faisait un bruit métallique, tandis que le Parrain, les doigts souillés de fluides corporels, revenait se placer face à sa victime, dont la peau luisait de transpiration. L'homme haletait, ses yeux vitreux peinaient à se concentrer sur le visage sévère de son bourreau, qui étudia toutes les marques laissées par ses coups avant de tirer sans ménagement par l'oreille le mercenaire.

"Et nous voici aujourd'hui... Cette après-midi aurait dû être la vente du siècle. Je devais signer le contrat le plus juteux jamais rédigé entre deux syndicats du crime organisé. Mais là, toi et tes petits copains fouteurs de merde débarquez, en canardant à tout-va, manquant de tout faire foirer. Mes hommes plombent les invités surprises, je vais rassurer mon collaborateur, reportant la signature du contrat à une date très ultérieure, et qu'est-ce qu'on vient m'apprendre ?"

Un coup de genou bien placé permit au veuf furibond de se délester d'un peu de sa hargne. D'un mouvement nerveux, Ilyas ôta ses lunettes, hors de prix dévoilant deux yeux parfaitement secs, aussi noirs que la nuit, l'encre et l'obsidienne réunis, luisant d'un éclat brûlant d'animosité.

"Ma femme... L'unique femme dont je me sois jamais soucié plus de vingt-quatre heures, et qui ne soit pas de mon sang. Ma femme, qui était venue assister à cette signature en tant que ma fiancée... Avait été mortellement touchée par l'une des foutues balles que vous, misérables crétins, vous amusiez à tirer à l'aveuglette."

Farfouillant dans sa poche, le veuf éploré extirpa en tremblant de colère un couteau à cran d'arrêt, agitant lentement la lame sous le nez de son vis-à-vis.

"Tu veux apprendre un truc intéressant ? Quand on dit à un homme qu'on va lui couper « des bouts qui dépassent », son regard se porte vers ce qu'il ne veut pas qu'on lui coupe. Généralement, c'est son engin à pisse. Classique. Mais toi, mon grand, t'as pas baissé les yeux. Non, tu as bien été formé... Ce genre de menace ne doit plus rien te faire. En revanche, j'ai distinctement vu ton regard loucher sur ton nez, quelques secondes..."

Brusquement, le Parrain appuya son couteau sur l'arrête du nez de sa victime, le regard fou, l'haleine alcoolisée. Le métal froid entailla la chair, provoqua un début de saignement.

"Tu y tiens tant que ça, à ton gros nez ? Saches que je tenais plus à ma seule femme que tu ne tiens à ton nez, tes couilles, et ta vie réunis !"

* * *

Pour les cinq gardes, l'heure suivante fut longue. Au travers de la porte à double battant filtraient de plus en plus de hurlements, de cris, de sons répugnants évoquant une chute d'objets mous et flasques, ou spongieux. Leur chef les hélait de temps à autre, exigeant qu'on lui apporte un gros rat, ou un chalumeau, ou une pince à glaçons, ou une tire-bouchon... A chaque fois, il paraissait plus ivre, plus violent, et surtout, plus entaché d'éclaboussures de sang. Sa voix, d'ordinaire modulée et agréable, se transforma graduellement en un rugissement rauque et guttural. Bientôt, il ne répétait plus qu'un seul mot : Kto. « Qui ? ».
Lorsqu'enfin, le
vozhdʹ, le « leader/guide » ouvrit en grand les portes de la salle de torture, il titubait légèrement (ce qui, compte tenu de la quantité de vodka qu'il pouvait ingurgiter par jour sans flancher, en disait long sur sa consommation de l'heure passée). La mine chiffonnée, il articula pâteusement en russe, l'ivresse l'empêchant de parler angliskii à ses hommes :


"Brûlez-moi ça, qu'on ne puisse pas savoir qu'il a été torturé. Et brûlez aussi les autres cadavres !"

