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 Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !

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Nate Weaver
MessageSujet: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Ven 4 Jan - 17:06

    C’était une de ces journées où la mélancolie, tel un oiseau de mauvais augure, vint se poser, aux aurores, sur mon épaule, la plume fine, et soyeuse, noire de jet. Comme pour prévenir d’un combat à venir entre la déprime et la colère contre mon moral et ma bonne humeur assez discrète. La pluie fine, et la grisaille n’aidaient pas, ni la date, et encore moins l’emploi du temps, c’était à croire que l’univers tout entier avait décidé que je déprimerai aujourd’hui.
    Un lundi où il n’y avait rien à faire, je décidais d’aller profiter de mes heures de trous pour travailler à la cafeteria. Je pris mon sac à bandoulière et je sortis du bâtiment principal. Je traversais le campus tendrement agressé par la bruine, mon gilet noir sur les épaules, capuche noire sur la tête, contraint par le froid je serais les dents, je remuais la tête dans l’espoir de cacher mon menton sous mon écharpe. Direction la cafeteria, en plus la femme qui y travaille est plutôt mignonne.

    Je poussai la porte de la cafeteria, je me dirigeai je pris une brique de lait, et un sandwich avant de passer à la caisse avec un petit sourire timide. Puis je m’installais tranquillement à ma table. Je sortis un bloc-notes et mon devoir maison de chimie organique à rendre dans une heure, rien de bien méchant, de simples rappels sur la nomenclature, aussi amusant qu’un sudoku à vrai dire.
    C’était agréablement calme, normal, l’équipe de foot américain était en entraînement, enfin je crois, si la pluie venait à empirer par contre… Ils viendront tous se réfugier ici, et ce sera le …
    Putain moi et ma manie de parler trop vite… Je me levais pour prendre une bouteille d’eau et un gobelet au distributeur, et je les vis se diriger en courant vers la porte... Ô joie. Je lançais un regard de compassion vers la serveuse tout en soupirant. Adieu calme.

    Je lançais un regard amusé vers la table autour de laquelle les nerds du club d’échec étaient regroupés. S’ils les avaient vus, ils auraient déjà décampés. Dans toutes les universités c’est la même chose, on a partout, cette équipe de sport composé de gros macho aussi grosse que celle de leurs amis les chimpanzés. Ils passent leur temps à se prendre pour des superstars et à se jouer des moins forts… des plus cérébraux disons…
    Sans surprises ils entrèrent dans un vacarme incroyablement fort pour cinq personnes, et comme attiré comme des aimants par un frigidaire, les cinq joueurs se dirigèrent vers les joueurs au club d’échec, une discipline presque comme une autre. Je serais les dents, s’ils devenaient physique avec eux, me connaissant j’interviendrai.
    Je venais tout juste de réaliser que ma brique de lait intacte trempait dans mon verre d’eau. Personne n’y faisait attention, les autres étaient bien trop occupés à ignorer les footballeurs… Sinon personne ne se demande pourquoi ma brique de lait trempe dans mon verre d’eau ?
    Boarf pas le temps de s’y attarder, le linebacker mike de l’équipe a chopé les lunettes de l’un des nerds, tous rigolaient. Grmpf à peine j’eus le temps de le réaliser, que ma brique de lait explosa violement sur la tête du voleur de lunette. Coup de chance, en plein dans le mile. Chance… Pas si sûr…

    Tous les regards se dirigèrent vers moi, et je viens de réaliser que je me tenais face à eux. Je suis vraiment trop impulsif, ça me cause toujours des soucis… Ils s’apprêtaient à parler « Est-ce que tu… », je leur coupai la parole « Oui j’ai conscience de ce que je viens de faire, oui je sais ce que je risque, et oui vous ferez mieux de leur foutre la paix. » Je parlais vite, mais je gagnais du temps pour les observer. Et là je vous souhaite la bienvenue dans mon cerveau :
    Savez-vous que le système nerveux autonome comprend deux sous-systèmes opposés qui se compensent l’un l’autre ? Le sympathique et le parasympathique. Le sympathique prépare le corps à une action violente, et le parasympathique préserve les réserves du corps. En situation d’agression il arrive que le sympathique prenne le dessus, l’adrénaline se répand dans le circuit sanguin, le cœur bat plus vite, le sang afflue vers les muscles et le cerveau en provenance des viscères, cela explique pourquoi je suis tout pâle, c’est parce que j’anticipe, je prévois d’attaquer. Je vais m’arrêter là quant à la description d’un individu qui s’apprête à passer à l’attaque.
    Et à l’opposé quelqu’un qui se fâche tout court, en plus d’être tout rouge, il est simplement en colère, et n’attaquera pas. Oui, mon père enquêteur m’a appris tout ça, pour éviter la bavure quand je serais enquêteur de police… Bref je suis mentaliste sur les bords vous savez…

    Bref, ils étaient tous rouges sauf un, non pas celui qui avait du lait du la figure… Ce qui est surprenant d’ailleurs, il doit trop avoir les boules pour me casser la figure. C’était le plus grand d’entre eux, peau transpirante, regard intense, sourcils froncés, et visage pâle, oui, lui là, il va me casser la gueule, sans rien ajouter je le regardais, il serait le poing et il pinçait ses lèvres de plus en plus fort, il allait me cogner… Pas encore, pas encore, maintenant ! Il leva le poing dans ma direction. « Leçon d’anatomie les gars ! » Je lâchais ça pour le déstabiliser, et aussi pour leur apprendre un truc, je m’accroupis aussitôt pour éviter son coup de poing, je l’avais de loin celui-là pour le prendre… Et en me relevant je plaçai un coup de poing dans son estomac qui le plia en deux. « L’estomac est très riche en fibre nerveuse, un bon coup dedans et vous voilà paralysé. »
    A peine eu-je le temps de finir ma phrase que je me pris une droite en pleine poire. Je me laissais tomber en arrière, ils ramassèrent leurs amis et s’en allèrent en m’insultant, et en me refilant un ou deux coup de pieds dans le ventre en guise de salutation, je leur fis au revoir de la main sans broncher... Enfin sans broncher... C'est plus fort que moi « Vous me devez une brique de lait les mecs ! » L'un des cinq gars prit la peine de revenir et de compenser la brique avec un dernier coup de pied dans le ventre. « Je pense...je pense qu'on est quitte..» Je restais au sol, c’est dingue comme il est confortable d’un coup…

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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Ven 4 Jan - 18:36

La fatigue lui collait à la peau, lui tirait les traits et lui brûlait les yeux avec une insistance de plus en plus étouffante. La bruine charriait avec elle une moiteur languide et, à chaque instant, Cassandra ne rêvait que d’une chose : le confort d’un lit douillet pour enfin clore les paupières et sombrer dans un sommeil réparateur. Hélas, une telle perspective se faisait lointaine, à moins qu’elle ne souhaitât se faire virer. Option absolument pas envisageable, ou elle verrait obligée à voler les braqueurs de banque pour arrondir ses fins de mois et payer le loyer de son appartement miteux. Pitoyable.

