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 Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE

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MessageSujet: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 10:34


Whisper Nemirowsky



♠️ " L'essentiel en enfer est de survivre" Audiard ♠️


♠️ CARTE D'IDENTITE ♠️

† Alias : Black Mamaba

† Age : 28 ans
† Statut : Mariée
† Orientation : Hétéro
† Nationalité : Américaine
† Métier : Bras droit et tueuse attitrée de Banei
† Groupe : Animals

♠️ CARACTERE ♠️
Déterminée - Manipulatrice- Orgueilleuse- Lunatique
Capricieuse - Cruelle- Charismatique- Génie

Je précise que j'ai bien mis quatre qualités : mais Whisper n'a pas exactement les mêmes valeurs que le reste du monde ^^


♠️ APTITUDES ♠️

Whisper est une jeune femme extrêmement sportive. Faire du sport étant pour elle une drogue elle est adepte des sports de combat tels que le Krav Maga où elle excelle.

Ayant appris à maitriser bien des techniques de combat et serait capable de tuer à mains nues. Cependant elle affectionne tout particulièrement sa paire de Berretta 92 FS à balles fragmentées bien sur ! .

Enfin la jeune femme est polyglotte et parle couramment l'anglais, le français, l'espagnol et le russe bien sur.


♠️ PARTICULARITÉS ♠️

L'ADN de la jeune femme à été uni à celui d'un reptile. Plus précisément d'un membre de la famille des Elapidés : le Mamba Noir.

Le bruit d'un verre qui explose sur le sol en une myriade d'étoiles étincelantes. Le visage de cet homme qui se fige sous l'effroi. Les yeux sont exorbités, la mâchoire s'ouvre si grand qu'elle manque de se décrocher. Il voudrait crier, hurler même, appeler au secours mais les mots s'étranglent et meurent dans sa gorge avant même de pouvoir franchir la frontière de ses lèvres tremblotantes. Devant lui, un spectacle qu'il n'oubliera jamais. Là, à quelques pas seulement de lui se trouvent les corps désormais sans vie de sa femme et de ses deux enfants. Et, à leurs côtés, ondulant aussi doucement qu'inéluctablement, un reptile aux écailles satinées.

Impressionnant spécimen de plus de quatre mètres de long qui, si lentement, glisse et avance sur le sol souillé de cette cuisine. Le Mamba Noir avance, progresse, se rapprochant de celui qui sera sa prochaine et ultime proie. L'homme le sait, ce serpent est là pour lui. Il est venu sur les ordres de son âme damnée de Bane. Il est là pour le punir, lui infliger la sentence mortelle que sa trahison a engendrée. Ce serpent il en avait déjà entendu parler mais avait toujours crû à un mythe, une fable murmurée pour mieux tenir les troupes. S'il avait su ! S'il avait seulement pu savoir que cette rumeur était vraie ! Alors il aurait... Peu importait à présent. Il était trop tard pour regretter, trop tard pour faire preuve de contrition. Le Black Mamba ne ferait preuve de nulle pitié, de nulle compassion.

L'homme aurait voulu fuir mais son corps ne lui obéissait déjà plus. Ses membres, tétanisés par l'effroi, refusaient obstinément de bouger. Et l'homme attendait, impuissant, le moment fatal où cette bête immonde viendrait lui délivrer sa mortelle morsure. Le temps semblait avoir suspendu sa course et c'est, maintenant plus fasciné qu'effrayé, qu'il observait ce majestueux reptile onduler vers lui. Qu'il était beau ce serpent ! Sa longueur impressionnante le rendait effrayant : s'il venait à s'enrouler autour de votre gorge alors il vous étoufferait aussi sûrement qu'un boa constrictor pourrait le faire. Ses écailles satinées miroitaient, révélant une livrée, une robe, de couleur gris olivâtre. L'homme, même s'il avait pu bouger, ne se serait certes pas avancé à le caresser mais il eut put jurer que ce reptile était aussi doux au toucher que son sang devait être glacial. Les yeux dorés du serpent ne le quittaient pas, semblant le mettre au défi de seulement tenter de fuir. Le Black Mamba était, sans contestes possibles, le plus rapide au monde de ses congénères. Déjà bien agile dans les entrelacs des branches d'un arbre il se révélait encore plus redoutables et, sa vitesse de pointe de plus de trente kilomètres à l'heure, le rendait définitivement plus rapide que n'importe quel humain ! Fuir aurait été vain ! et puis, fuir où ? Ce n'était pas une vulgaire porte qui eut pu le stopper ! Cette satanée bestiole pouvant se faufiler aussi bien sous les pas de portes que dans les canalisations. Non, l'homme était pris au piège et il ne le savait que trop bien.

Soumis et résigné il se contentait d'observer son bourreau approcher, lui parlant comme il l'eut fait à un être humain. Il l'invectivait, lui reprochant d'avoir assassiné sa famille toute entière tandis qu'il aurait pu se contenter de lui, l'homme s'emportait, lui ordonnant maintenant de quitter sa forme animale pour oser montrer son vrai visage s'il osait. Ces provocations semblaient amuser le reptile qui s'élançait à présent venant, sans la moindre hésitation, enfoncer ses crochets fatalement venimeux, s'enfoncer dans la chair de la cheville de sa proie. Puis, reculant, le reptile se remit à onduler lentement. Ses yeux d'or ne quittaient pas sa proie. Comme sourd à ses invectives il se contentait d'entamer sa danse macabre. La première morsure n'était pas mortelle, elle l'était rarement. Il ne s'agissait pour le Black Mamba que d'immobiliser sa proie. Maintenant le serpent patientait, attendant que ses toxines fassent leur effet. Il pouvait, lui aussi, impressionner. Se relevant, se dressant de plus la moitié de sa longueur, le Black Mamba amena sa tête à hauteur de celle de l'humain. Ses yeux s'écarquillèrent au point de n'être plus que des oblongues dorées où luisaient des ellipses de jais. Le coup de l'animal s'applattit précédant l'ouverture de cette gueule immense et noire dans laquelle une langue fendue s'agitait émettant un sifflement si strident qu'il menaçait de percer les tympans du pauvre homme qui attendait sa sentence, tétanisé.

Puis, comme si l'humain en lui semblait soudainement reprendre le dessus, le reptile s'arrêta comme interdit. Il lui aurait suffit de fondre sur sa proie et de lui asséner les dernières morsures, fatales celles-ci mais il n'en fit rien. L'humain somnolant au fond de Black Mamba avait décidé de faire une exception : l'homme avait désiré voir le visage de son bourreau ? Soit ! Accordé !

Alors, sous les yeux ébahis et pourtant encore un peu incrédules de l'homme, le serpent se métamorphosa. Lentement, le Black Mamba se replia sur lui même puis il ne fut plus qu'une masse informelle. L'homme plissa pour les yeux, cherchant à s'assurer qu'il n'hallucinait pas. Là, sous ses yeux, le serpent prenait petit à petit forme humaine. Déjà la forme allongée du reptile disparaissait et laissait apparaitre deux formes élancées qui ressemblait à des jambes. Puis se furent à la colonne vertébrale et aux bras de s'esquisser. Enfin la tête du serpent s'élargit et une longue chevelure blonde apparut, dissimulant encore les traits de l'assassin. La femme se relevait, dévoilant la beauté de sa plastique aussi irréprochable que nue. Sur sa peau d'albâtre les écailles luisantes disparaissaient peu à peu et, bientôt, il n'en resta aucune. Le satin froid du reptile ayant laissé la place au satin bien plus chaleureux d'une peau résolument humaine.

La Vénus Létale s'approcha de sa victime immobilisée. De ses lèvres finement ourlées tançait la langue du reptile qu'elle avait volontairement conservée et, lorsqu'elle plongea son regard dans celui de sa victime, ce furent des yeux de reptiles qui le narguèrent. Etrange apparition au corps de déesse possédant encore les attributs de la bête. La femme persiffla joyeusement comme pour mieux se moquer avant de laisser sa main gracile venir se poser sur la joue de sa proie. Caresse glacée qui fit frisonner l'homme. Cette femme était si froide ! Froide comme cette Mort qu'il savait venir pour le faucher. Puis, les yeux du Black Mamba se révulsèrent laissant maintenant la place à deux perles de saphir. Océan froid et torturé qui le dardaient, semblant lui annoncer l'heure de la délivrance. La langue persifflante disparut et la femme se pencha vers sa victime afin de lui murmurer quelques mots à l'oreille.

- " Bane avait confiance en toi et tu l'as trahi. Aucune pitié n'existe pour les traîtres tels que toi. Je suis venue pour te tuer mais, pardonne moi, je n'ai pas pu résister à l'envie de "jouer" avec les tiens. Rassure toi : ils n'ont pas souffert. Et ne les pleure pas : tu vas maintenant les rejoindre. Et remercie moi : il y a bien plus pénible que de mourir d'un baiser, non ? "

Puis, sans même laissé l'opportunité à sa proie de répliquer, la meurtrière se pencha prestement dans le cou de sa victime où elle planta brutalement ses crochets mortels. L'homme ferma les yeux comme pour mieux savourer ses derniers instants de vie. Rapidement il sentit son corps s'engourdir, il devenait insensible aux si nombreuses morsures que la femme continuait de lui infliger. Alors que ses yeux se fermaient définitivement la dernière vision qu'il eut de ce monde fut celle des corps de ses enfants qu'il avait mené à la mort par sa déloyauté.

Whisper assista, sereine et incroyablement placide à l'agonie de sa proie. Elle n'avait pas prévu d'assassiner toute la famille mais pourquoi prendre le risque de laisser le moindre témoin ? Et puis Bane ne pourrait pas lui tenir rigueur de s'être un peu amusée, non ? Rien ne l'agaçait plus que la vision d'une famille unie et baignée dans l'amour. Quelle horreur ! Alors que le cadavre de sa proie tombait lourdement sur le sol la jeune femme soupira. Enfin ! D'ordinaire ils ont le bon goût de crever plus vite ! Son travail était fait, elle pouvait désormais ces lieux où commençait à flotter ce si doux parfum de mort qu'elle avait appris à apprécier. Des fois son travail était trop facile... Sans la moindre difficulté la demoiselle appela le serpent qui dormait en elle et laissa la transformation s'opérer sans chercher à la contenir. Depuis le jour où elle avait compris ses facultés plus que particulières qui étaient les siennes elle avait travaillé dur pour les contrôler et les soumettre à sa seule volonté. Et, tout comme aujourd'hui, la demoiselle était parfaitement capable de moduler son apparence à loisir : transformation totale ou partielle, elle contrôlait tout. Sauf quand elle venait à rencontrer son ennemi mortel : le froid. Là, si elle n'y prenait garde, il lui était impossible de se transformer et elle était bloquée dans l'apparence dans laquelle elle se trouvait. Autant dire que les glacières et elle ne faisaient pas bon ménage ! De plus , claustrophobe depuis son enfance, Whisper perdait rapidement tous ses moyens lorsqu'elle se retrouvait dans un endroit confiné. Mais, aujourd'hui, la maison de ce défunt biologiste était chaude comme elle les aimait et Black Mamba n'eut pas la moindre difficulté à reprendre sa forme animale pour mieux s'enfuir, ondulant de tout son long sur le carrelage de cette demeure.

Personne ne comprendrait jamais ce qu'il s'était passé en ces lieux. Et, cela, était sans doutes sa plus grande satisfaction !


sources : Wkipédia et ça





Code par Tchoup



Mirror, mirror


Derrière le miroir se cache Candy Whisper, je suis une schtroumpfette déglinguée du bulbe, j'ai 20 bananes.

Je suis arrivé(e) à Gotham grâce à ce simplet de poisson de Nemo et de manière générale je trouve vous gérez un gros pot de fougère mes choux mais rien du tout j'adore & adhère !. Mon personnage est inventé. Mon avatar est [Bar Refaeli].

