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 Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...

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Stanislav Akhtevic
MessageSujet: Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...   Ven 19 Juil - 22:15




♕ STAN AKHTEVIC ♕
ft. Mitch Hewer ♔ © Ouam  



♕ WE'RE THE KINGS AND QUEENS ♕  

Je m’appelle Stanislav Akhtevic et l'histoire qui va suivre est celle de ma vie. Je suis né à Moscou en Russie. Mais beaucoup de temps a passé et aujourd'hui j'ai déjà 17 ans. J'ai gagné ma croûte en étant indic et la vie à voulu que je sois un/une OUTLAW . Dans la vie je suis aimable, imaginatif et très réfléchi, mais comme le monde n'est pas parfait je suis surtout impressionnable, trop facile à influencer et à séduire ! Financièrement je suis plutôt pauvre et je suis célibataire et homosexuel, ne faites pas forcement de lien entre ces trois notions... Welcome to the Black Parade, cette chanson est le bilan de ma vie.




And though you're dead and gone,
Believe me,
Your memory will carry on

Arrivé à Gotham il y a six mois, "Stan" a vécu quatre mois avec une colocataire haute en couleur, qui l'a obligé à regarder non pas les dernières séries à la mode sur le web, mais les vieux films hollywoodiens remplis de preux chevaliers et de demoiselles en détresse. Il ne les apprécie pas plus que ça, mais du coup, il les connaît par cœur. Et c'est vrai que le personnage du valeureux mousquetaire, sans attaches sentimentales hormis envers ses frères d'armes, résonne dans sa psyché. C'est à peu près la seule légitimité dont il pourrait parer son attitude face aux hommes et aux femmes. Les unes sont là pour défaillir dans ses bras, et être sauvées, les autres, pour être aimés d'un amour impossible. Mais il n'adhère pas profondément à cette vision datée de la société, c'est surtout un discours dont il use pour se protéger de lui-même. Disons qu'il a suffisamment de soucis avec la drogue qu'il côtoie sans cesse, et avec les diverses épées de Damoclès qui flottent au-dessus de sa tête, pour s'embarrasser d'autres scénarios plus mièvres.

D'ailleurs, sa vie semble en proie à un cycle de chance et de malchance assez inexorable, en proportions correspondant à celles des jours de neige et des jours de soleil dans sa ville natale. Il est donc à peu près certain que dans l'avenir, les mauvaises surprises l'attendent en bien plus grand nombre que les bonnes, au point de les éclipser comme quantité négligeable. Mais ce pessimisme n'en fait pas un triste sire pour autant, au contraire. Il faut savoir profiter de ces bons moments quand ils se présentent, et surtout ne pas les gâcher bêtement. Il s'applique donc à ce que les soirs de fête, les bons côtés d'une relation, les succès de la vie, soient parfaits, idéaux, et peuplés du plus grand nombre de sourires possible. Oui, c'est aussi quelqu'un de généreux ; ayant perdu l'espoir de réussir sa vie, il est heureux lorsqu'il a l'impression d'avoir sauvé celle d'un autre. On peut dire qu'il vit pas mal de choses par procuration, ou par substitution. Son absence de famille digne de ce nom l'a conduit à adopter des figures fictives pour tenir ces rôles importants. Pour lui, tous les moyens sont bons pour ne pas sombrer dans la folie, et jusqu'à présent, la discipline spartiate qu'il s'impose a produit les résultats espérés.


CODE DU REGLEMENT

Coucou ! Moi mon petit nom c'est Ouam ! Je suis une adorable araignée de 28 ans et je suis arrivé sur GS grâce à une suite de pubs et partenariats en chaîne et je me suis inscrit car un bon forum de super-héros, ça ne court pas les rues. Je vous préviens, je ne suis pas ici pour des liens de "forums villes" basiques, ici c'est Gotham ! Mon perso aura une trajectoire de dingue, fertile en rebondissements, ou ne sera pas. Sinon, c'est un PV. Et puis d'ailleurs, je voulais vous dire un dernier mot ? Pourquoi tout ce texte était-il décliné au féminin ? C'est rapport à l'araignée ? XD Non je déconne, Gotham Fever !! ^^
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Dernière édition par Stanislav Akhtevic le Ven 19 Juil - 22:30, édité 1 fois
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Stanislav Akhtevic
MessageSujet: Re: Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...   Ven 19 Juil - 22:17