Quatre mafieux obtempérèrent sur-le-champs, découvrant tout d'un coup la puanteur omniprésente de la pièce en se couvrant le nez avec le coude, l'aspect monstrueux et décharné du prisonnier mort donnant des haut-le-cœur aux hommes de main du baron du crime slave. Des morceaux de corps se trouvaient disséminés sur le sol, rendu poisseux et collant de sang ; les restes d'une bouteille jetée au sol crissaient sous la semelle ; mais surtout, le charnier charriait d'infâmes relents de mort pénible, une odeur aigre qui prenait à la gorge.

Se passant la langue sur ses lèvres insensibilisées par l'alcool, le Parrain pointa maladroitement un index accusateur sur le cinquième garde.


"T'es viré. Tu faisais partie des hommes en place cette après-midi, et si t'avais été juste un peu plus compétent, ma femme serait encore auprès de moi. Tu payeras le prix de ton incompétence en retournant dans la rue, à faire des boulots de merde pour pas finir crevé de faim. Mais avant ça, tu feras savoir à tous les types qui bossaient pour moi et qu'étaient d'astreinte durant l'attaque qu'ils sont virés aussi. Je ne veux plus jamais revoir leur sales gueules de minables ! On poluchil ? "

Un sobre "Da, Ser" lui confirma que l'ordre serait exécuté à la lettre. Ceux qui désobéissaient au boss ne vivaient jamais assez longtemps pour s'en vanter.
Certain d'être obéis, Ilyas déambula jusqu'à sa chambre, claquant la porte, avant de se toiser dans un miroir. Il avait du mal à se remettre de l'aveu que ses tortures avaient arraché au mercenaire endurci. Deux mots, crachés entre des dents à demi défoncées par des coups de marteau. L'identité incontestable du responsable de son malheur. "Vash brat". « Ton frère ». La réalité d'un constat avait alors asphyxié le Parrain veuf : son frère ne l'aimait pas. Impossible de savoir depuis quand, mais le premier-né de la famille avait fini par haïr son cadet, ce petit prétentieux devant qui défilaient les jeunes femmes et s'extasiaient les crédules prêtant attention à ses mensonges finement tissés. Pour l'intéressé, qui avait toujours vécu dans l'idée que sa famille l'adorait, la désillusion eut un goût de cendres. Un goût amer, fort, effaçant toute autre saveur, que seul de fortes rasades de vodka pouvaient diluer. Comme un naufragé s'accrochant à sa bouée, Ilyas rampa jusqu'à son minibar, en extirpa une bouteille à peine entamer, et but. Le réveil serait douloureux, pénible, et poisseux, mais il s'en moquait totalement. Le frère trahi ne voulait plus réfléchir, plus repenser au chagrin qui lui comprimait la poitrine. Comme un pantin désarticulé, il s'écroula lourdement, face contre terre, renversant un liquide froid et translucide sur le parquet moulé de sa chambre.


* * *

Deux ans de lente décrépitude plus tard, Ilyas se reprit en main. Los Angeles n'avait plus rien à lui apporter, et trop de souvenirs douloureux à lui offrir. Il devait se venger, avec la rudesse et l'implacable froideur d'un hiver russe. D'abord, en abattant tous les proches de l'assassin de sa femme, et ensuite seulement, en tuant ce dernier les yeux dans les yeux. Mais pour réussir ce fratricide, le Parrain allait avoir besoin de ressources autrement plus qualifiées que celles nichant à la cité des anges. Aussi assura-t-il sa nomination dans le panier des crabes les plus vindicatifs et mortels qui soit : Gotham city. La ville érigée au panthéon des taudis. Un paradis de corruption, à la criminalité dépassant toutes les espérances. Un terroir approprié pour qui souhaitait se fournir en hommes de main très compétents, n'ayant plus rien à perdre, et susceptibles de se lancer convaincre par les arguments spécieux du mafieux à la langue bien pendue. Gotham city risquait de se révéler pire que Los Angeles, en terme de compétition. Ce qui n'était pas pour déplaire au veuf slave.