Sinon mon smiley préféré c'est lapinou et j'ai bien lu le règlement, la preuve : [Code validé par l'ami Nemo]. Oh ! Et j'allais oublier je vous nem fort et malgré mes soucis de serveur distant et de tablette à la noix je poste ce soir toute ma fiche ^^.



This used to be my Playground



Les flammes dévoraient tout sur leur passage, venant lécher avant d'étreindre et réduire en poussières les murs de cet imposant building de Gotham. Dans la rue les gens criaient, fuyaient, apeurés, terrifiés. Elle, demeurait là, impassible, un sibyllin sourire accroché à ses lèvres vermillons. Ce spectacle la ravissait. La terreur des gens la rassurait, l'excitant presque. Elle aimait les voir détaler comme des lapins devant cet immeuble qui menaçait maintenant de s'effondrer comme un vulgaire château de cartes. Elle appréciait à sa juste valeur ce spectacle pourtant macabre de ces êtres prisonniers des flammes qui, désespérés, préféraient de jeter par les fenêtres plutôt que périr dévorés par les flammes. Jolies petites allumettes hurlantes qu'elle admirait pendant qu'ils venaient se fracasser sur le bitume. Au loin les sirènes des hommes du feu retentissaient. Trop tard ! Ils ne trouveraient plus grand chose à sauver : le feu était affamé et il avait déjà tout englouti ne laissant derrière lui que cendres, désolations et cadavres carbonisés. Alors que ces sauveteurs de la dernière heure arrivent enfin sur place et tentent, les candides, de sauver ce qu'ils pensaient à tort pouvoir encore l'être, la silhouette féminine s'éloigna en chantonnant. Il n'y avait plus rien à voir ici. L'attentat c'était parfaitement déroulé et l'immeuble et ses occupants n'étaient plus que de vagues souvenirs dont elle aurait bien vite fait le deuil. Non, la seule chose dont elle se souviendrait serait ce magnifique brasier ardent qui avait si bien su tout réduire à néant. Le feu... Au fond de ses prunelles si claires dansaient encore les spectres des flammes qu'elle admirait depuis toujours... Le Feu, elle ne le craignait pas. Le Feu, elle l'aimait. Le Feu, elle lui devait sa liberté.

Le vent se leva doucement venant jouer dans la longue chevelure blonde de la jeune femme. et, avec lui, ce furent des torrents de souvenirs qui vinrent raviver des plaies que la jeune femme pensait pourtant enterrées à jamais. Ces temps étaient si lointains, si reculés ! Et pourtant, à cet instant précis ils semblaient plus vivaces que jamais ! Tellement vivaces même ! Sans qu'elle puisse rien faire pour endiguer ces flots qui la submergeaient Whisper vit les plus terribles de ses souvenirs l'assaillir de nouveau. Ses jambes se mirent à chanceler et il lui fallut s'asseoir à la terrasse d'un café pour ne pas choir lamentablement. Commandant un café, la jeune femme s'empressa d'allumer une cigarette. Puis son regard se perdit dans les volutes bleutées et nicotinées qui se faisaient, pour elle seulement, écran de cinéma. Ce soir le film projeté Whiser ne le connaissait que trop bien. Car, maintenant, c'était sa propre vie qui défilait devant ses yeux éteints.

Tout lui revenait subitement. La blancheur immaculée de cette gigantesque pièce où elle s'était éveillée un matin. La veille encore elle dormait paisiblement dans la très humble demeure de ses parents. Elle s'était déjà assoupie lorsque les voix de ses parents l'avaient sortie de sa torpeur. La voix de son père s'était élevée, forte et impérieuse. Puis celle, tellement plus douce, de sa mère. Celle-ci avait supplié, imploré son époux mais rien n'y avait fait et ce dernier était demeuré inflexible. Whisper n'avait pas compris ce dont il était question mais elle avait entendue la voix de deux autres personnes. Des hommes. Leurs voix étaient ténues et étrangement métalliques et atones. La petite fille ne comprenait pas, ne parvenait pas à discerner leurs mots. Mais elle avait saisi son prénom. Puis il avait été question d'argent. Des montants avaient été déclamés, toujours plus importants. Cela ne représentaient peut-être pas beaucoup pour ces étrangers mais, pour ses parents, s'étaient bien plus qu'ils ne pourraient jamais en gagner de toutes leurs vies ! Puis les voix s'étaient faites murmures et la petite n'avait plus entendu que les sanglots de sa mère qui avait semblé renoncer à supplier son mari. Des bruits de pas avaient résonné, funestes et de bien mauvaise augure, dans le petit couloir qui menait à sa chambre. Sa porte qui s'était ouverte à la volée, dévoilant les silhouettes massives et si sombres des inconnus. Whisper frissonna. Elle se souvenait de s'être dressée, effrayée, dans son si petit lit. La silhouette de son père était alors apparue, rassurante comme un phare dans une nuit noire. Mais l'homme n'avait pas bougé, pas même cillé lorsque les étrangers étaient venus l'arracher brutalement à sa couche. Whisper se souvenait de s'être débattue, d'avoir hurlé, d'avoir frappé de ses petits poings serrés ses agresseurs. Mais elle était si faible à l'époque. Tellement innocente et si faible !

Ses doigts se serrèrent sur l'anse de sa tasse de café et il lui fallut se maitriser pour ne pas réduire celle-ci en miettes. Elle n'était qu'une enfant ! Et elle ne comprenait pas pourquoi ces hommes étaient venus l'arracher à son foyer. Pourquoi ses parents n'avaient-ils rien fait pour empêcher cela ? Pourquoi ne l'avaient-ils pas protégée ? Autant de questions qu'elle ne cesserait de ressasser durant tout le temps de sa captivité et auxquelles elle ne trouverait des réponses que bien plus tard. Tellement plus tard même... Mais, ce soir-là, si elle avait pu savoir ce qui l'attendait, qu'aurait-elle pu bien faire ? Rien, probablement...

La première nuit dans sa nouvelle demeure fut des plus pénibles. Enfermée dans une cage tout juste assez large pour la laisser s'allonger Whisper avait connu ce sentiment horrible qu'est la peur. Ces bruits horribles qui l'avaient empêchée de dormir ! Ces bruits de pas qu'elle redoutait de voir s'approcher, ces voix sans visages qui semblaient surgir des ténèbres et semblaient proférer les pires des menaces. Et ces pleurs et sanglots qui semblaient l'entourer et faire écho aux siens... Whisper ne trouva finalement le repos que lorsque, épuisée et tremblotante, elle finit par sombrer dans un océan de rêves plus sombres et étranges les uns que les autres. Et, lorsqu'elle reprit enfin conscience ce fut pour découvrir ce qu'elle devait, par la suite et pour de bien longues années, appeler son Enfer.

Ici tout était immaculé et d'une blancheur aveuglante. Les gens qui se pressaient autour de sa cage étaient tous vêtus des mêmes hideuses blouses bleues et ils affichaient tous les mêmes mines fermées et comme figées dans du marbre. Pas un ne daignait lui parler. Et les rares qui daignaient la regarder semblaient ne voir en elle qu'un vulgaire rat de laboratoire. Whisper s'était époumonée, avait rué dans sa cellule de fer, réclâmant ses parents. Mais personne ne lui avait répondu. Pire, les deux seuls êtres à être venus la voir l'avaient longuement toisée avant de se décider, dans un soupir, à l'extirper violemment de sa cage. L'enfant s'était alors calmée, pensant naïvement avoir été entendue. Ils allaient la ramener chez elle. Mais non. Au contraire, l'enfant hagarde fut trainée tout le long de la salle jusqu'à une autre pièce. Whisper n'oublierait jamais ce choc qu'elle avait reçu tandis qu'elle découvrait toutes ces cages, semblables à la sienne, où reposaient d'autres enfants. Certains pleuraient, d'autres semblaient bien trop effrayés pour bouger ne serait-ce qu'un doigt. Tous possédaient ce même regard perdu et hébété. Puis elle se souvenait de ce dédale de couloirs où on avait continué de la trainer, ses pieds nus raclant le sol carrelé et froid. Dans une grande pièce elle avait vu des animaux enfermés dans des cages eux aussi. Elle était trop jeune pour comprendre à quoi rimait tout cela, tout ce ballet d'hommes en blouses bleues qui se baladaient librement, carnet, notes et aiguilles à la main. Un cri déchirant avait résonné dans ses oreilles. Sursautant, la petite se souvenait d'avoir tourné la tête. Bien qu'effrayée elle voulait voir ! Mais ses geôliers poursuivaient déjà leur course et tout ce qu'elle avait pu entrapercevoir fut les traits défigurés par la douleur d'un petit garçon attaché sur une table et au dessus duquel s'affairaient des hommes en blouses bleues. Le regard affolé de cet enfant, Whisper ne l'oublierait jamais. Il la poursuivrait même longtemps dans ses cauchemars.

Ce jour là l'enfant qu'elle était avait subi ses premiers tests. Même si, à l'époque, elle n'y avait rien compris. Bien trop apeurée par ce qu'elle avait vu, Whisper n'avait pas osé se défendre. Et c'était tremblante et pâle comme la mort qu'elle avait laissé ce bataillon de blouses bleues disposer d'elle à leur guise. Elle se souvenait de ces hommes qui l'avaient examinée sous toutes les coutures, agissant comme si elle n'était qu'une vulgaire poupée de chiffons. Elle avait été mesurée, pesée. Sa peau avait été regardée minutieusement, tout comme sa déjà longue chevelure qui avait été peignée, démêlée puis lavée comme si elle avait pu avoir des poux. Ensuite on l'avait assise sur une chaise et d'autres tests avaient débuté. Sa vue, ses facultés de préhension, de lecture, d'écriture, son intelligence, tout avait été passé au crible. Whisper était épuisée mais aucun répit ne lui avait été accordé. Faisait-elle seulement mine de faiblir que déjà les brimades et autres punitions commençaient à pleuvoir : depuis le verre d'eau glacée jeté à la figure en passant par les insultes et jusqu'aux gifles assénées violemment lorsqu'elle osait bouger sans y avoir été autorisée... Rien, vraiment rien, ne lui avait été épargné ! Et que dire de ces épreuves de résistance et d'aptitudes physiques qu'elle avait enduré, des jours durant et se mordant les lèvres pour ne pas laisser ses larmes couler. Elle était épuisée mais, comme un gentil petit singe de cirque, elle avait couru, sauté, rampé et s'était même battue avec d'autres enfants lorsqu'on le lui avait demandé. Tout plutôt que de subir encore les crises de colère de ces satanées blouses bleues !

Et l'Enfer s'était étiré en longueur. Les jours étaient devenus des semaines, les semaines des mois, les mois des années. Whisper avait perdu toute notion du temps et ses journées étaient rythmées par l'éternel rituel des blouses blanches. Les repas, plutôt légers, étaient servis à heures fixes. Les tests médicaux étaient effectués en matinée. Chaque fois c'était la même chose : on venait l'extirper de sa cage pour la trainer dans une salle sombre où elle subissait encore et encore les mêmes tests. Une femme, toujours la même, venait la piquer, lui prenant du sang avant de lui injecter des produits qui la rendaient vaseuse et nauséeuse. Puis, sans même se soucier de sa silhouette chétive et malingre, ses geôliers lui infligeaient d'autres séries de tests. Whisper se souvint avec un rictus de ces examens oraux où on lui demandait de lire, de réciter, de répondre à des questions toutes plus stupides les unes que les autres. Chaque fois elle faisait de son mieux pour y répondre correctement redoutant les sanctions en cas d'erreur. Si, en revanche, elle s'était montrée meilleure que la veille, alors une récompense lui était donnée. Une sucrerie , un soda ou, lorsqu'elle s'était montrée particulièrement efficace, Whisper obtenait le droit de se reposer pendant deux longues heures. Autant dire que ses tortionnaires avaient trouvé le meilleur des moyens pour motiver leur captive ! L'enfant avait très vite compris que si elle voulait améliorer sensiblement ses conditions de détention elle n'avait pas d'autres choix que de se soumettre et d'exceller.