Histoire


A cinq heures du matin, Sergueï Anatolievitch se levait en maugréant, descendait une tasse de grog, s’enfonçait lourdement dans ses vêtements chauds et s’embarquait sur son motoneige, direction la station d’extraction de l’autre côté de la forêt. Le blizzard, les loups, les ours et les conducteurs de bus ivres n’avaient jamais voulu de son âme, et comme il n’y avait pas d’accidents sur son lieu de travail non plus, ma foi, il continuait, jusqu’à l’abrutissement. Olga émergeait un peu plus tard, la bouche pâteuse et les yeux creusés, se traînait jusqu’à la salle de bain, et c’est alors que Stanislav commençait à se réveiller. Elle chantonnait en se lavant. Il ne comprenait pas cette langue. Elle était issue d’une ethnie morte. Elle gagnait ensuite l’hôpital voisin, où elle nettoyait les urines et le vomi des personnes âgées, essuyait la bave au coin de leurs lèvres, bref : une sainte. Athanas attendait cet instant pour se glisser hors de son lit ; dès que la clé tournait dans la serrure, il était près de Stanislav, lové contre sa chaleur, et l’enfant faisait mine de dormir. Comment aurait-il pu, sinon, justifier sa propre faiblesse, sa propre passivité ? Son propre plaisir ? La honte scellait ses lèvres et ses paupières. Une fois levés, ils n’en parlaient jamais, comme si tout n’avait eu lieu qu’en rêve. Il se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas dévoiler sa douleur, à chaque pas qu’il faisait sur le chemin de l’école, mordant ses entrailles, humiliant sa fierté, détruisant son ego. Il n’était rien. Il était un mensonge. Sa seule réalité, c’était cet éclair de jouissance, lorsque sa semence juvénile le trahissait en éclatant entre les doigts de son frère. Et ça, ce n’était pas une vie. C'est ce que lui avait enseigné son père en tout cas, entre un refrain anarchiste et la recette du grog maison.

A 11 ans, il entendit une information qui le terrifia : il serait bientôt un homme. Il avait vu changer son frère, cet aimable compagnon de jeu se transformer en une bête velue, à l’œil étincelant, avide de sueur, de sexe et de violence. Il avait senti contre son épaule s’aiguiser l’angle de sa mâchoire. S’il devenait à son tour un homme, perdrait-il à son tour tout sens moral ? Il était déjà un dépravé, un dégueulasse, qui arrivait à aimer ce que lui faisait subir ce tordu, ce lâche, incapable de se chercher des partenaires au-dehors de la sécurité de la maison. Il était un monstre de ne pas s’être déjà suicidé. Alors pouvait-il réellement devenir quelque chose de pire ? Il avait bien de la chance que son frère accepte de le prendre dans ses bras, finalement. Son frère connaissait la vérité, et il ne le tuait pas. C’est vers lui qu’il se tourna, vers Athanas, pour mettre un terme à sa détresse. Il savait que son aîné prenait de la poudre, sans avoir jamais osé lui demander où il la trouvait ; mais il se doutait que cette substance magique l’aidait à se supporter, et il y avait droit, lui aussi, il en avait besoin. Avant de devenir un homme, pour ne pas devenir un homme, il se jeta dans cette voie étourdissante, grisante, et tout devint plus facile. Athanas l’approuvait. Il le couvait du regard, lui enseignait la technique, le possédait par chacun de ses gestes, chacun de ses mots. Il l’avait acheté à jamais, Stanislav lui appartiendrait jusque dans la tombe : tout était à lui, même son âme.

De plus, la conscience de l’adolescent s’éveillait peu à peu, et il comprenait soudain que ce qui lui avait toujours semblé inévitable, ce qu’il avait toujours considéré avec une résignation à peine étonnée, ne s’était produit qu’avec l’assentiment tacite de ses parents. Les cernes qui semblaient maquiller les yeux d’Athanas ne pouvaient être passées inaperçues, mais sa mère, ayant les mêmes à force de se tuer au travail, n’osait ni lui en faire la remarque, ni lui reprocher de voler dans les économies familiales. La façon qu’il avait d’enlacer les épaules de son cadet ne pouvait sembler normale à leur père, homophobe notoire, souvent violent sur le chantier ; mais admettre la situation aurait signifié reconnaître son échec en tant que chef de famille viril, en tant que modèle de masculinité. Ils étaient complices, tous les deux ; son frère était un drogué et un malade, mais eux ? Quelle excuse avaient-ils ? Stanislav souhaita leur mort, fit des plans pour s’enfuir, mais pas une seconde il n’arrivait à imaginer son avenir sans son frère, sans la drogue qu’il lui procurait en quantités de plus en plus importantes, sans cette douleur entre ses cuisses qu’il lui infligeait méthodiquement, consciemment, comme on marque le bétail. C’est ce qu’il expliqua à la femme de la police, qui lui jetait un regard vitreux et indistinct par-delà la table du commissariat. Il avait besoin de sa dose, il n’y voyait pas bien, ses mains tremblaient, mais c’était fini, il avait perdu son fournisseur. Son maître. Son tortionnaire et son compagnon. Athanas venait de faire une overdose.