Tout était tranquille, dans la cafétéria du campus. Cassandra y avait été envoyée en renfort, comme cela arrivait parfois, pour combler le manque de personnel – une mesure des plus inutiles, visiblement – et avait quitté sa dose de « véritable café » pour ces choses infectes que l’on servait parfois. Rien de tout cela n’aidait à rendre la journée palpitante. Accoudée au comptoir, elle jeta un coup d’œil aux joueurs d’échecs qui discutaient calmement dans leurs coins, cherchant en eux une distraction quelconque pour la tenir éveillée. Et oublier la douleur entre ses omoplates ; la veille, son aventure s’était achevée par une rencontre douloureuse contre un mur et un criminel toujours en cavale. Le bidouillage de gadget n’était pas toujours très fructueux, et elle en avait fait les frais, une fois de plus. Elle s’étira autant pour chasser le sommeil languide qui la guettait que pour s’assurer qu’elle n’avait rien de cassé. La douleur serpenta dans son dos, la faisant grimacer. Rien de mortel néanmoins.

Le temps ne s’écoula pas plus vite pour autant.
Elle retint un bâillement et lorgna la pendule sur le mur blanc ; la trotteuse courait paresseusement, décomptant les secondes avant la fin du calvaire avec un enthousiasme hypnotique. Cassandra dû se perdre dans ses pensées de songes, ou ses songes de pensées pendant quelques instants. Ou quelques minutes. Car quand elle battit à nouveau des paupières, un nouvel individu lui faisait face à la caisse, sourire timide étirant ses lèvres, brique de lait et sandwich en main. Les yeux embués de sommeil, Cassandra ne lui rendit son sourire que dans un réflexe salvateur et, avec des gestes mécaniques, elle appuya sur les boutons de la caisse et passa la carte de l’étudiant. Toujours le silence dans la salle, si ce n’était la bruine qui se muait en pluie contre les vitres et le toit et les murmures sages des joueurs du fonds.

Le calme avant la tempête.
Elle le sut en observant le dernier arrivant. Quelque chose dans son attitude avait révélé sans peine l’approche d’une tempête ; un orage de rires gras, de muscles et de sueur comme elle les détestait. Elle leva les yeux au ciel lorsque l’un des cinq footballer lui adressa un clin d’œil et siffla entre ses dents :

« Peur de trois gouttes de pluies, les mecs ? »

Elle fut la seule à entendre sa pique, néanmoins, l’envie de dormir ayant attaqué jusqu’à ses cordes vocales. Elle se contenta donc de les servir et de les ignorer avec soin ; ces gens-là ne méritaient pas son attention. Si elle pouvait plutôt comprendre ce qui avait cloché la veille, pourquoi ce crétin de système de mini-bombes silencieuses lui avait pété à la tronche – bien plus fort que prévu – sans crier garde… Heureusement, elle avait juste été projetée contre le mur, protégée comme elle l’était derrière une malheureuse benne à ordure qui avait connu un sort plus sinistre. Mais tout de même.

Absorbée par ses pensées, elle ne vit que tardivement le traitement que faisaient subir les brutes face à ceux dont l’intellect les dépassait. Elle fronça les sourcils et serra les poings. Intervenir serait certes judicieux, gentiment, avec un sourire mielleux de nana sensible. Mais elle se savait incapable de ce genre d’exploit. Enfin, si, pendant un temps. Jusqu’à trouver les limites de sa tolérance face à tant de crétinerie brutale et à commencer à frapper un peu trop fort. Mauvaise idée. Bien trop risqué, autant pour l’anonymat de Batgirl que pour ce job abrutissant qu’elle devait absolument conserver.

À sa grande stupeur, une brique de lait traversa la salle en une courbe for élégante pour heurter un des tortionnaires comme il se devait. Elle battit des cils à nouveau, son regard allant du féru de la chimie aux bestiaux de terrain. Elle assista à l’échange, d’abord amusée puis indignée. Visiblement, monsieur chimie ne manquait pas de cran, mais ce n’était pas suffisant lorsque qu’on se contentait d’en frapper un pour ensuite regarder le coup suivant arrivé. Et puis, qu’est-ce qu’on pouvait bien en avoir à foutre de sa leçon d’anatomie ? Voulait-il donner de nouvelles astuces à ces brutes sans cervelle ?

Elle fit le tour d’un comptoir d’un pas pressé, ignorant la douleur qui la tiraillait et traversa la cafétéria résolument. Elle lança un regard furibond au footballer qui venait d’assener un ultime coup comme pour le mettre au défi de réitérer, puis déporta ce même regard au mec qui était désormais étalé par terre.

« C’est bien joli, tout ça, mais tu comptes nettoyer ce massacre de brique de lait, j’espère ? »

Elle instaura la façade avec aisance, mais si le moindre abruti mouftait après leur méfait, ce serait avec leur tête qu’elle s’occuperait de nettoyer les traces lactées sur le sol. Elle avait horreur de ces gens au-dessus de tout qui s’en prenaient à moins musculeux qu’eux, comme elle ne comprenait pas les petits malins qui se dressaient en solo face à eux. Parfois, l’humanité l’exaspérait tout bonnement, alors qu’en cet instant, elle aurait dû être tout simplement reconnaissante de l’interruption que ce foutoir insérait dans son amère mélancolie.