Ce fut l'un des tournants majeurs de son existence dans cet Enfer. Whisper s'accrochait à cet infime espoir : si elle devenait la meilleure alors elle serait libre. Chimère que cela mais la petite fille s'y accrochait fermement. Elle n'avait rien d'autre à quoi se rattacher de toutes façons ! Whisper, inconsciemment, avait déjà pris sa décision : elle s'enfuirait ! Un jour ou l'autre elle fuirait loin, très loin, de son Enfer. Mais, en attendant, elle plierait sans jamais rompre. Son caractère s'endurcissait déjà et la petite fille craintive et effacée laissait la place à une enfant froide et incroyablement déterminée. Elle ne comprenait pas que toutes ces expériences dont elle était le cobaye involontaire commençait à porter leurs fruits. Elle ignorait que toutes ces blouses bleues qu'elle percevait comme autant de menaces étaient en train de faire d'elle un être résolument à part. Elle ne savait pas que, lentement, très lentement, l'ADN du Mamba Noir était en train de se mêler au sien au point d'en devenir quasi indissociable. Whisper avait grandi et était devenue une petite fille plus grande que la moyenne, au teint d'albâtre et à la longue chevelure dorée. Ses yeux turquoises commençaient déjà à prendre de légers reflets dorés et souvent, sans même qu'elle s'en rende compte, elle commençait a persiffler. Et, plus le temps passait, plus ses performances physiques s'amélioraient. Elle courait incroyablement vite et était devenue d'une souplesse étonnante. quant à son alimentation, celle-ci aussi avait radicalement changée : d'abord friande de fruits et de céréales, Whisper avait lentement commencé à les refuser avant de tout bonnement décidé de ne plus en manger. Même contrainte et forcée la petite fille régurgitait ces aliments qu'elle ne tolérait que très mal. Seule la viande, de préférence crûe, parvenait à la rassasier. Aujourd'hui Whisper réalisait que c'était sa part animale qui se manifestait mais, à l'époque elle pensait innocemment qu'elle était juste en train de grandir, et que ces goûts qui lui avaient été imposés par de l'ADN animal, étaient en fait les siens.

Whisper n'avait jamais vraiment sympathisé avec les autres enfants retenus dans cet Enfer. Elle les croisait, enfermés dans leurs cages eux-aussi, lorsqu'elle se rendait à ses tests. Elle en voyaient d'autres encore lors de ces mêmes tests. Mais jamais elle n'avait réellement cherché à se lier à l'un d'entre eux. Pire, elle en était même venue à les mépriser et à les haïr. Ils lui rappelaient, comme autant de fidèles reflets, qu'elle était une prisonnière, un vulgaire cobaye. Et cela elle ne le supportait pas. Solitaire et rebelle elle refusait tout contact, même avec ces quelques, rarissimes, blouses bleues qui tentaient de la sortir de ce mutisme dans lequel elle s'enfonçait un peu plus jour après jour. Autant ses performances physiques s'amélioraient au point de devenir excellentes, autant ses tests d'aptitudes intellectuelles montraient clairement qu'elle était un pur génie, autant sa détermination à vouloir s'isoler dans le silence le plus total était vrai. Whisper avait sept ans lorsqu'elle avait subitement décidé de se taire. Sa condition, elle l'avait acceptée et l'enfant était même parvenue à s'y faire. Mais, cet espace de liberté qu'elle s'était forgé dans sa tête et où la solitude et le silence étaient ses armes de défense, tout cela n'appartenait qu'à elle ! Les blouses bleues avaient eu beau tenter de la faire plier en la menaçant, en la punissant ou même en l'achetant avec moult récompenses, rien n'y avait fait. Whisper s'était construit un rempart de solitude silencieuse derrière lequel rien ni personne ne pourrait plus l'atteindre.

Mais en avril 1992 un évènement se produisit qui fit voler en éclats la petite bulle dans laquelle Whisper avait trouvé refuge. Les souvenirs de ce jour là demeurèrent à jamais gravé dans l'esprit de la petite fille. Comment tout cela avait-il commencé ? Impossible de le savoir. Impossible de seulement s'en souvenir. Whisper avait pourtant essayé mais en vain. Tout juste se souvenait-elle de ce vent de panique qui s'était soudain levé et qui avait précédé la tempête. Depuis quelques heures déjà les enfants semblaient agités, un peu à la façon des animaux qui flairent le danger approchant. Certains s'étaient mis à pleurer tandis que d'autres s'étaient recroquevillés sur eux-même comme pour mieux se protéger. Whisper, elle, était hors de sa cage lorsque ce grand cataclysme s'était produit. Elle était en route pour subir ses tests lorsque l'odeur lui était parvenue. Odeur chaude et piquante qui l'avait submergée. Puis ce fut au tour de ses yeux de se mettre en alerte. Là, derrière elle, un épais nuage de fumée noirâtre s'était formé et avait plongé les lieux dans une semi-pénombre. Les blouses bleues qui l'encadraient furent alertées à leur tour et Whisper sentit leur étreinte sur ses bras menus se resserrer. Ils l'avaient saisie à bras le corps et avaient tenté de l'emmener avec eux. Leurs voix s'étaient élevées, grondantes et emplies de questions. Ils semblaient déroutés, perdus, ne sachant que faire. Pour la première fois depuis son arrivée en Enfer, Whisper sentit la toute puissance de ses geôliers s'effriter.

Le Feu ! Le Feu avait pris forme dans l'une des si nombreuses salles de ce dédale et il gagnait en force et en vigueur, détruisant tout de ses étreintes ardentes. La panique aussi était née et c'était une belle débandade : ici certaines blouses bleues tentaient de sauver notes, brouillons et dossiers, là d'autres cherchaient à sortir de leurs cages certains enfants encore prisonniers. Whisper ne savait plus où regarder, ses yeux survolaient les lieux sans parvenir à se fixer. Déjà la fumée emplissait ses poumons et sa gorge commençait à la piquer. L'enfant toussait, s'étouffant presque. L'un de ses tortionnaires l'avait lâchée et s'était enfui en prenant ses jambes à son cou. L'autre l'avait prise dans ses bras et courait vers une porte que Whisper n'avait jamais franchie. Alors qu'elle franchissait le seuil de son Enfer, Whisper jeta un oeil par dessus son épaule. Les flammes avaient pris le dessus et plus rien, désormais, ne semblait pouvoir stopper leur course effrénée. Un étrange sourire vint flotter sur les lèvres pâles de l'enfant tandis qu'elle retrouvait la chaude et bienveillante caresse du soleil sur sa peau blafarde. Qu'il brûle ! Que cet Enfer soit dévoré par les flammes et qu'il n'en reste que des cendres ! Et tant pis pour ceux qui, pendant trois longues années, avaient été ses compagnons d'infortune ! Si jamais ils périssaient dans ce brasier c'est qu'ils n'étaient pas assez forts pour survivre ! C'était aussi simple que cela dans l'esprit de l'enfant : seuls les plus forts survivent !

Whisper toussait encore très fort alors qu'elle découvrait, d'un air dubitative, ce monde dont elle ignorait tout ou presque. Les couleurs lui paraissaient si vives qu'elle en était aveuglée. Les odeurs se mélangeaient et formaient un parfum si lourd et capiteux qu'il en était étourdissant. Tout lui paraissait si étrange, si nouveau ! La petite fille regarda enfin cet homme qui l'avait, contre toutes attentes, sauvé. Son visage possédait des traits fins et il souriait presque tendrement à l'enfant. Elle demeurait impassible, murée dans son silence. Whisper n'avait pas peur, elle ne tremblait pas. Elle était perdue, sans plus aucun repères, plus aucune certitude. Elle avait tellement rêvé de ce moment où elle serait libre que, maintenant, elle ne savait pas comment réagir. Que devait-elle faire ? Elle posa son regard sur son sauveur, dubitative comme jamais, cherchant des réponses à ces questions qu'elle ne parvenait pas à prononcer. L'homme lui avait caressé les cheveux, remettant derrière son oreille une mèche rebelle. Puis il s'était penché et l'avait doucement déposée à terre. Il avait ensuite prononcé tout un discours sur la liberté et l'importance d'en jouir tant que faire se pouvait. Tant de mots prononcés d'une voix si douce ! Tant de gentillesse pour cette enfant qui n'avait jamais connu que la haine et la douleur. Trop de mots. Trop de gestes affectueux. Whisper voyait ses idées devenir confuses, toutes ses convictions si bien ancrées dans sa tête de mule vacillaient menaçant de s'effondrer devant la bonté d'une seule blouse bleue.

Le bruit d'une explosion. Whisper qui se jette à terre et sent le souffle de l'explosion passer à quelques centimètres à peine au dessus d'elle. Son dos la brule, ses yeux la piquent, sa vue se trouble... Le poids d'un corps qui s'effondrent sur elle. L'enfant demeure un instant immobile, tétanisée. Puis, comme mue par un instinct qu'elle ne comprend pas elle tente de se relever. Mais le corps qui pèse sur elle est si lourd ! Elle remue, grogne, mais rien n'y fait : elle est prisonnière sous ce linteau de chair humaine. Un liquide chaud et rubicond s'écoule sur elle, roulant sur son front pour venir teinter ses lèvres crispées. Whisper goûte au sang. Sensation étrange qui l'assaille alors. Ce goût, elle le pressent, c'est celui de la vie qui s'échappe. Ce goût c'est celui de la mort ! Alors elle puise dans ses ultimes ressources et pousse violemment en arrière. Le fardeau qui la recouvrait tombe à terre, inerte. Whisper jette un regard vers ce corps allongé à ses côtés. La blouse bleue qui l'a sauvé est maculée de sang et son regard est fixé au ciel. L'enfant regarde, met un moment avant de comprendre. Du bout du pied elle le pousse. Plus fort. Mais l'homme ne bouge plus. Whisper s'énerve et se jette sur lui. Elle le frappe de ses poings menus, le secoue pour tenter de le ramener à la vie. Toujours rien. Devant ce premier cadavre l'enfant éprouve une infinie tristesse qu'elle ne s'explique pas. Pour la première fois depuis des mois le son de sa voix éraillée par autant de mutisme s'élève, cinglant les airs encore chargés de souffre. Elle hurle sa peine et sa douleur. Jamais plus, après ce jour, Whisper ne versera une larme. Jamais. Sa dernière larme, c'est pour cet inconnu qui l'a sauvée qu'elle l'aura versée.

Mais Whisper n'a pas le temps de s'apitoyer. Le Feu est toujours aussi vivace et il poursuit sa route infernale. Il lèche, ronge, dévore tout sur son passage. Déjà d'autres blouses bleues et d'autres enfants surgissent de l'Enfer en flammes. Certains hurlent, d'autres tentent de fuir mais sont aussitôt rattrapés par leurs geôliers. Whisper doit faire vite, elle le sent bien plus qu'elle ne le sait. Elle doit fuir. Mais elle se sent faible. Elle a la tête qui tourne, ses sens, si peu habitués à l'extérieur, la trahissent et la lâchent. L'enfant se relève et, sans même chercher à comprendre, court. Elle court comme si le Diable lui même était à ses trousses. Elle court parce que sa vie en dépend. Elle court sans jamais se retourner. Whisper est enfin libre mais elle ne le réalise pas encore. L'enfant de huit ans court. Oubliant la fatigue et la faim qui la taraudent elle court. Sans même s'attarder sur ces paysages qui l'entourent, elle court. Et elle ne s'arrêta de courir que lorsque, épuisée, elle s'effondra et sombra dans un profond sommeil.