Ils auraient dû s’échapper ensemble, mais ce n’est pas ce que Stanislas avait imaginé. Cependant, son frère l’ordonnait, il n’avait qu’à obéir. Il avala le verre qui lui était tendu, mais le goût ignoble lui donna un haut-le-cœur. Il fallait se contrôler, rester discipliné, digne de son frère… Mais le regard de ce dernier, qui avait bu sa part depuis plusieurs minutes déjà, se révulsa soudain, et il perdit son pouvoir sur le garçon. Stanislas se laissa gagner par les spasmes, recracha la boisson mortelle, et se rua hors de la pièce en appelant au secours ; mais leurs parents, comme tous leurs voisins, étaient au travail. En arrivant sur le seuil, il sentit l’air frais de la liberté soulever ses cheveux, prit une profonde inspiration, et tenta de se calmer. Il n’y avait qu’une seule chose à faire, et accepter la douleur était devenu son violon d’Ingres. Il remonta l’escalier, s’étendit auprès du corps raidi d’Athanas, l’enveloppa de sa chaleur, comme à l’aube de tous les matins, et laissa couler toutes les larmes de son corps, tandis que le seul repère fixe qu’il ait toujours connu s’éteignait misérablement. La douleur de l’overdose était telle qu’il sentit son frère se pisser dessus, comme les chiens errants que les employés municipaux piquaient à la strychnine et laissaient crever sur le trottoir. Au bout de quatre ou cinq heures, sa mère rentra. Elle nettoya le vomi et l’urine, et essuya le coin des lèvres de Stanislav. Et il retrouva le respect pour cette femme, dont il lisait, au fond de son regard, qu’elle était détruite comme il était détruit. Mais comme il le ferait sans doute, elle continuait à marcher. Ecorchée vive sur un chemin de braises, elle continuait à marcher.

La femme du commissariat conclut que ce gamin était un peu détraqué par tout ça, qu’il avait besoin d’un sérieux coaching psychologique. Elle le confia à une famille d’accueil habituée à ce genre de cas, qui prendrait soin de lui faire respecter ses rendez-vous, et qui ne laisserait rien passer. Stanislav passa quelques mauvais moments tandis que l’addiction se débattait dans ses veines, il dit d’horribles choses et faillit en faire, mais à quatorze ans il commençait à reprendre peu à peu le contrôle de sa vie, à rebâtir sur les miettes de son estime de soi comme sur un champ de ruines. Ses parents d’accueil le traitaient avec justice, mais sans aucune pitié ; ils le considéraient comme un courageux petit citoyen, un homme solide dans le corps d’un freluquet blond et efféminé. Cependant, ils ne pouvaient adopter tous les gamins qui passaient par leur domicile ; étant remis d’aplomb, ayant survécu à sa désintoxication et aux années les plus chaotiques de sa vie, il fallait à présent que le gamin trouve un véritable foyer, qu’il s’agisse d’un foyer familial ou d’un foyer social, afin de l’accompagner dans son projet professionnel et de faire de lui un individu indépendant. Sa fierté dès lors restaurée, il n’aurait plus de souci à se faire : il avait certainement surmonté le plus dur, le reste ne saurait entamer ses convictions. C’est dans ce bel esprit d’optimisme qu’ils le chargèrent dans l’avion pour les Etats-Unis, car il avait été remarqué par un charmant couple de cette nation, dans le cadre de l’opération « Adopt a Russian Child ». Ils n’avaient pas encore d’enfants, ils vivaient dans la Sun Belt, ils avaient un ranch avec deux chevaux, et, d’origine slave, ils parlaient le russe et pratiquaient la foi orthodoxe : Stanislav serait très bien là-bas.