Finalement, elle exprima ce remerciement tacitement, en tendant tout simplement la main au jeune homme pour l’aider à se relever.
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Nate Weaver
MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Sam 5 Jan - 3:02

    « C’est bien joli tout ça, mais tu comptes nettoyer ce massacre de brique de lait j’espère ? » me demanda-t-elle tout en me tendant une main pour m’aider à me relever. Je sortis de ma poche des mouchoirs et j’essuyai les fines traces de laits, faut dire qu’il avait les épaules tellement large qu’il a tout accueillit. Génial non ? Elle semblait exaspérée, cela se voyait. C’était plus fort que moi j’ai horreur de ces gens qui se croient au-dessus de tout et se permettent d’emmerder tout le monde, pire encore, d’emmerde plus faible que soit.
    Bon cette fois-ci je m’étais laisser faire, oui, le premier de la classe en chimie foutre une raclée à l’équipe de football, il n’y a pas mieux comme coup de pub pour Black Hood, et je pense pouvoir m’en passer. Je soutenais son regard, elle avait de la poigne, ferme et assurée… Non je n’ai pas profité du fait de tenir sa main pour me relever pour prendre son pouls… Mais je l’ai vu froncer les sourcils et serrer les poings quand les boulets sont arrivés, elle mourrait d’envie de les corriger, mais elle n’est pas intervenue… Pourquoi ? Intriguant, oui, elle m’intrigue m’intéresse…

    J’avais l’impression de baver… Beaucoup, mais pas intensément, un goût de fer dans la bouche, grmpf… Je saignais, sûrement les blessures d’hier soir avec tout ça, ça s’est remis à saigner, je soupirais, ça me gonfler, j’ai passé la nuit à m’éponger hier, et rebelote… Et j’avais utilisé les mouchoirs que j’avais gardé au cas où pour essuyer le sol. Je m’épongeai, avec ma manche, la commissure des lèvres avant que mon sang ne se voit mais après m’être rappeler qu’il me restait des mouchoirs dans mon sac… Je soupirai, faut voir le bon côté des choses, ça fait beaucoup moins petite nature que si j’avais saigné du nez, là… Ça aurait été un peu plus embarrassant faut dire… Bref ni vu ni connu, personne ne sait que je saigne un peu petit peu.
    Mon intention revenait vers la serveuse, que lui dire ? J’ai essuyé le sol… Mais bon je me suis laissé faire comme pas permis elle l’a sûrement remarqué… « Mieux vaut atteindre ses objectifs sans se faire dém… remarquer… » Lui lançai-je, certes, je ne voulais pas me faire remarquer, mais je ne m’aime pas des masses, alors bon, me défendre… Je n’étais pas assez chaud pour, et puis le moins de pub possible pour Black Hood, de plus ils m’ont sûrement déjà oublié. Ma langue avait intentionnellement fourché sur le mot démasquer, c’était simplement pour guetter son visage, la moindre expression aussi courte qu’elle soit, histoire de voir si elle avait quelque chose à cacher, j’aurais pu tenter avec le mot virer mais ça n’aurait pas eu de sens, je n’avais pas de risque de me faire virer… Hein ?

    Je ramassais les lunettes du nerd trop choqué pour le faire lui-même et je les lui rendis. « De rien. » Sans un sourire ni rien, j’avoue que je regrette un petit peu de ne pas m’être défendu, mais c’est toujours comme ça, je ne veux pas sur le coup, et après coup je regrette tout en sachant que j’ai bien agis. Maintenant on me prend pour un petit (je mesure un mètre quatre-vingt-quatre je tiens à le préciser) qui se met en travers de leur route, pff on faisait la même taille, grmpf voilà que je suis de mauvaise humeur, je m’insupporte tellement.
    Pourquoi me soucierai-je de ce qu’elle pense de moi ? Parce qu’elle m’intrigue certes. Note à moi-même : il faut que j’arrête de me poser des questions dont je connais les réponses… Bref ! J’avoue avoir un penchant pour les brunes qui ont un fort… caractère, non je ne suis pas ce genre de pervers… Je ne suis pas un pervers tout court faut dire… Je diverge, et dix verges c’est beaucoup pour un seul homme… Faut vraiment que j’arrête de penser autant… … … … … … Impossible de s’arrêter…

    Silence embarrassant, toujours en face d’elle soutenant son, joli, regard. « Tu as l’air fatiguée… » pourtant il n’y a presque personne ici depuis une semaine, sûrement à cause de la nouvelle cafetière… Je baillai… J’étais bien placé pour parler maintenant… Mon organisme me hait aussi, elle a pu admirer entre mes doigts masquant avec difficulté ma bouche, plus précisément mes dents ensanglantées, les joies d’être un justicier la nuit.
    Dites… Est-ce qu’avoir une fausse carte de membre au club de boxe du quartier pour justifier mes blessures fait de moi un parano ? Sait-on jamais. Je continuais d’observer tout autour de moi, et plus précisément mon interlocutrice.
    Parce qu’entre sa réaction, le fait qu’elle n’ait pas bougé, et son visage qui dit clairement qu’elle est crevée malgré le désert à la cafeteria m’intrigue de plus en plus. Ouais bon hein… Faut bien faire passer le temps.

Je n'ai qu'une parole maintenant... Bonne nuit ♥ *baille*

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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Sam 5 Jan - 11:58

Cassandra s’en voulait un peu.
De sa réplique désagréable, elle espérait simplement en obtenir un coup de main ou une excuse pour le dérangement. À la place, le curieux personnage s’était exécuté, sacrifiant son propre mouchoir dans l’opération – alors qu’une cafétéria n’avait que des lavettes et des éponges à disposition – pour une quantité de lait ridicule.

Elle l’étudia avec attention, attendant une explication quelconque. À quoi bon intervenir si c’était pour se laisser tabasser ? Oui, elle avait remarqué. C’était, après tout, une fine observatrice – une de ses rares qualités réellement utile. Plutôt grand, yeux bleus, marginal, aussi, si elle se souvenait bien. Évidemment, qu’elle se souvenait bien, elle n’oubliait jamais un visage, encore moins quand il se démarquait autant de la masse panurgesque du campus. Plus jeune qu’elle aussi. Rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n’était que cette longue journée prenait enfin une tournure plus divertissante. La réplique du héros de la journée lui fit hausser un sourcil sarcastique ; elle ne pouvait pas ignorer ce balbutiement – volontaire ? – qui rendrait soupçonneux la plus innocente des brebis. Si, dans le fond, elle commençait à soupçonner une double identité, elle se contenta de croire à une plaisanterie. Un sourire en coin, elle rétorqua d’un ton ironique :

« Oui, ç’aurait été un peu dommage que ces grosses brutes réalisent que les cerveaux peuvent aussi avoir des muscles. Je crois que leur univers s’effondrerait d’un coup et qu’ils en feraient une dépression nerveuse. Perdre le championnat pour une si petite chose serait un gâchis sans précédent. »

Elle profita de la restitution des lunettes pour ramasser le cadavre de la brique – c’était bien beau de nettoyer les dégâts, encore fallait-il aussi mettre à la poubelle ce qui restait après – et replaça une mèche derrière son oreille. Elle n’aimait décidément pas l’humidité ambiante qui mettait à mal son lissage, touche indispensable pour différencier son physique de celui de Batgirl.