Code par Tchoup




Welcome to the Jungle


Qu'elle avait pu courir ce jour-là ! Le souffle lui avait manqué, ses jambes avaient semblé dotées de leur propre volonté continuant de se mouvoir quand son esprit, lui, semblait déjà renoncer. Elle était si petite ! Elle était terrifiée et ne savait même pas où elle se rendait ! Tout ce qui comptait était de fuir. Fuir pour ne pas être rattrapée et jeter de nouveau dans l'une de ces hideuses cages ! Fuir pour être libre ! Mais libre de quoi ? L'enfant l'ignorait. Elle avait parcouru des distances qui lui paraissaient extraordinaires jusqu'à s'effondrer dans les ténèbres d'une ruelle crasseuse et sombre. Et, elle qui avait cru fuir l'Enfer pour retrouver un monde accueillant et chaleureux avait eut vite fait de déchanter. Le réveil avait été pour le moins aussi brutal et traumatisant que toutes ces années passées dans les entrailles de ce laboratoire qu'elle prenait pour son Enfer. A vivre confinée derrière des barreaux l'enfant en avait tout bonnement oublié à quoi ressemblait le Monde et la confrontation fut des plus brutales ! Ce Monde qui l'entourait la terrifiait. Cette ville dont elle ignorait tout se dressait devant elle, l'entourant de toute son immensité, menaçante et hostile. Les rues lui parurent affreusement sales et il y flottait des effluves tellement écoeurantes ! La petite avait erré pendant des jours, arpentant les rues de son nouveau territoire. Les buildings lui étaient apparus comme des monstres de béton et de verre où se pressaient des flots de personnes guindées dans des habits chatoyants. Et le regard des ces gens sur elle ! Lorsqu'ils ne posaient pas sur elle un regard empli de cette pitié qu'elle détestait déjà, ils la prenaient de haut et s'empressaient de lui jeter une pièce avant de lui signifier de la main de dégager ! Whisper aurait aimé pouvoir leur crier, leur hurler même, qu'elle ne voulait pas de leur aide, qu'elle n'avait pas besoin d'eux et qu'ils n'étaient que de vulgaires pantins qu'elle détestait. Mais ses récriminations s'étranglaient dans sa petite gorge et les seuls sons qui s'échappaient de ses lèvres ressemblaient plus des grognements sourds qu'à autre chose. Elle était devenue une enfant sauvage bien plus proche de l'animal que de l'humain.

Survivre pour un petit être comme elle ne fut pas chose aisée. Pour manger il lui avait fallu mendier ou voler. Orgueilleuse, la demoiselle en devenir avait vite montré une nette préférence pour la seconde de ces solutions. Petite et incroyablement agile, elle avait appris à se faufiler parmi les badauds qui s'arrêtaient devant le stand d'une épicerie. Là, elle saisissait tout ce qui lui tombait à portée de mains avant de s'enfuir en courant pour rejoindre ce petit parc où elle avait trouvé refuge. Là, tapie derrière une haie d'arbustes, elle dévorait son frugal repas. Le plus souvent celui-ci n'était composé que de quelques fruits, de légumes ou de chips, vivres exposées et laissées à portées de ses mains chapardeuses. Mais cela ne la satisfaisait pas. Il lui manquait quelque chose : le goût délicieux et délectable de cette viande que qui lui servait de repas dans son ancien Enfer. L'enfant se souvenait de ce parfum, de cette saveur du sang frais coulant dans sa gorge et elle voulait retrouver cette sensation. C'en était devenu une obsession pour elle. Ce fut pour cette raison qu'elle prit la décision de s'aventurer plus avant dans cette cité où elle se perdait pourtant si souvent. L'appel du ventre surpassant largement ses peurs et ses appréciations. Elle se mit donc à arpenter les ruelles, laissant son odorat sur développé la conduire. Il lui fallut pourtant bien des tentatives avant de parvenir a dissocier les différentes odeurs qui saturaient l'air. Une fois elle se retrouva devant une crêperie où elle se fit chasser à coups de pieds dans le derrière. Une autre fois ce fut devant une poissonnerie où elle parvint à chaparder un poisson. Mais le goût de celui-ci la laissa perplexe. Peut-être que sans les écailles et les viscères le repas aurait été meilleur. Enfin, la troisième tentative fut la bonne. Enfin si l'on peut dire !

Les effluves de ce restaurant l'avaient littéralement attirée. Cela sentait la viande rôtie à des lieues à la ronde, Whisper savait qu'elle ne se trompait pas cette fois ! Et, lorsqu'elle était arrivée devant la devanture, l'enseigne lumineuse qui scintillait dans la nuit noire lui donna raison : une maison du steak ? Parfait. Consciente qu'elle ne parviendrait jamais à pénétrer en ce lieu, la petite fit le tour de l'immeuble et atterit devant la porte des cuisines. De là où elle était elle pouvait voir une cohorte d'hommes en blouses blanches s'affairer devant ce qu'il semblait être des fourneaux. La viande paraissait tellement appétissante que l'enfant en avait des crampes d'estomac. Elle mourrait de faim ! Cela faisait bien deux jours qu'elle n'avait rien mangé si ce n'est un ou deux fois grappillés lors de ses expéditions. Elle voulait manger de la viande ! Tapie dans la pénombre de l'arrière cour du restaurant elle attendit patiemment. Puis l'occasion vint enfin. Un commis de cuisine sortit pour se débarrasser des poubelles. Un instant l'enfant hésita entre le suivre ou tenter sa chance directement à la source : la cuisine. Les sacs transportés n'exhalant pas le plus délicat des fumets, la petite saisit donc sa chance au vol et s'engouffra dans l'immeuble. Là, elle tomba dans une cuisine déserte . Le service étant fini les hommes de la brigade étaient partis se restaurer dans une petite pièce adjacente. L'enfant les entendaient. avançant aussi silencieusement que possible, la petite fit le tour de cet endroit magique pour ses yeux d'enfant affamé. Tout sentait si bon ici ! Elle avait envie de tout goûter ! Laissant ses petites mains fureter partout elle trouva de gigantesques T Bones qu'elle s'empressa de gouter de la plus goulue des façons.

Au début ses dents peinaient à déchiqueter la viande. Mais, furieuse de ne pouvoir se délecter de sa trouvaille, la petite commença à grogner. Puis une vive douleur la prit et elle fut obligée de lâcher son repas sous la douleur. Tombant à terre, elle manqua de s'évanouir. C'était si bête ! Elle avait enfin trouvé de quoi satisfaire ses envies et elle se trouvait contrainte de renoncer ? Jamais ! La colère montait en elle et plus celle-ci augmentait plus la douleur, elle aussi devenait aigüe. Lorsqu'elle se releva, l'enfant avait changée. Elle ne pouvait se voir mais elle sentit que quelque chose était différent. Sa perception des choses était devenue étrange : ses yeux voyaient avec une perception accrue, les couleurs s'étaient mystérieusement estompées au point de n'être plus qu'un magmas de tons grisâtres et blanchâtres. Mais, pourtant, elle y voyait bien mieux. Les volumes, les distances... Tout avait gagné en précision. Son odorat aussi semblait avoir gagné en puissance : les odeurs de la viande crue l'enivrait tandis que toutes les autres, celles qu'elle aurait jugé écoeurantes quelques minutes seulement avant lui étaient maintenant devenues insupportables. Et, dans sa bouche deux de ses dents la gênaient. Elles étaient devenues bien plus grandes et tellement plus larges aussi. L'enfant ne chercha pas vraiment à comprendre, bien trop pressée de finir ce repas tout juste commencé. Se jetant sur le morceau de boeuf trop vite délaissé, elle s'aperçut, heureuse, que ses nouvelles dents lui permettaient de déchiqueter la viande bien plus facilement. et sa salive semblait bien plus acide, réduisant chacune de ses bouchées en une sorte de bouille qu'elle déglutissait dans des sifflements de satisfaction.

Toute à sa dégustation, l'enfant n'avait pas entendue les pas de cet homme qui se dressait maintenant devant elle, l'air menaçant. Surprise, la petite lâcha son repas. Puis les insultes et les coups se mirent à pleuvoir sur elle. Le cuisinier vociférait, la rouant de coups de poings et de pieds. L'enfant se recroquevilla sur elle-même, effrayée. Mais, étrangement, alors que son esprit s'engourdissait, la douleur s'estompa pour laisser la place à une colère aussi incontrôlable qu'indicible. Plus jamais on ne la battrait ! Plus jamais elle ne se laisserait rabaisser par qui que ce soit ! Elle s'était muée en une furie qui sifflait et rendait coup pour coup. Le cuisinier n'en avait cure et poursuivait de l'insulter, la traitant de tous les noms et accompagnant chacune de ses paroles d'un geste aussi punitif que violent. Puis, soudain, l'homme recula, saisi d'effroi. Là, devant lui, l'enfant était en train de muter, de se transformer en un magma bouillonnant de chair. Puis les vêtements se vidèrent de toute chair pour laisser apparaitre une hideuse créature reptilienne. L'enfant avait disparu laissant la place à un gigantesque serpent. L'homme, stupéfait et interdit, se signait en appelant à tous les dieux qu'il connaissait. Incapable de bouger il regardait ce serpent qui le dardait de ses prunelles dorées, immobile lui aussi. Mais cette situation d'observation, ce statut quo cessa au moment même où l'homme tendit la main pour se saisir d'un hachoir. Alors le serpent rutilant se dressa de la moitié de sa longueur et ouvrit sa gueule découvrant une cavité des plus sombres où brillaient deux menaçants crochets immaculés. L'instant d'après l'homme vaccillait et chutait, attaqué par le reptile qui lui plantait, encore et encore, ses crochets dans sa peau. L'homme aurait voulu crier mais le venin s'était déjà répandu en lui et ses sens lui échappaient. Il étouffait lentement et, bientôt, il périrait dans d'atroces souffrances.

Le serpent avait reculé lui aussi et ondulait à ses côtés, semblant attendre l'issue finale de cet affrontement inattendu. Puis, lorsque l'homme eut poussé son dernier soupir, lorsque la grande faucheuse fut venue le chercher, le serpent sembla se calmer. Se ramassant sur lui-même il laissa ses paupières couvrir ses pupilles d'or et s'endormit. Lorsque les yeux s'ouvrirent de nouveau, quelques secondes plus tard à peine, d'étincelants saphirs parurent. L'enfant s'étira comme si elle venait de s'éveiller. Pourtant la petite se souvenait de tout, elle ne comprenait pas mais elle savait. Elle savait que c'était elle qui avait accompli cela. L'homme l'avait battue et insultée et il avait été puni. Le serpent l'avait châtié et condamné à mort. Elle oscillait entre l'effarement et la satisfaction . Comment cela était-il possible ? Comment avait-elle pu se changer en cette chose qui avait asséné la pire des sentences ? Comment ? Et pourquoi n'en éprouvait-elle pas la moindre culpabilité ? Pourquoi éprouvait-elle autant de satisfaction et de joie ? Trop de questions et si peu de temps... Déjà les autres membres de la brigade s'inquiétant probablement de la disparition de leur chef approchaient. Elle les entendait. Elle devait encore fuir. S'ils la trouvaient ils ne chercheraient pas à comprendre, ils la jugeraient coupable et ils l'enfermeraient. Elle le sentait, elle le savait. Ramassant et enfilant rapidement ses habits de misère, l'enfant s'enfuit sans oublier de jeter un dernier regard moqueur au cadavre quelle laissa derrière elle sans la moindre once de remords.

Whisper avait neuf ans.
Elle venait de découvrir, sans pour autant le comprendre, son état de femme animal.
Whisper avait neuf ans.
Et elle venait de découvrir le plaisir que l'on éprouve en prenant la vie de quelqu'un.
Whisper avait neuf ans.
Et, déjà, se dessinait cette femme froide et cruelle qu'elle serait des années plus tard.