Sa nouvelle mère était une de ces créatures falotes, invisibles, à la voix toujours douce et sans timbre, qui jouaient les personnages secondaires des séries de mauvaise qualité. C’était le seul aperçu qu’il avait eu de la mentalité américaine, et il était surpris d’en retrouver effectivement un personnage dans sa nouvelle vie. Son nouveau père l’appela Stan dès le premier instant. Il n’aimait pas ça, mais il n’avait pas l’habitude de se plaindre ; l’attitude de mâle alpha du shérif à moustache et stetson l’impressionnait désagréablement, mais il se montra extrêmement discipliné en sa présence. La vérité, c’est que l’enfant maltraité au fond de lui avait peur d’endurer des sévices de la part de cet homme si masculin. Cette aura l’attirait et le tétanisait en même temps. Il apprit vite la langue, mais pas assez vite au goût du shérif Akhetvic ; il apprit à monter à cheval, mais pas assez bien ; il n’était qu’un médiocre tireur, et détestait la chasse. Les insultes familières telles que « fillette », « pédale » ou « tapette » refirent leur apparition, achevant de le plonger dans un climat de malaise familier. Bientôt, il sentit que l’attrait de la drogue ressurgissait. Mais le souvenir du visage tordu de son frère, devenant gris et rigide à quelques centimètres du sien, le hantait avec une force suffisante pour qu’il résiste. Animé d’une volonté désespérée, il alla trouver son père qui fumait la pipe dans son rocking-chair sur la véranda. Il lui annonça que le besoin de se droguer restait présent, et ferma les yeux. La claque arriva en effet. Depuis bientôt vingt-cinq ans, le shérif luttait contre le réseau local de drogue, en vain ; sa frustration le mettait hors de lui, davantage sans doute que l’aveu du jeune garçon ne l’aurait mérité. Mais « Stan » avait dix-sept ans, bientôt il quitterait la maison, épouserait une jolie petite fermière et lui ferait de beaux enfants bien nourris ; ce n’était pas le moment de se laisser aller, de jeter son avenir en l’air ! Un stage dans la police, voilà qui lui ferait du bien.

Les collègues de son père ne le traitaient pas à l’égal des jeunes gens de l’école de police venus apprendre les ficelles du métier. Ils le traitaient comme s’il s’agissait d’un petit délinquant accomplissant un travail d’intérêt général. Les pires missions étaient pour lui, les tâches les plus dégradantes, on ne le laissait jamais en paix, et les taquineries axées sur sa sexualité ambiguë se multipliaient. Il se sentait en danger, de l’extérieur comme de l’intérieur, car il recommençait à se haïr pour rêver la nuit de ces corps musclés entraperçus dans les vestiaires, et il recommençait à faire des malaises dont, pensait-il, seule la drogue l’aurait délivré. Mais il avait déjà séjourné dans ce gouffre, il s’en était déjà arraché à la force du poignet, et il se souvenait de la solution : il fallait qu’il accomplisse quelque chose, qu’il rende quelqu’un fier de lui. Lui-même, de préférence, mais une figure paternelle de substitution ferait l’affaire. Et cette mainmise malsaine du shérif Akhtevic, il fallait qu’il s’en échappe. Madame Akhtevic ne l’avait pas fait à temps, et le résultat était là : elle n’était plus qu’un zombie, une coquille vide. On proposait un stage en milieu dangereux, dans la métropole pluvieuse du Nord, Gotham. Il se porta volontaire. Son père l’interrogea du regard, un sourcil levé, incrédule ; « Stan » se redressa comme un bon petit soldat, et faillit lui adresser un garde-à-vous. En le mettant dans le train, le shérif lui tapota l’épaule, mais ne dit rien. Les vrais hommes ne se répandent pas en tirades larmoyantes, n’est-ce pas ? « Stan » alla poser sa valise dans le compartiment, s’assit, releva les yeux, et les écarquilla : il connaissait cette jeune beauté trop maquillée qui lui souriait largement, enveloppée dans un col de fourrure digne des petites amies de Corto Maltese. C’était son seul copain de classe, Mervyn Summer, le passionné de littérature française romantique, et de films de cape et d’épée.