À nouveau face à l’inconnu – qui ne se présenta pas, nota-t-elle avec amusement – elle laissa volontairement le silence quelque peu embarrassant s’installer entre eux. Bras croisés sur la poitrine, appuyée négligemment contre une table, elle semblait attendre avec une exigence marquée : celle de l’impératrice des lieux qui attendait son excuse – vilaine fille, Cassandra, l’excuse à exiger serait plutôt à ces footballers qui, enfin, quittaient les lieux. Ah, non, elle était bien assez malicieuse pour rendre les choses difficiles à son interlocuteur. Et, la suite promettait d’être intéressante, car quand il ouvrit la bouche, c’était pour enfoncer un peu plus le clou. C’était décidé : bientôt, il s’embourberait totalement.

Était-ce… Du soupçon qu’elle entendait sous la maladroite tentative ? Essayait-il de lui faire passer un message ? Après tout, avec tous les mégalos masqués qui arpentaient Gotham depuis que Batman avait fait son apparition, cela ne l’étonnerait qu’à moitié si elle faisait face à l’un d’entre eux. La preuve, même un gamin comme mini-Robin avait trouvé une place dans le monde de la nuit. Néanmoins, elle n’était pas prête de hurler son identité sur tous les toits, encore moins si elle n’avait face à elle qu’un super vilain qui tentait de piéger une pauvre fille en détresse. Car après tout, c’était ainsi que son comportement aurait dû être interprété : un sentiment d’impuissance, certes, un caractère revêche, mais elle n’aboyait plus qu’elle mordait. Intervenir pour risquer de se faire taper dessus ? Ben voyons. Cassandra Blake était une grande gueule, une forte tête, mais certainement pas trop téméraire. Et cela resterait ainsi.

Alors, les insinuations de son interlocuteur, cette forte tête qui mettait d’abord un coup expert pour ensuite se faire tabasser plus ou moins volontairement, elles sonnaient bien louches à son oreille experte de petite justicière – avec juste sept ans d’expérience, ceci dit, mais ses débuts avaient été trop longs, embarrassants et douloureux pour qu’elle en prît compte ; aucun point d’expérience gagné dans cette période – pour que le doute se nichât confortablement dans ses entrailles. Elle n’en montra rien, cependant ; en dépit de son impulsivité, elle avait appris à conserver une façade, à moduler ses expressions pour que rien ne fût décelé.

Elle fronça les sourcils, donc, non pas de la manière des gens inquiets ou soupçonneux, mais plutôt celui de la personne saine qui fait face à un dingue : condescendant et amusé à la fois, d’où suintait une arrogance qu’elle n’éprouvait à moitié :

« Tu sais, c’est normal de claquer son salaire dans des clubs. Les joies de la jeunesse : sortir, s’amuser… Tu devrais essayer. »

Elle appuya sa réplique d’un sourire cordial et suffisant, signifiant par la même occasion qu'elle avait bien remarqué les blessures moins récentes. Elle n’aimait pas passer par cette étape de « je suis une garce et j’aime ça » - même si c’était particulièrement drôle parfois – devant un mec qui, de toute évidence, avait épargné bien des malheurs à des geeks aussi inoffensifs que des agneaux face à une horde de footballers enragés.
Mais d’un autre côté, c’était tellement amusant.

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Nate Weaver
MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Dim 6 Jan - 8:12

    J’avais l’impression qu’elle prenait un malin plaisir à me mépriser comme pour me mettre mal à l’aise, moi qui avait pris pour bonne résolution de ne pas me laisser faire quand je sentais que l’on se foutait de moi… Dur à appliquer quand on est parano comme moi…
    Elle haussa un sourcil, une réaction reste une réaction, j’en prends note sait-on jamais. Encore une remarque désobligeante sur l’intelligence des joueurs de football, sans blague. Elle en profita pour ramasser la brique de lait, je l’avais complètement oublié…
    Bras croisés, appuyée contre une table, il ne manquait plus qu’elle tapote du pied, elle attend quelque chose de moi… Que je me présente ? Grmpf je ne pense pas, elle m’enverra balader aussitôt, elle n’attendrait quand même pas des excuses ? Les femmes plus compliquées que de gagner une partie de twister en étant complètement torché… Que puis-je dire des bras croisés… Ils témoignent une fermeture de l’esprit, c’est un geste dit barrière, on n’avancera donc pas tant que je ne m’excuserai pas… C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Black Hood ne s’excuserait jamais, mais Nate… Non plus il déteste plus que tout demander de l’aide, un service, quoique ce soit venant d’autrui, et en second, je hais m’excuser, pourquoi ? Parce que je la ramène uniquement lorsque je suis sûr de moi. Mais bon, je me suis suffisamment fait remarquer pour le moment…
    C’est en choisissant judicieusement mes mots que je pris la parole. « Dé…désolé d’être intervenu, d’avoir foutu d’infimes quantité de lait par terre, et de m’être pris une raclée. » Oui bon, un poil sarcastique mais c’est mieux que rien, je venais de faire un énorme effort, encore plus gros que celui que j’ai fait en me laissant cogner dessus. Mes excuses n’étaient pas méchantes dans le fond, elles montraient que j’étais plutôt bon joueur et un peu amusé par l’hostilité qu’elle feintait, enfin j’espère que c’est feint…

    Comme attendu elle me répondit avec une pointe d’arrogance en fronçant les sourcils, je n’aime vraiment pas que l’on me prenne de haut. Normal de claquer son salaire dans des clubs ? Joies de la jeunesse ? Grmpf, non merci, je les connais ces « joies » et ces « clubs ».
    Mais bon, faut dire aussi qu'on y rencontre des femmes, ou plutôt des « célibattantes », c'est-à-dire des nanas qui comme nous ont des problèmes affectifs. On se présente, on leur raconte des cracks, on leur dit qu'on est cadre alors qu'on est à la fac et qu'en vrai on passe notre temps à user nos culs sur des bancs trop étroits, à écouter des types chauves déblatérer toute la journée, déblatérer sur tout, et surtout sur n'importe quoi.
    C’est tellement bon que de gaspiller « nos salaires », à user notre salive pour pas grand-chose, et à fumer comme des sapeurs, histoire de s'amocher à fond avant d'être vieux, d'agrandir les valises qu'on a déjà sous les yeux.
    A part ça on y parle surtout des filles qu'on a vu sur le net, et puis de celles qu'on aimerait attraper en soirée, car comme tous les soirs, on va essayer de niquer. Mais surtout pas de faire l'amour, parce que l'amour, c'est pour les pédés, comme ils disent.
    Des gars parlent des filles qui baisent pour dire qu'elles baisent. La baise, on en garde toujours des regrets, parfois des maladies. Au fond on fait ça sans plaisir, sans réelle envie. C’est surtout pour ne plus penser. Ça cache des plaies à vif, mais ça c'est un secret. En vérité on est perdus, désœuvrés, désabusés, seuls comme des animaux blessés. On est tristes et nos cœurs saignent, mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs.