Code par Tchoup




Dernière édition par Whisper Nemirowsky le Jeu 6 Sep - 13:06, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 10:35


We found Love in an Hopeless Place



Les portes du poste de police qui se referment derrière ces deux êtres. L'homme soupire longuement avant de porter son doux regard de jade sur la frêle silhouette qui attend à ses côtés. Les discours moralisateurs ne servent à rien, cela fait bien longtemps qu'il y a renoncé. Quand bien même il essayerait, une fois encore, d'expliquer à cette enfant sur le point de basculer dans l'adolescence que ses actes ont des conséquences et que celles-ci peuvent être facheuses, l'officier Blackwell sait qu'elle n'écoutera pas. La gamine le regarde fixement, l'air contrit. Elle regrette. Pas ce qu'elle a fait, cela l'homme en est presque certain, mais il sait qu'elle regrette la peine qu'elle vient une nouvelle fois de lui causer. Il ouvre la bouche pour lui parler mais ses mots demeurent en suspends. Inutile. Cette enfant ne comprendra jamais, pire, elle refuse de comprendre. Pour elle le mal et le bien se juxtaposent au point de trop souvent se confondre et s'inverser. Et se battre n'est pas un crime, juste une façon bien particulière de se faire respecter dans ce monde qui l'a si longtemps rejetée. Il le sait. L'homme agrippe fermement la jeune fille et la serre fort contre lui. Elle est sa protégée, son petit oiseau tombé du nid comme il aime à l'appeler quitte à provoquer le courroux de sa pupille.

L'homme n'oubliera jamais ce jour où, il y a sept ans de cela, il l'avait découverte. Il patrouillait avec son collègue lorsqu'un appel radio les avait envoyé à une adresse au coin de la 3ème et de Lafayette. Un meurtre venait d'être commis dans une brasserie. Une fois sur place les agents avaient été saisis d'horreur en voyant les cadavres gisant sur le sol de la salle principale du restaurant, tous criblés de balle. Hommes, femmes, enfants... C'était la première fois que l'officier voyait un tel carnage. Pendant que son collègue demandait du renfort lui était parti inspecter les lieux. Ce parfum de mort qui flottait dans les airs lui avait donné la nausée et il avait vidé ses tripes sur le sol de la cuisine. Et c'est à ce moment précis, tandis qu'il se relevait, qu'il l'avait vue. Créature au visage d'ange qui se cachait derrière un meuble, un morceau de viande fermement serré contre elle. Om mon Dieu ! Quelle étrange apparition que celle-ci ! Ce n'était encore qu'une enfant bon sang ! Certainement l'une de ces gosses de rues qui errent, sans but, dans les rues de Gotham. Quel âge pouvait-elle bien avoir ? Difficile à dire. Elle semblait bien jeune et terriblement chétive et malingre. Elle était si maigre qu'elle devait avoir du mal à tenir sur ses jambes ! L'officier, une fois revenu de sa surprise avait tenté de l'approcher mais l'enfant s'était mise à hurler. Plus précisément elle avait émis un sifflement strident qu'elle avait bien failli lui percer les tympans. Il avait reculé, tendant une main qu'il voulait amicale mais l'enfant, méfiante, avait reculé et adopté une posture qui semblait hésiter entre la défense ou l'attaque. Elle sifflait encore et ne cessait de regarder l'homme comme s'il eut été un monstre.

L'homme aurait pu user de fermeté et de violence mais il n'en avait rien fait. Quelque chose chez cette enfant l'avait touché et ému. La voir ainsi prosstrée défendant son maigre et si dérisoire butin comme s'il eut s'agit de sa propre vie... La voir aussi paniquée et effrayée... Là où d'autres auraient vu une sale gaminde lui avait eu l'impression, tellement juste, de découvrir un animal traqué et blessé. Se désintéressant du meurtre qui l'avait mené jusqu'ici l'homme reporta toute son attention sur la petite. Celle-ci l'observait maintenant, silencieuse et immobile. Lorsque l'homme commença à lui parler pour tenter de l'apaiser elle l'écouta sans pour autant montrer la moindre émotion. Il aurait pu juré qu'elle comprenait chaque mot qu'il prononçait mais elle refusait obstinément de répondre aux questions qu'il lui posait de sa voix la plus douce. Lentement il glissa vers elle. Ne pas la brusquer. Ne pas faire de geste brusque. L'enfant reculait légèrement, se remettant à persiffler. Lorsqu'il tendit de nouveau la main vers elle, la petite chose se jeta sur lui et mordit à pleines dents cette main salvatrice. L'homme hurla sous la douleur avant de s'écrouler à genoux. Alerté, son collègue surgit, l'arme au poing. Paniquée, l'enfant se redressa et se mit à siffler de plus bels. Ses " hurlements " emplissaient 'air, aigüs et insupportables. Le policier armé allait faire feu lorsque Blackwell l'en empêcha en abaissant violemment son arme. Le coup parti, assourdissant. L'enfant sursauta, effrayée. Elle voulu courrir lorsque Blackwell se jeta sur elle et la pris dans ses bras. L'enfant se débattit, frappant et cherchant à mordre. Le collègue de Blackwell allait appeler les renforts présents dans la salle à côté lorsque son collègue lui ordonna de n'en rien faire. Si jamais leurs collègues s'en mêlaient alors la petite serait, au mieux, confiée aux services sociaux, et au pire elle pourrait devenir témoin ou même suspect dans ces crimes odieux qui venaient d'être commis. Ce n'était qu'une gosse bordel ! Une gosse dont le seul crime était d'avoir faim... Maugréant que cela leur apporterait des problèmes, l'officier fit contre mauvaise fortune bon coeur et accepta de suivre son collègue dans ce sauvetage inopiné.

Mais, plus courageux que téméraire, il refusa de s'investir plus que nécessaire dans cette aventure incongrue. Acceptant néanmoins de couvrir son collègue il lui dit qu'il ferait de son mieux pour empêcher les patrouilles de venir fourrer leur nez dans la cuisine. Blackwell le remercia. Son temps était dorénavant compté. Il aurait tout au plus un tout petit quart d'heure devant lui. Il devait agir et vite. Dans ses bras, curieusement, l'enfant ne bougeait plus. Alors qu'il reportait son regard sur elle, l'homme eut la surprise de découvrir son visage angélique. Pour la première fois il voyait distinctement cette peau de porcelaine que dissimulait une épaisse couche de crasse. Il découvrait ses grands yeux couleur saphir que bordaient une lourde frange de cils aussi blonds et dorés que ses longs cheveux blonds qui tombaient, épars, jusque dans le bas de son dos. Il pouvait voir cette bouche charnue trembler plus de peur que de colère à présent. Elle ne bougeait pas, ne parlait pas, se contentant de plonger son regard dans celui de cet homme qui ne savait pas que faire d'elle. Blackwell n'hésita pas longtemps, sa décision était prise. Il ne pouvait, ni encore moins ne voulait, abandonner cette gamine, la rendre à la rue et à une vie de faim et d'errance. Il allait la sauver, lui offrir une maison. Un foyer qui serait sien et où cette créature blessée pourrait panser ses plaies et aspirer à une vie meilleure. Il en ferait sa fille. Alerté par des voix qui se rapprochaient il serra un peu plus fort contre lui et il l'entraina dehors. Là, il la déposa à terre et lui murmura des mots rassurants. Il la supplia de ne pas bouger, de l'attendre. Il lui promit de revenir et de s'occuper d'elle. Il lui promit que jamais plus elle n'aurait à fuir, qu'avec lui elle ne manquerait jamais de rien. Lorsque, une heure plus tard, il revint Blackwell eut la surprise de découvrir que l'enfant l'avait écouté. Elle était assise sur les contenairs à poubelles et, dès qu'elle le vit, elle courut lui sauter au cou. Whisper venait, pour la première fois, d'accorder sa confiance à un être humain. L'enfant sauvage avait été touchée par cet homme , le premier qu'elle avait vu depuis longtemps, qui l'eut traitée comme un etre humain et non comme un animal. Aujourd'hui encore Whisper repense souvent à cet homme si bon qui avait, à sa façon, bien contribué à faire d'elle la femme qu'elle était devenue. Oh bien sur, la jeune femme savait que son protecteur n'aurait pas manqué de lui faire la leçon sur le mode de vie qu'elle avait embrassé. Il l'aurait sermoné mais Whisper demeurait persuadée qu'il l'aurait comprise. Après tout ne l'avait-il pas vue grandir ?

En effet Whisper n'avait plus jamais connu ni la faim, ni la peur. Blackwell avait tenu sa promesse. Depuis ce jour où il l'avait découverte, affollée et crasseuse, dans les cuisines de ce restaurant il avait veillé sur elle. Fils d'une famille influente et richissime de Gotham il n'avait eu aucun mal à faire jouer ses relations pour obtenir le droit d'adopter la petite. L'enfant lui fut donc confié et elle devint une enfant presque comme les autres. Presque ? Oui car les années de séquestration dont Whisper avait été victime avaient laissé des traces qui ne disparaitraient sans doutes jamais. La petite adorait ce père adoptif qui la couvrait tout autant de cadeaux que d'amour et elle ne ménageait pas ses efforts pour devenir cette petite fille moodèle qu'il aurait tant aimé qu'elle devienne. Mais Whisper ne parvenait que très difficilement à museler cette part d'animalité qui sommeillait en elle, attendant toujours le moment de s'éveiller. L'enfant avait vécu deux longues années livrées à elle-même dans les rues hostiles de Gotham. Elle avait affronté la précarité, la faim, le froid et la solitude. Elle avait appris à se débrouiller seule. Sans jamais se plaindre, sans jamais renoncer. Et, depuis ce jour où le serpent en elle s'était manifesté pour la première fois, elle s'était découverte très forte. Bien qu'elle ne comprit pas d'où cette force lui venait elle avait, la première surprise passée, appris à chérir cet animal qui faisait partie d'elle. Il était son moyen de se défendre contre tous ces rats, sur pattes ou sur deux jambes, qui n'avaient pas manqué de croiser sa route. Au départ le serpent ne s'éveillait que mû par la peur et la colère. Dès que l'enfant se sentait en danger alors l'animal prenait le dessus. Et, bien des fois, l'enfant s'était réveillée, nu et sans le moindre souvenir de ce qu'elle avait bien pu faire. Cela ne l'inquiétait pas le moins du monde car elle savait que, quoiqu'elle ait pu commettre comme crime s'était dans l'unique but de se protéger. D'ailleurs, lorsqu'elle avait commis son premier meurtre, c'était bien pour cela, non ? Le serpent était donc devenu comme un être à part entière pour elle. Il sommeillait en son sein et elle veillait jalousement sur lui. Pendant des mois l'enfant apprit à l'apprivoiser et à le maitriser et, lorsqu'elle rejoignit le foyer Blackwell elle savait déjà maitriser sa transformation totale, parvenant à déclencher celle-ci uniquement lorsqu'elle le souhaitait.