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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 13:40

bienvenue sur le forum !
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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 13:42

Merci Monsieur Way... Heu, pardon... "Batman" Wink
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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 13:54

Bienvenue sur le Forum Ilyas Very Happy

Je vais laisser Nemo juger ta fiche Wink Je te signale simplement que ton code est faux mais en revérifiant le règlement tu devrais trouver rapidement l'erreur ronde

Au fait j'ai bien aimé les références à Iron Man & Sherlock Wink

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Dernière édition par Peter Parker le Sam 17 Nov - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 14:00

maxred Officiellement bienvenue Ilyas maxred

J'espère que tu me gardes un rp omg
Je vais lire ta fiche et je te dirais ce qu'il en est incessamment sous peu x)
et merci d'avoir pris ce pv crazy

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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 14:11

Merci à vous deux Very Happy (même si j'aurais préféré ne pas faire une telle confusion entre deux mots à l'orthographe proche dans la langue anglaise larme ).

Bien sûr que je te garde un rp, Nemo nbat Comment pourrais-je faire de toi ma marionnette tueuse, sinon ?
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MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 14:15

Je valide ton code de règlement merci de la correction co
Je t'ajoute 15 jetons pour avoir prit un prédéfinis du forum !



Tu es validé !!!




Le staff te souhaite officiellement la bienvenue sur le forum !


J'aime beaucoup ta fiche parce que tu as vraiment bien cerné le personnage et que j'ai prit plaisir à lire ta fiche car tu écris vraiment très bien, tu as d’excellente connaissances que tu utilises avec brillot cela garantis des rpS vraiment intéressants ! Mais j'aurais adoré en lire plus sur le caractère *-*. Tu es donc ajouté au OUTLAWS ! Après évaluation de ton personnage tu commenceras avec un niveau de défense 2 et un niveau d'attaque 3.




Sache que l'admin qui t'as validé est en quelque sorte ton tuteur et tu es en droit de le harceler de mp jusqu'au bout de la nuit si tu es perdu. Mais afin d'éviter de faire exploser sa boite de réception, voici un guide d'avant jeu pour t'éviter de te perdre à Gotham City.


♠️ Pour commencer, il te faudra activer ton dossier dans ton profil.
♠️ Réserve ton avatar, si tu ne le fais pas, sache qu'il te sera impossible d'avoir gain de cause si quelqu'un le réserve par la suite, et cela, même après ta validation. Mieux vaut ne pas prendre de risque. (Cela vaut aussi pour les pvs évidement) Viens également recenser le métier de ton personnage.
♠️ N'oublies pas prendre connaissance du Casino pour améliorer ton jeu ! Si tu as la moindre question à ce sujet n'hésite pas à contacter l'ami Nemo.
♠️ Evidement, tu devras affronter l'inévitable qui consiste à réaliser ta fiche de lien mais aussi ta fiche rp. Tu as également la possibilité d'ouvrir ton journal.
♠️ Si tu veux un conseil, gardes un oeil sur les News ainsi que sur le Daily Bugle, de nombreux évènements pourraient t'y intéresser.
♠️ Le forum compte sur toi pour voter aux top sites mais aussi sur le Boosterforum et comme tout travail mérite salaire, chaque vote te rapporte des jetons !
♠️ Après tout cela, la partie RP s'ouvre enfin à toi.



Amuses toi bien parmi nous ! Si tu as la moindre question, n’hésite pas à contacter un membre du staff qui sont là pour te guider vers la lumière... Pour certains c'est l'obscurité, mais nous ne dénoncerons personne.


BON JEU !
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Invité
MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 14:31

Merci beaucoup pour cette validation :green:

Je commence à bûcher sur mes fiches RP et de liens cap
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♠ Localisation : Gotham
♠ Nombre de Messages : 381
♠ Nombre de Jetons : 768

♠ Mon Dossier ♠
♠ Pseudo: Sammix
♠ Statut RP : Disponible
♠ Inventaire:
avatar
Dinah L. Lance
MessageSujet: Re: Ilyas Eragovna   Sam 17 Nov - 22:34

Bienvenue ^^

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Ilyas Eragovna

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