    La bruine s’en est allée pour laisser place à la pluie qui, contrairement à sa petite sœur, a beaucoup plus de personnalité. Elle envoya ses gouttes eau s’écraser violemment contre les vitres de la cafétéria dans un fracas tristement agréable, enfin pour moi, vacarme qui m’extirpait lentement de mes pensées. J’ai été ailleurs quelques dixièmes de seconde faut croire…

    En effet je devrais essayer… Je me contentais de sourire en refoulant toutes ces pensées et en répondant tout en prenant soin d’ignorer l’arrogance puante émanant de ce conseil. « Je tâcherai d’essayer quand j’aurai un salaire. », oui je sais je hais les mensonges et je mens aussi naturellement que je respire, bah oui sans salaire comment un orphelin comme moi survivrait ? Tout simplement sur l’héritage et l’argent découlant des assurances vies de mes parents ? Faut dire qu’en un enquêteur et une chercheuse il y avait de quoi souscrire à ce genre d’assurance. Mais bon, haïssant recevoir d’autrui j’ai assez vite cherché un emploi, plus jeune assistant chercheur de l’histoire de Wayne Enterprise, si ça ce n’est pas la classe.

    Comme pris dans un élan de désir d’être totalement décalé par rapport au courant principal je repris. « Tu pourrais… Me montrer comment s’amuser. » Oui je l’ai dit sans sourire arrogant, ni ce sourire de mec confiant qui invite une fille à sortir comme si elle ne pouvait répondre à cette proposition tellement incroyable. Je l’avais dit en soutenant son beau regard, le mien est pas mal non plus… hein ? Et sans aucun rictus. Et j’enchéris de nouveau avec un petit sourire taquin lui montrant que je n’étais pas hostile mais plutôt amusé de son côté « taquin », cela se voyait elle prenait un malin plaisir à me mettre mal à l’aise. « Le gamin qui devrait essayer de s’amuser s’appelle Nate. ». Ouais bon niveau punch-line j’ai déjà fait mieux, beaucoup mieux certes, je lui tendis la main en gage de bonne foi.
    J'avoue qu'elle m'intriguait, et m'intéressait de plus en plus, non pas parce qu'elle semblait cacher un secret, non c'est elle qui m'intéressait, pas ce qu'elle cacherait, son énigme, cette personne dans sa globalité, ces airs de garces ne sont qu'une façade, simple intuition, qui sont souvent bonnes d'ailleurs. Gare à ne pas trop avancer, elle risquerait de me rejeter pour se protéger...

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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Dim 6 Jan - 18:32

Les excuses de Nate laissèrent Cassandra dubitative. Sarcastique, le petit. Heureusement, elle savait apprécier le sarcasme à sa juste valeur, et elle se contenta d’un haussement de sourcil amusé, signe qu’elle acceptait ce simulacre d’excuse. Quelque part, c’était aussi une appréciation ; d’autres s’étaient vus insultés pour moins que ça – on ne se moquait pas impunément de Cassandra Cain – et pis encore. Elle en déduisit aussi qu’il devait être assez orgueilleux pour n’exprimer excuses et remerciements qu’à contrecœur. Elle cernait peu à peu le personnage, à mesure qu’il agissait et s’exprimait.

Si Cassandra avait su comment Nate avait compris sa réplique, elle aurait probablement eut l’un de ses petits rires dédaigneux. Tous les lieux de divertissements n’étaient pas des boîtes saturées et infâmes, ces lieux où les plaisirs futiles coulaient à flots dans une promiscuité obscène. Elle avait des goûts bien plus raffinés, avait appris au fil des années à se faire une place dans des lieux plus sélects. Des clubs, toujours, et certainement pas envahis par une jeunesse vaine et dépravée ; elle préférait de loin la tranquille langueur des lounges, par exemple. Les pigeons y étaient, en plus, d’autant plus savoureux qu’elle avait rarement les moyens de s’offrir de tels loisirs. C’était là tout l’avantage d’être une femme, plus encore aux États-Unis : on payait rarement de sa poche les consommations.

Dommage pour Nate, son mensonge allait jouer en sa défaveur. Elle lui offrit son plus beau sourire en réponse à son regard – qui, vraiment, ne l’impressionna en rien – ses prunelles étincelant de malice, le tout armé d’une franchise à toute épreuve :

« Si tu n’as pas de salaire, je ne peux pas t’emmener ! »

Rien de méchant dans sa réplique, juste un amusement sincère. La logique voulait son refus, voilà tout ; si elle se baladait avec Nate dans les pattes, elle ne pourrait jamais se faire inviter par qui que ce fût. Après, s’il en déduisait qu’elle n’était qu’une vilaine opportuniste, elle s’en moquait éperdument. En dépit de ses bonnes actions pour la ville de Gotham, Cassandra devait toujours financer ses activités rocambolesques. Autant dire qu’elle acceptait la moindre invitation au restaurant, car la moindre des économies pourrait lui permettre un jour de s’acheter des choses bien plus utiles pour son rôle de miss chauve-souris ambulante.

En plus de cela, il y avait aussi, bien entendu, la terrible vérité : Cassandra s’amusait bien moins qu’elle le laissait entendre, et passait davantage de ses nuits à veiller sur Gotham. Néanmoins, son mensonge sonnait à merveille, justifiait les fatigues et son mode de vie. Une existence normale.