Jamais ce reptile ne la qittait, semblant même souvent prendre le dessus sur son côté humain. L'adolescente ne criait jamais, ne s'énervant que très rarement. Elle ne parlait toujours pas mais ses sifflements étaient bien plus éloquents que n'importe quels discours ! Lorsqu'elle était en colère, ses yeux se couvraient de paillettes dorées, et ses lèvres laissaient naitre un sifflement suraigü qui rappelait toujours à son père adoptif l'enfant sauvage qu'il avait trouvé. L'homme ne comprenait pas cette enfant qui, bien qu'élevée dans les meilleures conditions qui soient, s'obstinaient à adopter un comportement hostile et méfiant envers tous. Si Blackwell avait su s'attirer sa bienveillance et sa confiance, toute personne étrangère dérangeait l'enfant qui se montrait d'une agressivité incroyable. Même les parents de l'officier ne pouvaient approcher la petite sans que celle-ci ne s'énerve, ne siffle ou ne menace de les mordre. Une vraie petite sauvageonne ! A l'école ce n'était guère mieux : les professeurs s'accordaient tous pour dire que la jeune Whisperétait une jeune personne étonnemment brillante et ses notes étaient là pour en attester. Mais sa conduite, en revanche, laissait franchement à désirer. Scolarisée dans une école spécialisée en raison de son mutisme, elle refusait la compagnie des autres enfants, préférant s'isoler en permanence. Dans la cour elle était sujette à bien des moqueries de la part de ses semblables. Mais au lieu de pleurer ou de se plaindre, la jeune fille avait opté pour la voie de la violence et Blackwell ne comptait plus les fois où il avait du venir chercher sa fille, renvoyée après s'être battue. Sans compter son attitude à la cantine où on l'avait déjà punie plusieurs fois pour avoir frappé ses petits camarades afin de leur voler leur morceau de viande. Et si quelqu'un s'avisait de lui faire une réflexion alors l'enfant sifflaitt à en rendre sourds ou fous ceux qui l'entendaient et si on menaçait de la toucher, elle mordait et frappait. Whisper eut vite fait de se faire étiquetter comme une enfant ingérable et à problèmes.

Blackwell protégeait sa fille, refusant de la confier à un psychiatre ou à l'enfermer dans l'un de ces centres de rééducation qu'on lui conseillait. Il savait que l'enfermer ne pourrait qu'aggraver les choses. En effet, Whisper ne supportait pas l'enfermement. Lorsqu'il l'avait emmenée, la seule fois d'ailleurs, visiter le poste où il travaillait, la petite était devenue comme hystérique lorsqu'elle avait découvert les cellules. Se jetant sur les barreaux elle avait émit les pires des sifflements, tentant d'arracher les barreaux. Blackwell avait mis des heures à la calmer. Et lorsque, pour la punir, il l'avait enfermée dans sa chambre, l'enfant avait tout cassé dans celle-ci et avait manqué se défenestrer en tentant de fuir par la fenêtre. Blackwell n'avait plus jamais recommencé.

Il savait, plutôt il sentait que quelque chose était différent chez sa fille. Etre rebelle était l'une des prérogatives bien normales de l'adolescence mais, chez elle, il y avait autre chose. Tellement plus. La fille rejettait tout ordre, tout commandement, mais elle confondait aussi régulièrement le bien et le mal. Voler ne lui parraissait pas plus grave que cela et son père s'efforçait de mettre cela sur les années où elle avait vécue livrée à elle-même. Elle refusait de manger quoique ce soit hormis de la viande, toujours crue. Si l'homme avait le malheur de la faire cuire alors Whisper le dardait de son regard doré et balançait l'assiette à terre avant d'aller fouiller dans le frigidaire à la recherche d'un repas convenable. Cela aussi, Blackwell pouvait le justifier et l'expliquer. Mais cette violence dont elle ne se départissait jamais, cela demeurait pour lui un mystère. L'adolescente était cruelle, tuant sans la moindre hésitation les insectes et petits rongeurs qui osaient s'aventurer chez eux. Elle martyrisait ses camarades d'école et sa promptitude à mordre les invités devenait franchement problématique !

Et puis il y eut ce soir, le jour de son anniversaire. Ignorant tout de son âge réel, Blackwell avait décidé de fêter son anniversaire le jour où, des années plus tôt, il l'avait recueillie. Chaque année, à cette même date, il emmenait sa fille au restaurant puis à la réserve naturelle. Là, les animaux ne vivaient pas enfermés dans des cages mais en semi-liberté. Whisper était toujours heureuse lorsqu'elle allait là-bas. Elle adorait par dessus tout se rendre dans le gigantesque vivarium où reposaient toutes sortes de reptiles. Là, elle s'asseyait devant une grande vitre et pouvait passer des heures à admirer les serpents qui vivaient là. Curieusement ceux-ci venaient souvent onduler près de l'endroit où elle se trouvait, comme s'ils avaient pu sentir l'amour que leur portait la jeune fille. Blackwell ne comprenait pas la fascination de son enfants pour ces bêtes qu'il trouvait repoussantes. Mais, ce jour-là, alors qu'il emmenait Whisper fêter son seizième anniversaire, il allait découvrir la terrifiante vérité sur sa protégée. Tous deux avaient passé la journée à la réserve et venaient de diner dans leur restaurant préféré. La journée avait été délicieuse et whisper avait affiché un visage serein et souriant toute la journée. Elle ne parlait pas mais l'éclat de ses yeux de saphir le faisaient à sa place. Ils se dirigeaient vers la voiture lorsque deux hommes surgirent des ténèbres. Armés, ils menaçèrent le père et la fille, ordonnant qu'on leur remette argents, cartes de crédit et clés de voiture. Tandis que Blackwell s'interposait entre ces voyous et sa fille, il leur opposa qu'ils feraient mieux de partir, sortant sa carte de police pour achever de les convaincre. Hésitants, les agresseurs semblèrent hésiter puis l'un d'eux commit un geste qui allait lui être fatal. Résolu à faire taire ce "sale poulet" il brandit son arme et fit feu. La balle atteignit le policier en pleine poitrine et celui-ci s'écroula, blessé.

Alors qu'il régurgitait beaucoup de sang il assista à la scène qui suivit comme dans un rêve cotonneux. Plus inquiet pour sa fille que pour sa propre vie il s'était détourné vers elle. Et c'est là qu'il la vit. L'enfant ne tremblait pas, ne bougeait pas même. Puis alors que les deux hommes s'approchaient pour achever leur travail macabre, l'enfant afficha une étrange sérénité doublée d'un bien sibyllin sourire. Puis, au moment même où l'un des hommes se penchait pour l'agripper, l'enfant se métamorphosa. Le serpent reprit le dessus, plus véloce et déterminé que jamais. Devant la panique et l'incompréhension suscitées par son apparition, le reptile ne prit pas même le temps de faire sa parade destinée à mettre ses proies en garde. Le majestueux serpent fonça sur le premier des aggresseurs, et il se dressa jusqu'à pouvoir planter ses crocs dans la gorge de cet homme. La mort de celui-ci serait rapide et quasi indolore. Pour l'autre, en revanche, l'agonie serait longue et bien douloureuse. L'homme qui avait osé tirer sur le père de Whisper n'aurait droit à aucune clémence ni à aucune compassion. Le reptile ondula, sans même se presser, vers ce couard qui tenatit maintenant de fuir à toutes jambes. Mais le reptile fut plus rapide et il surgit devant l'homme, stupéfait. S'enroulant autour de sa jambe le serpent redoubla de violence dans ses morsures, en infligeant bien plus que nécessaires. Et lorsque l'homme s'écroula au sol, plus moribond que vivant, il était méconnaissable, enflé de partout suite aux multitudes de morsures dont il avat été victime. Certain que l'homme ne tarderait pas à mourir, le serpent revnt en ondulant, vers l'endroit où reposait Blacwell. Le pauvre avait appelé les secours mais ses forces s'amenuisaient et il savait qu'il allait périr lui aussi.

Le serpent vint se frotter contre lui, se lover contre ce torse d'humain. Lorsque Blackwell posa son regard sur l'animal, celui-ci avait déjà laissé la place à la jeune fille. L'adolescente ne pleurait pas mais son regard était voilé et ses gestes d'une douceur infinie. Elle aussi, savait. son père ne rentrerait pas à la maison ce soir. Son père ne rentrerait plus jamais. Elle aurait voulu parler mais elle n'y parvenait pas, comme si elle avait seulement oublié comment l'on faisait. Elle se lova contre son père et le caressa, le berça, lui prodiguant tout l'amour dont elle était capable. L'homme, lui, murmura à sa fille des mots qu'elle ne répéta jamais à personne. Des mots qu'elle n'oublierait amais et que, aujourd'hui encore, elle garde pour elle. Des mots d'un amour et d'une sagesse si profonde qu'elle en fut émue. Cet homme l'avait toujours aimée et protégée et, même aux portes de la mort, il pensait à elle. Il lui expliqua ce qu'elle devait faire : ne surtotu pas fuir, rester et attendre les secours. Puis il lui expliqua qu'elle devait se débarasser des deux corps et enfin ce qu'elle devrait dire aux collègues qui ne manqueraient pas de l'interroger. Elle ne devait surtout pas fuir sinon tout ce qu'ils avaient vécu ensemble n'auraient servi à rien. Elle était différente et peu de gens le comprendraient et l'accepteraient. Elle était spéciale mais elle n'était pas mauvaise, lui le savait. Elle ne devrait jamais parler de ce qui s'était passé ce soir-là. Elle ne devrait jamais révéler sa vraie nature. A personne ! Si elle parlait alors elle serait perdue. Puis il puisa dans ses dernières forces pour caresser le joli visage de sa fille et lui sourit. Whisper sourit aussi et, se penchant vers lui elle murmura au creux de son oreille :

" - Merci Papa. Je t'aime. "





Code par Tchoup



I'm on the Highway to Hell



Le soleil se levait sur la cité de Gotham baignant le ciel dans un océan de lumières rouges orangées. Peu à peu des silhouettes engoncées dans d'étroits costumes et autres tailleurs quittaient leurs demeures pour aller s'engouffrer dans de somptueuses berlines qui les mèneraient bientôt vers d' hideux buildings où il demeureraient enfermés toute la journée pour travailler. La monotonie de leur journée de labeur serait émaillée de brefs interludes pendant lesquels ils fumeraient rapidement une cigarette, avaleraient un café brulant ou se caleraient l'estomac avec un insipide et bien trop riche sandwich. Triste vie que les leurs ! Vraiment ! Si elle avait seulement eu un coeur ou une conscience la jeune fille aurait pu les plaindre. Ou pas d'ailleurs. Whisper se fichait comme de son premier meurtre de l'existence de ces fourmis et autres cloportes qui pullulaient dans la ville. Elle était tellement différente d'eux ! Elle leur était tellement supérieure !

Depuis la mort de son père adoptif, le si bon Jonathan Blackwell, il y a de cela un an, la "petite" avait été confiée à la garde de ses grands parents. Ceux-ci, bien que réticents à prendre en charge cette enfant sauvage et difficile, avaient fait contre mauvaise fortune bon coeur. Leur fils unique étant décédé dans d'horribles circonstances Whisper était la seule famille qui leur restait. Et, à ce titre, elle méritait rien de moins que le meilleur. L'adolescente avait été confiée aux meilleurs médecins aux quatre coins de la planète mais aucun n'avait su la tirer de ce mutisme dans lequel elle s'obstinait à vouloir demeurer cloîtrée. Les médecins en auraient avalé leur serment d'Hippocrate : rien ne pouvait expliquer ce pesant silence que la petite s'entêtait à opposer à toutes leurs questions ! Certes ses analyses sanguines et autres examens démontraient quelques anomalies -impossibles à expliquer d'ailleurs- mais rien ne permettait de justifier son mutisme...Si ce n'est sa propre volonté. Les grands parents Blackwell renoncèrent bien vite à la faire parler et préférèrent confier leur pupille à un précepteur privé qui leur enseigna, à tous, le langage des signes tout comme il prit en charge son éducation. Envoyer cette enfant rebelle étant tout bonnement impensable : ils avaient bien tenté mais chacune de leurs tentatives s'était révélée être un cuisant échec. Soit la jeune fille se faisait renvoyer pour problèmes de discipline soit s'étaient les Blackwell eux-mêmes qui l'en retiraient jugeant les cours dispensés indignes de leur statut.