« Appelle-moi Summer Marvel, à partir de maintenant. Je vais tenter ma chance à Gotham. Ton exemple m’a ouvert les yeux. Si ça te dit, au début, on peut s’installer en colocation, ça sera plus sympa ! »

Summer Marvel eut plus de succès dans les cabarets transformistes des rues glauques, que Stan Akhtevic au commissariat de Gotham. Difficile de prononcer son nom, difficile de comprendre son accent, difficile de le cerner. Dans un climat d’angoisse perpétuelle face à la corruption ambiante, personne ne se fiait vraiment à ce petit gars du Sud, ou de l’Est, enfin, d’ailleurs, qui semblait toujours sur la défensive et ne se livrait jamais. Cependant, on lui confiait des missions annexes, de petites courses qui ne l’impliquaient pas trop ; comme il était inconnu du milieu, on l’envoyait notamment infiltrer des places mal famées, se mêler à des trafics, jouer de son personnage russe pour se faire bien voir, ou au contraire en faire une cible. Ce rôle de victime lui allait comme un gant, et sans oser le montrer, il aimait être sauvé in extremis par l’intervention de la cavalerie en uniforme. Risquer sa vie lui était égal ; il n’avait pas vraiment l’impression qu’elle avait déjà commencé. La mafia russe avait les mains dans la poudre blanche, et il en faisait une affaire personnelle. Toutes les putes squelettiques ramenées à la morgue, les bras transpercés de coups d’aiguilles, avaient le visage de son frère. La drogue, c’était la faiblesse, ce qu’il avait haï chez ses parents biologiques, chez sa mère adoptive, ce qu’il haïssait en lui-même, et ce qui lui faisait peur chez les autres. Il aurait voulu la détruire, l’annihiler, pour se sentir enfin en paix. Il aurait voulu la fuir, mais ce n’était pas possible ; la seule solution était de courir à la rencontre de sa peur, de la frapper de plein fouet. Il était prêt à tout pour trancher la chaîne de cette ancre qui tirait tout le monde vers les abysses, lui le premier.

Tous ceux qu’il approche, ou qui l’approchent, dans cet univers de rouages qui les écrase comme autant de grains de sable, plient sous le poids d’une ancre qui les entraîne loin de la surface. Pour certains, il sait de quoi il s’agit ; pour d’autres, il ne peut pas en être certain. Baranov, par exemple, rien de plus évident. C’est son frère réincarné, le côté mauvais et lubrique en moins. Mais pas la drogue. A la fois l’être que Stan rêvait de rencontrer, car s’il le sauve, il sauve son âme ; et à la fois celui dont la présence lui fait le plus de mal, car il ne le sauve jamais totalement, et a perdu au fil des mois ce vague espoir qui l’avait rendu si heureux. Ann, c’est la même chose… d’une certaine façon. Elle nage vers les profondeurs, un collier de pierres au cou ; mais il aimerait tant pouvoir faire quelque chose pour elle. Abernathy, la policière, en revanche, le met mal à l’aise par l’intérêt même qu’elle lui témoigne. Il n’en a pas l’habitude, les gens bien ne lui tournent pas autour en général, et son influence, toute bien intentionnée qu’elle soit, lui rappelle désagréablement les « bonnes intentions » du shérif. Conscient de ce que cette inquiétude a d’irrationnel, il ne peut cependant s’en défaire, c’est un réflexe de défense. Il n’en a pas besoin envers Lola ; elle est plus facile à déchiffrer, et paradoxalement, puisqu’il devine le jeu qu’elle joue avec lui, il lui fait davantage confiance. Elle essaie sans doute de le manipuler, et il a l’habitude de ce genre de rapports, il s’y sent comme un poisson dans l’eau. De plus, elle choisit des armes aussi agréables que l’amabilité, la curiosité, un vernis de sympathie. Il lui en est reconnaissant, dans une certaine mesure. C’est agréable d’avoir les idées claires, la conscience tranquille, de voir venir le danger, de l’esquiver avec la virtuosité d’un toréador blasé, d’encaisser tête haute les souffrances inévitables. C’est bon de se sentir adulte.

Mais à servir de taupe pour le compte des stups, il doit parfois consommer. Sans cela, il se serait fait repérer immédiatement. Summer, qui vit au cabaret à présent, partage parfois une ligne avec lui, le regard complice. Ses supérieurs, connaissant les antécédents du garçon, n’ont guère éprouvé de scrupules à sacrifier un camé déjà avéré. Le médecin de la police lui a garanti une désintox de choc dès qu’il en éprouvera le besoin. Et Stan continue à marcher. Ecorché vif sur un chemin de braises, il continue à marcher.

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Rose E. Desault
MessageSujet: Re: Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...   Dim 21 Juil - 10:16

Bienvenue parmis nous jeune homme ! =)
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MessageSujet: Re: Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...   

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Stanislav Akhtevic ~ When I was a young boy...

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