« Et moi, c’est Cassandra. »

Présentation neutre et sans ambages. Elle embrassa la salle du regard, constatant que l’activité y était toujours aussi médiocre, et elle haussa les épaules en maigre signe d’excuse à l’adresse de Nate ; d’un pas ô combien motivé, elle se dirigea vers le présentoir pour se replacer derrière sa caisse. Si quelqu’un débarquait et la trouvait si loin de son poste, elle risquait sévèrement de se faire sonner les cloches. Vraiment, très peu pour elle. Elle eut une vague pensée pour la brique assassinée pour une noble cause, puis, l’air de rien, saisit une nouvelle brique de lait. Il lui suffirait de la mettre sur son compte ; elle avait, de toute façon, des réductions avantageuses pour manger la nourriture peu appétissante de la cafétéria. Elle interpella Nate et lui lança la brique, comptant sur les réflexes du jeune homme pour sauver cette dernière.
Parce qu’il avait des réflexes, n’est-ce pas ?

Spoiler:
 
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Nate Weaver
MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Mer 30 Jan - 22:26

    J’avoue que son haussement de sourcils amusé vis-à-vis de mon excuse avait eu le mérite de m’avoir quelque peu … désarmé ! Oui ! La fameuse serveuse de la cafeteria réputée pour avoir la parole acerbe avec les gens un petit peu trop bavard. Cela doit sûrement signifier qu’elle ne me méprise pas tant que ça… Grmpf cool.
    Je souriais discrètement avant de lâcher un petit rire léger lorsqu’elle me répondit que sans salaire elle ne pouvait m’emmener. J’avoue que c’était bien joué de sa part, je ne peux rien dire, rien ajouter de plus, je l’apprécie de plus en plus. Le sourire discret s’agrandissait. Je suis très bon perdant. « Si jamais cela change je t’en ferai part. » disais-je avec amusement. Et puis pas très amusant que de jouer la nounou. Grmpf je suis bien plus amusant que ça ! Enfin… Je crois.

    Elle se présenta de manière neutre, et avant de regagner son présentoir elle m’adressa un haussement d’épaule et elle se dirigea d’un pas nonchalant vers le lieu susnommé. Cassandra… Cassandra… Jouer les Cassandre, un prénom attribué aux pessimistes. Petite réflexion sans but pour changer… Elle se saisit d’une brique de lait et elle me l’envoya sans rien dire. J’aurais pu l’attraper sans même y jeter un coup d’œil mais je me suis fait suffisamment remarquer pour la journée. Je me tournai en direction de la brique, en ouvrant les deux mains vers la brique, cette dernière arriva dans mes mains et rebondit je refermai mes mains après le passage de la brique qui retomba sur mes poings fermés, j’attrapai cette brique maladroitement du bout des doigts comme si c’était un coup de chance… J’en ai peut-être fait un peu trop là non … ? « Euh…. … C’est assez … embarrassant, disons qu’il ne s’est rien passé… En tout cas, merci Cassandra. »

    A vrai dire je n’avais plus envie de lait, mais je l’ouvris et je versai le contenu de la brique dans le gobelet qui attendait sur ma table et j’en bu une gorgée. « C’est assez calme, ça ne doit pas être la joie tous les jours. » Je soupirai, ma chimie ? Je l’avais oublié, j’étais plutôt d’humeur à bavarder, mais n’étant pas bavard de nature… Calme, mort, vide, endormi, néant. Même les nerds étaient parti, sans me remercier d’ailleurs. Cela m’était égal, je n’agis pas dans l’espoir de recevoir en retour. Il n’y avait plus qu’elle et moi… Pour le moment.
    Je me suis positionné face à elle, deux petits mètres nous séparaient, je m'appuyais contre une table.

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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Jeu 31 Jan - 14:12

Elle se tira le tabouret derrière le comptoir pour prendre place ; le pauvre meuble vieillot était d’un inconfort presqu’insultant. Peut-être se serait-elle installée en salle tranquillement pour discuter. Peut-être préférait-elle plus naturellement laisser un obstacle entre elle et son interlocuteur. Elle n’eut pas besoin de délibérer néanmoins ; elle ne pouvait tout simplement pas s’évertuer à papoter dans la cafétéria. Si quelqu’un la prenait en flagrant délit de feignasserie aigue, elle pourrait perdre son travail. Ce serait tout de même quelque chose de sacrément fâcheux. Cette excuse toute trouvée, au lieu de contempler d’un regard curieux les acrobaties de Nate, elle entreprit de continuer à feuilleter le magazine qu’elle avait commencé plus tôt dans la journée, bâillant pour la énième fois sous l’insistance de sa fatigue.

« Qu’est-ce qui était embarrassant ? »

Sa réplique, taquine et entendue, se parait néanmoins d’une note interrogative empreinte de flegme. Elle y ajouta un sourire en coin, complice et elle se plongea avec aisance dans son rôle de gentille petite serveuse. Elle était trop épuisée pour recouvrer sa capacité oratoire habituelle, de toute façon. Et puis ce calme, que releva très justement Nate, commençait à être d’une lourdeur répulsive. Elle n’aimait pas cette inaction, ce calme qui lui chatouillait la peau. Sans aucune réelle occupation, les détails lui apparaissaient d’une façon accrue, de la lente course de l’horloge au contact désagréable de son pull sur sa peau. Une horreur.

Elle se mordilla pensivement la lèvre un instant, comme si s’adonner à son tic aiderait à passer le temps, puis elle répondit à Nate, avec un soupir d’ennui :

« D’habitude, je ne travaille pas à la cafétéria, mais au café, un peu plus loin. C’est bien moins barbant. »

L’ambiance était toute autre, plus à la fête, moins à la scolarité. Les ragots avaient plus de consistance, aussi, et les temps morts amenaient parfois quelques visites délicieuses, telle que la petite Jill. Oui, c’était vraiment du pur bonheur, que de se laisser aller au rythme du café au fil de la journée. Plus que de l’espace réfrigéré doté d’un micro-onde récalcitrant et d’une machine au café infâme de la cafet’. Hélas, il en fallait pour tous les porte-monnaie, et celui de Cassandra ne lui laissait pas le choix quant à un éventuel caprice sur son lieu de travail favori.