Whisper, elle, s'acomôdait parfaitement de sa nouvelle existence. Suivre les cours l'amusaient et étanchait sa soif inextingible de savoir. Son précepteur était plutôt patient et doux avec elle et, après une période d'acclimatation plutôt houleuse, ces deux-là étaient même parvenus à construire une relation complice et amicale. La jeune fille, qui avait aujourd'hui seize ans, trouvait auprès de cet homme une écoute attentive et elle lui vouait une certaine confiance. Bien sûr celle-ci était toute relative, et il ne serait jamais venu à l'idée de l'héritière de lui confier son plus grand secret, mais elle aimait sa présence et sa compagnie au point d'avoir imposé aux Blackwell sa présence à demeure. Le précepteur, Aleksander Kinsky, s'était donc vu alloué une magnifique suite au sein du manoir Blackwell. Célibataire endurci, sans enfants, il n'avait pas tardé à devenir un membre à part entière de la famille. Whisper s'en réjouissait. De toutes façons elle n'aurait pas pu voir les choses autrement. Capricieuse, manipulatrice et des plus colériques, elle se faisait fort d'obtenir tout ce qu'elle voulait. Et si ses grand parents ne cédaient pas sur le champs à la moindre de ses requêtes alors la jeune fille leur faisait une telle vie qu'ils finissaient toujours par lui céder. Que n'auraient-ils pas fait pour cette enfant qui était l'unique personne leur rappelant leur cher fils disparu ! Whisper jouait sur leur corde sensible sans la moindre vergogne. Et cela fonctionnait à merveilles !

Aleksander était devenu le seul capable de parler à la jeune fille sans que, jamais, celle-ci ne s'offusque ou ne s'énerve. Quoiqu'il lui dise ou lui demande celle-ci obtempérait plus ou moins de bonne grâce. Il était un excellent précepteur et il était bien le seul à savoir imposer une forme, aussi minime soit-elle, d'autorité à l'ombrageuse demoiselle Blackwell. Cela lui avait valu la bienveillance des grands-parents même si la fière grand mère regardait d'un oeil soupçonneux cette connivence qui unissait ce jeune intriguant à sa petite fille. Plus d'une fois elle les avait surpris tendrement enlacés sous la pergola ou encore enfermés dans la chambre de l'héritière. Olivia ne supportait pas l'idée de voir Whisper s'amouracher d'un simple employé sans le sou et sans le moindre avenir ou ni la moindre ambition. Elle ne tolérerait jamais pareille mésalliance ! La décision fut donc prise de séparer et d'éloigner les jeunes gens. Ne pouvant renvoyer Aleksander sans prendre le risque de subir les foudres de leur petite fille -et les commérages du voisinage ! - ce fut donc Whisper qui fut envoyée à l'étranger. Soit disant pour l'aider à parfaire son éducation. Pendant les six mois qui suivirent, la jeune Blackwell découvrir donc le monde. L' Amérique d'abord puis l'Asie et enfin l'Europe. Et, notamment, la Russie.

Whisper se souvenait avec une tendresse infinie de ce séjour qui devait à tout jamais changer son existence. Cette visite sur les terres froides et étranges de la Sainte Russie s'annonçait des plus mornes et pénibles. Le serpent en elle grondait, détestant ces températures si basses qu'il sentait ses écailles se couvrir de givre : il voulait rentrer, et vite ! Whisper, elle aussi, s'ennuyait à mourir ! Coincée entre cette interprète qui l'endormait et ces deux tas de muscles sensés lui servir de gardes du corps les journées s'enchainaient, tristes et mortelles. Du moins jusqu'à un certain soir. Comme chaque soir, la jeune fille attendait que ses gardiens s'endorment avant de s'adonner à son plus grand jeu : leur fausser compagnie ! Et ce n'étaient pas ces quelques portes qui allaient la retenir ! Ayant appris à parfaitement maitriser ses transformations au point de pouvoir rendre celles-ci partielles ou totales, la jeune fille adorait se faufiler hors de la vue et de la surveillance de ses gardes chiourmes. Le serpent faisait son apparition et se glissait sous les portes du palace où ils étaient descendus jusqu'à rejoindre ce petit local désaffecté où Whisper avait pris soin de cacher des vêtements de rechange. Elle n'allait quand même pas se promener toute nue dans les rues !

Ce soir là était particulier pour elle. Il y avait deux jours de cela Aleksander lui avait écrit. Comme tous les jours d'ailleurs. Mais cette fois il lui avait annoncé qu'il avait obtenu la permission de prendre des vacances et qu'il s'envolait pour la Russie où il comptait bien venir la rejoindre. Whisper en avait éprouvé une certaine satisfaction : Aleksander présent ses soirées seraient sans doutes bien plus amusantes. Car, bien qu'étant un merveilleux précepteur doué pour l'instruire il était aussi un jeune homme plein de vie et qui n'était pas le dernier à faire des bêtises. Combien de fois Whisper et lui avaient-ils été boire jusqu'à en rouler sous les tables ? Combien de fois avaient-ils été jusqu'à voler des voitures pour se faire un rodéo sauvage dans les rues de Gotham ? Aleksander était la seule joie dans la vie de l'héritière et il lui tardait de retrouver son Roméo. Deux êtres au visages angéliques qui recelaient dans leurs poitrines les plus glacés des coeurs, nourrissaient les plus sombres des desseins. Pourtant ce que Whisper ignorait alors c'est qu'elle ne parviendrait jamais à ce rendez-vous. Et qu'elle ne reverrait pas son Aleksander avant de très longues années. Et, à ce moment là, elle n'aurait définitivement plus rien de la jeune fille qu'il avait connu et dont il était tombé amoureux malgré leur grande différence d'âge. Lorsque ces amants bien innocents se retrouveraient elle serait mariée et serait devenue l'une des plus dangereuses tueuses que Gotham ait connu. Lui ? Après avoir attendu et remué ciel et terre pour retrouver sa belle il aurait fini par se résigner et serait devenu un procureur réputé et incroyablement sévère envers ces criminels qu'il avait juré de tous faire tomber.

Mais, pour l'instant, Whisper s'impatientait de retrouver celui qu'elle considérait comme le partenaire idéal. Confortablement lovée sur la banquette arrière de ce taxi elle laissait ses prunelles azures glisser sur ces paysages froids et austères auxquels elle peinait à trouver le moindre charme. Le chauffeur de taxi, pensant sans doutes obtenir un meilleur pourboire s'il jouait les guides, s'épuisait à annônner des litanies vantant les beautés et les merveilles de son pays natal. Qu'il se taise à la fin ! Qu'il se taise et accélère ! La jeune fille se fichait comme de l'an quarante de tout ce babillage inutile et insipide. Tout ce qu'elle voulait c'était... Un choc si brutal que la jeune américaine se surprit à sursauter avant de littéralement valdinguer contre le pare brise avant du véhicule. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de reprendre son souffle le taxi se mit à tanguer sous de nouveaux chocs et il finit par effectuer le plus beau des tonneaux, se retrouvant maintenant sur le toit. La jeune fille, légèrement sonnée, avait tout juste eu le temps d'entendre le chauffeur crier avant de voir le visage de l'homme se glacer d'effroi. L'instant d'après des balles avaient fusé, fendant les airs avant de venir faire voler en éclats les vitres de la voiture. Le bruit des détonations, comme surgissant de nulle part, refusait de cesser, emplissant les airs d'une menace mortelle. Une masse visqueuse qui vint aterir sur sa joue. La main de la jeune fille qui se porte à sa joue et qui observe, interdite, le liquide visqueux et sanguinolent qui recouvre ses doigts. Un rapide coup d'oeil au chauffeur pour comprendre que c'est la cervelle de l'homme, ou du moins des fragments, qui suintent et rendent ses doigts poisseux. L'homme est tout ce qu'il y a de plus mort et, pour une fois, elle n'y est pour rien !

Whisper se ressaisit rapidement. Rampant de son mieux à l'intérieur de cet habitacle complètement sans dessus-dessous, elle tente de reprendre ses esprits. Cela ne tient pas du hasard ! Qui que fut ce maudit chauffeur il avait dû drôlement énerver quelqu'un pour qu'on vienne ainsi lui administrer la pire des sentences ! Et merde ! Dans quel guêpier était-elle allée se mettre ? Elle savait qu'il lui fallait fuir avant que les tueurs ne décident de la supprimer elle aussi. Loin de paniquer elle se disait qu'il lui suffirait de laisser le serpent reprendre le dessus et de, simplement, se faufiler hors du véhicule. Mais cela était visiblement plus simple à dire qu'à faire. Confinée dans cette prison de taule qui commençait, le comble, à prendre feu, la jeune fille paniquait. Elle pouvait encore affronter le feu mais se retrouver ainsi enfermée la privait de tous ses moyens et encore plus de sa raison ! Elle s'aperçut alors que du sang s'écoulait de son front pour venir rouler sur ses joues blanches avant de venir humidifier ses lèvres. Et en plus elle était blessée ? Génial ! Sifflant à tout va, ruant comme une belle furie, elle tentait maladroitement de dégager sa jambe coincée sous le siège du conducteur. Jolie et exquise petit Poupée désarticulée qui se retrouvait, une nouvelle fois, prisonnière d'un enfer de flammes. Elle y avait survécu une fois, il y avait de cela plus d'une décennie, elle survivrait aujourd'hui aussi !

Elle était sur le point de se calmer et d'entamer le processus de transformation lorsqu'une silhouette surgit de derrière le rideau de flammes. Un homme avait du vouloir venir s'assurer de la mort du chauffeur et il se tenait là, accroupi devant elle, la regardant d'un oeil aussi froid que placide. Fractions de secondes qui parurent des heures et pendant lesquelles les deux étrangers s'observèrent, silencieux. Puis, la jeune femme ne put retenir un mouvement de surprise et de recul lorsque l'inconnu tendit sa main vers elle. Ce geste, son défunt père l'avait déjà e pour elle des années plus tôt. Est-ce en souvenir de cela, ou pour d'autres raisons obscures, que la jeune fille se décida à saisir cette main tendue ? Aujourd'hui encore elle l'ignorait. Elle avait saisi cette main tendue et avait senti des bras forts et musclés la tirer de dessous ce siège où elle était coincée. L'inconnu, sans même se soucier du feu, l'avait sauvée. Pour mieux l'éliminer ensuite ? C'est du moins ce qu'avait pensée la jeune fille mais, à son grand étonnement, il n'en avait rien été. Une fois extirpés du véhicule en flammes, l'homme l'avait saisie et portée loin du taxi qui ne tarda pas à exploser, le feu ayant fait son chemin jusqu'au réservoir d'essence.

Là, et une fois hors de danger, il posa son paquet à terre sans grand ménagement. La jeune fille ne disait mot, se contentant de darder sur lui son regard étrangement doré. L'inconnu se redressa de toute sa stature et pointa sur elle le canon encore fumant d'un revolver. Sans même sourciller ni même ciller la jeune femme attendait. Elle hésitait : le serpent en elle lui hurlait de le laisser s'éveiller et de le laisser punir et éliminer cette menace. Mais, pour une fois, celle-ci le musela, refusant de l'écouter et encore plus de lui céder. S'il avait voulu se débarrasser d'elle alors il lui aurait suffit de la laisser bruler dans le véhicule. Et il ne l'avait pas fait. D'ailleurs il abaissait son bras, rengainant son arme. Puis, il s'accroupit et laissa sa main venir, avec une douceur surprenante, remettre en place les mèches de cheveux qui masquaient le visage de la jeune fille. Puis, lui adressant un sourire narquois et étrange, il se releva et lui tourna le dos. Il s'en allait déjà vers une voiture sportive garée quelques mètres plus loin. Sans même se retourner il lui dit dans un anglais patiné d'un fort accent russe :


- " Je ne tue pas les gosses... C'est ton jour de chance la môme ! Dégages et, un conseil : ferme la ! "

Puis il s'en était retourné à sa voiture comme si de rien n'était. Il allait l'abandonner là, au milieu d'une route déserte et reculée. Hors de question ! Ne réalisant pas vraiment qu'elle venait d'être épargnée par un tueur au coeur encore plus glacé que le sien, la demoiselle enrageait, fulminait. Sans même comprendre ce qui la motivait, elle se releva et se mit à courir derrière cet inconnu. Alors qu'il mettait le contact, alors que le moteur de son bolide commençait à vrombir, l'homme eut la surprise de voir la "môme" dans les phares de sa voiture. Pas le moins du monde effrayée, la gosse avançait, déterminée, vers lui. Etait-elle folle ou suicidaire celle-là ? Il fit rugir son moteur pensant que cela l'inciterait à s'écarter, il roula même en sa direction mais rien n'y fit. La Môme poursuivait son chemin, claudiquant avec sa jambe blessée. Intrigué et amusé, l'homme coupa les gaz. La fille en profita pour venir se camper devant lui, les mains fermement ancrées sur ce capot rutilant elle le tançait de son regard étonnement doré. Elle ne disait rien, se contentant de le regarder fixement, du défi et de l'arrogance plein les yeux. L'homme jeta un regard sur sa montre : le temps pressait maintenant. L'explosion du taxi n'avait pas du passer totalement inaperçue et les secours, tout comme ces abrutis de flics seraient bientôt dans le coin, c'était certain ! Il n'avait pas de temps à perdre avec une môme déjantée ! Bondissant hors de son véhicule il courut vers l'adolescente. L'agrippant fermement par les bras il l'arracha de sa voiture et la secoua violemment.