Jugeant qu’elle ne voulait pas que Nate pense qu’elle le trouvait « barbant », elle ajouta d’un ton badin, cherchant en même temps une position confortable sur son pauvre tabouret :

« Heureusement que tu constitues une distraction, sinon, je serai probablement en train m’endormir. »

Elle ajouta cette phrase tout en entreprenant d’attacher les cheveux qui lui tombaient sur les yeux d’une pince. Le pauvre petit objet se brisa entre ses doigts et elle poussa un nouveau soupir. Décidément, rien ne fonctionnait aujourd’hui. Tant pis, elle fit un chignon brouillon à la place, lasse du contact des mèches brunes sur son cou de toute façon. Quelle atmosphère déplaisante ; il lui semblait qu’elle ne supportait rien. Heureusement, un client pointa le bout de son nez, elle se leva aimablement et le servit avait un certain laconisme, sans toutefois se montrer grossière. L’étudiant ne l’intéressait pas ; il faisait partie de ceux qui méprisaient les gens comme elle, c’est-à-dire les jeunes qui travaillaient plutôt qu’étudier pour leur avenir, et elle avait appris à les ignorer, tout simplement. Il s’en fut aussi vite qu’il était venu, et, une fois encore, l’après-midi reprenait son cours avec une paresse poisseuse.
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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Ven 31 Mai - 14:37




Intervention PNJ








Mais le calme est une chose assez relative à Gotham et au lycée, si l’on pensait que les loubards étaient les plus gênants ; parfois les ennuis peuvent être non violents, voir trop pacifiste ce qui met dans l'embarras. Vous êtes confortablement assit quand un élève se joint à vous. Il s’agit de Mathias Hamilton, un étudiant en droit ; armé d’une pétition « Bonjour, puis-je vous emprunter cinq minutes ? » Il n’attendra pas de réponse pour poursuivre car il sait bien qu'on lui répondra non, fort de ses expériences dans le domaine « Cela fait bien trop longtemps que les Super-héros sèment la pagaille en ville ! Ils sont là, partout. Parfois même parmi les étudiants de notre école ! Notre association a mené une enquête qui expliqueraient bien des choses ! Mais savez-vous ce que nous coûte ses super-héros ? Les dégâts matériels sont considérables et ils sont payés par le contribuable américain, jamais les impôts à Gotham n'ont été aussi élevés. De plus, ne croyait vous pas que ses étranges super-vilains sont attirés juste par la présence de Batman et de sa joyeuse bande ? Sans oublier que leurs armes sont procurées de façon illégale ! Vous rendez-vous compte du danger ? Pouvons-nous laisser ces héros mener leur loi et faire ce qui leur plait ? Il y a des lois pour tout le monde, même pour les supers. Alors, cette pétition demande une loi qui ferait de ses héros des biens nationaux des états unis d’Amérique, au nom de la sécurité des citoyens. Il faut légiférer ces héros, nous avons déjà obtenu plus de 800 signatures. ». Face à ce discourt larmoyant, que faites-vous ? Signer ou refuser ? Mais au risque de faire porter les soupçons sur soi... Vous ignorez que la personne d’en face est un super et vos possibles propos négatif risqueraient fortement d’entraver ce début de relation...
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Nate Weaver
MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Sam 1 Juin - 11:15

    Elle me taquinait, je pense que le courant commençait à passer plutôt bien entre nous. Elle reprit la parole, en me disant qu’elle ne travaillait pas ici, et apparemment c’est une bonne chose car elle s’ennuie à mourir ici… Et elle précisait que je la maintenais éveillé. Je devais prendre ça comme un compliment, je ne suis pas barbant, c’est déjà ça.
    Elle tentait de s’attacher les cheveux, sa pince se brisa entre ses doigts. Je m’apprêtais à lui donner l’élastique que je portais au poignet, je l’ôtai et je m’avançais vers elle pour le lui donner. Un étudiant entra sans même me regarder, quant à Cassandra… Je pense que son ignorance aurait été plus agréable. Quel égo. Il sorti aussi vite qu’il me mit de mauvaise humeur.
    J’allais prendre la parole quand un étudiant s’approchait de la porte. « C'est à crois qu'ils se sont donné le mot… » Mais celui-là avait l’air déterminé… J’avais un mauvais pressentiment, je le regardais attentivement, avant qu’il ne franchisse le seuil. Il portait un bas de costume, une veste caban, des chaussures de ville… Sans oublier cet air constipé… Un étudiant en droit, ils sont hautains et ne se prennent pas pour de la merde quand ils sont vers la fin de leurs cursus. Enfin du moins dans cette université…
    « Qu’est-ce qu’il nous veut celui-là ? » balançai-je en direction de Cassandra.
    Il passa la porte, et nous demanda s’il pouvait nous emprunter cinq minutes, je n’ai pas eu besoin d’attendre la fin de sa question pour lui répondre « Non. ». Mais il m’ignora. Hautain, je vous l’ai dit…

    Il fit un discours anti-justicier. C’est bien ma veine… J’écou… Je subissais son discours qui semblait sans fin... Il gagna mon attention, dès qu’il parla de la possibilité qu’il y ait des justiciers dans l’université. Je ne laissais rien paraître sur mon visage, mais je fus plus attentif d’un coup. Une association ? … Cela mérite une enquête. Bref, il perdit mon attention aussi vite qu’il la gagna. Il finissait enfin, je ne pouvais pas la signer, c’est contre mes principes, je ne peux associer mon nom à cette connerie. Mais si je ne la signais pas… Il n’y a même pas 15 minutes j’ai cogné des gars de l’équipe de football américain du campus… Putain c’est bien ma veine. Bon bah on va improviser…
    « C’est sûr que la police est efficace… Ils sont tellement entravés par les protocoles, et les règlements… Ma mère a été tuée lors d’une prise d’otage parce que la police n’est pas intervenue car le temps réservé aux négociations n’a pas été totalement écoulé. Peut-être qu’il y aurait dû avoir des justiciers quand nous étions à peine foutu de marcher. » Je serrais les dents en pensant à mes parents. Je n’ai pas parlé de mon père qui a été tué le même soir que ma mère… Un orphelin… Tellement cliché. Et le discours que je tins était un petit peu trop pro-justiciers… Mais je dis toujours ce que je pense alors bon…

    Je soupirai et je repris la parole sans même lui laisser le temps de répondre. « Et tu veux que les justiciers soient aussi entravés par des protocoles ou des règles ? Autant en faire des policiers, cela n’aurait plus aucun intérêt. Les supers comme tu dis deviendront aussi inefficace que les policiers… Et puis si jamais tes projets se réalisent… Ce qui ne pourrait pas être aussi mauvais que je le pressens, tu as une présomption d’innocence disons… Je ne te condamne pas tout de suite, ta cause n’est pas mauvaise dans le fond. » Je souriais légèrement. « Si jamais tout cela se réalise. S’ils voulaient respecter la loi je pense qu’ils seraient devenus policiers… C’est pour cela que je pense qu’ils ne respecteront jamais ces fameuses lois, tout comme le Joker et les autres connards égocentriques ne l’ont jamais respecté. Entravés les justiciers avec des lois, revient à laisser champ libre aux ordures qui prennent cette ville pour un terrain de jeu. » Je marquai un temps de pause. « Ce n’est pas une mauvaise idée, mais elle mérite plus de réflexion. Voici l’avis et le raisonnement d’un étudiant en sciences. Désolé mais je ne signerai pas… Cette fois-ci. ».

    Je lançai un regard en direction de Cassandra pour savoir ce qu’elle en pensait. J'ouvris ma brique de lait, et j'en bus une gorgée, c'est trop virile que de boire du lait. Je fis une grimace. « Erk... C'est froid... J'ai les dents sensibles... » Eh... Ne me regardez pas comme ça ! Ça fait vraiment mal !

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MessageSujet: Re: Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !    Lun 10 Juin - 8:39

Qu’avait-elle fait pour mériter cela ?
Cassandra était nettement moins polie que Nate ; elle ne fit même pas semblant d’écouter. Oh, elle entendait, donc son brillant cerveau ne pouvait pas passer à côté, d’autant plus que cela parlait de justiciers – dans cette université ? Oh, qui aurait cru ?! – mais elle se détourna néanmoins, tout de suite plus intéressée à l’idée de… un regard circulaire rapide lui renvoya tout son désespoir ; n’y avait-il donc rien à faire dans cette fichue cafétéria ? Au bar du campus, elle aurait pu compter les pourboires, ou nettoyer les tables, mais là, dans cette ambiance immaculée et aseptisée, rien ne semblait pouvoir la sauver de son calvaire. Réorganiser la vitrine ? Oui, les briques de laits étaient décalées, maintenant. Quitte à passer pour une maniaque…

Elle s’en voulait un peu de laisser Nate affronter seul la menace en lui tournant le dos. Sinon, elle aurait pu lui lancer un air compatissant. Il n’y avait pas besoin d’être pro justicier pour compatir à cette horreur, aussi. Mais au moins, elle pouvait se permettre un sourire en coin. Des dégâts matériels, hein ? Ils n’allaient pas lever un nouvel impôt juste pour réparer tout ça, non plus ? Ils n’avaient qu’à enlever cela au budget de la police, ça leur apprendra à être plus efficaces au quotidien.

Ranger les briques de lait ne prit pas vraiment beaucoup de temps, et Cassandra dû se résoudre à se lever tandis que Nate achevait sa réplique pleine de ferveur. Oh, qu’il était amer, ce petit. Elle eût une pensée pour son frère disparu et son père alcoolique. Si pour « si peu » elle était devenue Batgirl, qu’était donc devenu Nate ? Au moins, elle n'avait pas besoin de peser sa réponse ; c'était justement en se réservant de trop qu'elle paraîtrait suspecte à ce stade. Si Cassandra pouvait se montrer compatissante, elle avait plutôt tendance à éviter les effusions de larmes avec sarcasme. Et provocation. Elle s’accouda à côté de sa caisse pour se pencher plus en avant et plongea son regard le plus sérieux dans celui du malheureux qui avait osé la distraire en l’emmerdant plus que l’ennui même l’emmerdait. Elle ne dissimula pas l’éclat d’amusement qui perçait dans son ton confidentiel, pour lui montrer qu’elle se moquait bien de lui, tout en distillant le doute dans l’esprit de l’enquiquineur :

« Ouh, fais attention à qui tu t’adresses, peut-être qu’on a des amis justiciers, nous… Qui sait ce qui pourrait t’arriver cette nuit, Mathias Hamilton, étudiant en droit, qui habite sur le campus même dans une jolie chambre payée par tes parents ? Bâtiment C, je me trompe ? Tu voudrais pas me laisser la pétition ? Que je laisse la liste des anti-justiciers à côté du projecteur de Batman ? »

Non, non, Cassandra n’était pas un stalkeuse, elle devait ces informations à son sens de l’observation légendaire ; son nom dépassait un peu plus tôt d’une pochette de document, le droit… et bien, c’était assez évidemment à sa façon de plaider sa cause et de se vêtir, mais il lui avait semblé, aussi le voir quelques semaines plus tôt en compagnie d’autres étudiants de droit qu’elle connaissait davantage. Quant au bâtiment C, c’était celui d’où venait l’étudiant, c’était donc un peu plus risqué comme assertion, mais elle s’imaginait mal cet énergumène squatter chez des amis – ne parlons même pas d’une jolie jeune fille – et ce n’était pas tellement un horaire pour essayer de faire signer sa pétition directement dans les chambres étudiantes, désertées pour la plupart à une heure pareille.

Mathias battit en retraite, non sans lui lancer un regard torve, remplit de promesses d’enquêtes et de vengeances ; aurait-il l’intention de mener l’enquête sur sa personne ? Elle lui souhaitait bien du courage. Son petit éclat serait mauvais pour son commerce, par contre. Elle haussa des épaules, désinvolte, et laissa même échappé un petit rire.

« Ce qu’ils sont agaçants ! »

Elle coula sur Nate un regard amusé, avant de reporter son regard sur le petit Mathias qui déjà, allait enquiquiner d’autres gens qui passaient devant la cafétéria. C’était qu’il était têtu, le larron…

« Pétition futile et farfelue mise à part, le problème mérite qu’on se penche dessus », marmonna-t-elle.

À quoi bon sauver Gotham du crime pour la sortir de la misère, si c’était pour la ruiner en réparations en tout genre ? Elle-même passait à travers les vitres comme si c’était un sport national, sans même se soucier des coûts des réparations. Sans compter son nouveau dada en plus des armes blanches : les explosifs s’avéraient être des distractions fort utiles, savamment dosés. Dommage qu’elle manquait de ce genre de munitions. Bon, les malfrats aussi faisaient des dégâts, à user de bombes, à tirer dans tous les sens et à répandre du sang sur les moquettes.

Avisant que Nate l’entendait tout aussi bien qu’elle, elle s’empressa d’ajouter :

« Sans mettre de colliers aux justiciers, s’entend. »

C’était qu’ils étaient utiles, hein.

Cassandra pouvait se montrer polie. Elle ne pipa mot sur le discours de Nate. Ce n’était pas le genre de plaies sur lesquelles on rajoutait du sel, même elle savait cela. Pour sa part, si quelqu’un l’agaçait avec sa famille, elle aurait été davantage du genre à l’encastrer dans le mur. Alors qu’en théorie – du moins, l’espérait-elle de tout son cœur – il n’y avait pas mort d’homme.
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Bonjour, une brique de lait s'il vous plaît !

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