- " Non mais t'es givrée toi ou quoi ? Tu veux vraiment crever ? C'est ça que tu veux ? "
dit-il en braquant de nouveau son arme sur la tempe de la môme.

Celle-ci, sans le quitter des yeux, abaissa l'arme de l'inconnu. Soupirant longuement celui-ci dodelina un moment de la tête avant de rengainer une nouvelle fois son arme. Cette fille était sans nuls doutes folle à lier mais elle avait du cran, il devait lui reconnaitre cela ! Et il respectait la bravoure, même si celle-là frôlait la démence la plus pure ! Il avait des principes et il ne tuait pas les gamins et encore moins les gamines aussi jolies que celle-ci ! La jetant brutalement sur le côté de la route il rejoignit son véhicule et démarra. Quelqu'un finirait bien par la trouver et elle serait reconduite chez elle. Cette môme ne parlerait pas, il en avait la certitude. Il roulait, avait déjà parcouru quelques mètres lorsque, sans bien comprendre ce qu'il faisait, il enclencha la marche arrière. Revenu à la hauteur de l'endroit où était tombée la môme il ouvrit la portière et lui fit signe de monter. A sa plus grande surprise celle-ci obtempéra. Stupéfait autant par la réaction de la môme que par la sienne il demeura un moment silencieux avant de remettre les gaz et de filer sur le long ruban d'asphalte. La Môme ne bougeait pas, se contentant de sourire et de le regarder fixement. Cette fille était décidément bien peu banale ! Alors qu'ils s'éloignaient des lueurs de la ville pour aller se perdre dans les ténèbres de la banlieue, il s'entendit lui demander :


- " T'es timbrée ma belle, tu le sais ? Tu es folle à lier ! Tes parents ne t'ont jamais appris à ne pas suivre un inconnu ? Encore plus quand celui-ci se révèle avoir tué quelqu'un sous tes yeux ? .... Et je dois être encore plus fou que toi pour t'avoir épargnée et emmenée avec moi ! Tu sais qui je suis ? Bien sûr que non tu ne le sais pas ! Tu n'es même pas russe... Qu'est-ce qu'un tueur comme moi va bien pouvoir faire d'une môme comme toi ? J'en sais foutre rien ! Et j'ignore même jusqu'à ton nom tiens ! Tu....

- Je m'appelle Whisper. Et, tout comme toi, je sais tuer. "
l'interrompit-elle de sa voix cristalline.

Whisper Blackwell avait seize ans et elle roulait, tombeaux ouverts, vers l'inconnu.
Whisper avait seize ans et elle avait décidé de suivre un mystérieux tueur qui l'avait étrangement épargnée.
L'héritière des Blackwell avait seize ans et elle oubliait déjà sa famille adoptive, ses grands parents, son amoureux qui l'attendrait encore bien longtemps dans ce bar où elle ne viendrait jamais.
Elle avait seize ans et venait de décider d'écrire la toute nouvelle page d'un autre chapitre de sa vie.




Code par Tchoup




Till Death do Us Part



Le soleil s'était levé et il venait s'immiscer dans la tiède pénombre de cette alcôve où reposaient deux corps alanguis et tendrement enlacés. L'un des rais de lumière, plus mutin et joueur que les autres vint doucement se poser sur le corps féminin et lui prodigua les plus intangibles des caresses. Lentement il venait jouer dans sa chevelure dorée avant de glisser sur les traits fins de ce visage de porcelaine, en redessinant l'arcade haute et fière, descendant le long de ce petit nez droit et si fin, venant s'attarder sur ces pommettes hautes et rebondies. Puis il vint se coucher sur le lit de ces lèvres charnues et finement ourlées. Mais, alors qu'il allait reprendre sa route et venir glisser sur les courbes exquises de la jeune femme l'homme se mit à remuer, sortant de sa torpeur. Laissant ses mains fines venir tenter, si vainement, de remettre de l'ordre dans son opulente chevelure brune, l'homme s'étira avant de sortir, le plus doucement possible de leur couche nuptiale. Comme par réflexe il inspecta rapidement les armes qui reposaient là où d'autres auraient laissé leur paquet de cigarettes et leur tube de somnifères, sur leurs tables de nuit. Ceci fait, il s'assit de nouveau et se tourna vers la jeune femme encore endormie. Passant tendrement sa main dans la longue chevelure de celle-ci il ne put retenir un sourire amusé lorsqu'elle se mit à siffler doucement dans son sommeil. Même Whisper endormie le serpent qui l'habitait veillait toujours, lui.

Arès alla se caler dans un large fauteuil faisant face à la vitre de cette luxueuse chambre où ils avaient jeté leurs valises il y avait de cela une semaine maintenant. Laissant son regard sombre errer par dessus la surface de verre de leur chambre le jeune homme ne put s'empêcher de repenser à tout ce qu'il s'était passé dans sa vie, dans leurs vies à tous les deux, pendant ces quatre dernières années. Ce torrent de souvenirs le ramena, bien évidemment, à cette nuit sombre où il pensait simplement exécuter son contrat et rentrer tranquillement chez lui. Mais rien ne s'était passé comme prévu : le chauffeur, un sale indic, avait bel et bien péri dans un malencontreux accident. Mais Arès avait hérité, lui, d'une Môme plutôt embarrassante. Aujourd'hui encore il peinait à comprendre quelles étaient la raison qui avaient bien pu le pousser à l'épargner et, pire encore, à la ramener chez lui. La pitié lui était inconnue et la compassion n'était pas l'une de ses qualités premières. Sans doutes l'audace et le courage de la gamine y avaient-ils été pour beaucoup. C'était la première fois que le tueur à la solde de la Mafia Russe rencontrait un être qui, tout comme lui, ne craignait pas la mort. Pire, cette gamine avait semblé fascinée par la grande faucheuse. Elle l'avait vu achever cet homme sans même ciller et lorsqu'il lui avait laissé le choix de s'enfuir elle avait tout bonnement refusé. Elle était même montée lorsqu'il était revenu la chercher. Pourquoi ? Arès l'ignorait encore.

Les premiers temps de leur étrange cohabitation avaient été des plus mouvementés. Lui qui pensait avoir à faire à une folle échappée d'un asile psychiatrique avait vite été rappelé à l'ordre par les médias. En effet, dès le lendemain la presse russe diffusait la photo de sa captive volontaire. Whisper Blackwell. Très loin d'être folle, la gamine se trouvait être l'unique héritière d'une richissime famille venant d'une cité paumée des Etats Unis nommée Gotham City. Le journal télévisé expliquait qu'elle avait été recueillie et adoptée par un flic, Jonathan Blackwell, alors qu'elle n'avait pas plus d'une dizaine d'années. Son histoire relevait du conte de fées ! Cette fille, toujours d'après les médias, aurait grandie dans la rue et en aurait conservé des graves séquelles telles qu'un mutisme, et une capacité limitée à se sociabiliser. Très fragile et dépendante, finissait par conclure les médias, la jeune fille était activement recherchée par la police et ses grands parents qui offraient une forte récompense à toute personne susceptible de les aider à la retrouver. Arès n'oublierait jamais le regard étrangement sombre que la Môme avait eu en entendant cela. Elle avait émis une sorte de sifflement, si strident qu'elle avait bien manqué le rendre sourd ! Puis elle était restée plantée là à attendre. Pour une fois silencieuse ses prunelles bleues pailletées d'or parlaient pour elle semblant interroger le tueur : allait-il la ramener et empocher la récompense promise ? Non, il ne l'avait pas fait. La récompense était tentante mais quelque chose avait retenu le tueur. Quitte à s'embarrasser d'une Môme un peu déjantée autant le faire jusqu'au bout non ? Et puis cette gamine n'était pas ordinaire, il le pressentait. Sa fougue, sa verve et son effronterie n'étaient pas sans lui rappeler son propre caractère. Et, même s'il s'en défendait encore cette Môme lui plaisait bien.

Arès Nemirowski dut cependant affronter bien des tempêtes pour pouvoir garder auprès de lui cette enfant capricieuse et qui, très loin d'être muette, était loin d'avoir sa langue dans sa poche ! Curieuse et avide de tout savoir, de tout découvrir et de tout comprendre il avait bien failli s'étrangler lorsqu'elle lui avait demandé, de but en blanc, ce que cela faisait de bosser pour la mafia. Comment ? Whisper était tout sauf stupide et elle avait bien remarqué le manège de son nouveau tuteur malgré lui : des coups de fils en pleine nuit, des hommes étranges qui surgissent, toujours à l'improviste, et repartent aussi vite qu'ils sont venus. Après leur départ toujours les mêmes enveloppes posées sur la table du salon : une contenant des liasses de billets et, l'autre, des listes avec des noms et des adresses. Le lendemain la télé annonçait la mort d'untel. Et Whisper avait eut vite fait de faire la relation. Comprenant qu'il n'aurait servi à rien de lui cacher une vérité que la Môme finirait tôt ou tard par découvrir, le tueur s'était donc appliqué à lui expliquer ce qu'était sa vie : d'où il venait, pourquoi et comment il avait rejoint la Mafia russe, et ce qu'il faisait pour elle. Whisper écouta, attentive et suspendue à ses lèvres, le récit du jeune homme. Puis lorsque celui-ci eut fini, elle acquiesça d'un signe de tête : tout cela serait leur secret. Elle comprenait et apprenait très vite. Bientôt elle comprit que sa présence dans la vie d'Arès, était perçue comme un signe de faiblesse par ses patrons. Des fois son protecteur rentrant énervé et agacé par sa présence, maudissant le jour où il l'avait ramassée dans le caniveau. La jeune fille argumentait un moment puis, se renfermant dans son silence, elle allait s'isoler et nettoyait des heures durant les armes de son compagnon. Celui-ci lui avait montré une fois comment procéder et la jeune femme n'avait jamais oublié, retenant sa leçon bien mieux qu'il ne l'aurait cru !

Un jour un homme vint chez eux. Il s'agissait d'un flic. Il connaissait parfaitement l'identité secrète d'Arès et rêvait de le faire tomber. Mais jusqu'à présent jamais il n'avait pu réunir la moindre preuve ni trouver le moindre témoin permettant de l'incriminer. Mais là, il tenait quelque chose et il le savait. Les rumeurs allaient bon train concernant une gamine américaine qu'il retiendrait captive. Et cette gamine ressemblerait fort à celle recherchée par les autorités américaines ! Un mandat international avait été délivré et l'officier, accompagné de quelques collègues, venait donc perquisitionner les lieux. Arès était fait, pris au piège de sa propre folie. Nerveux il n'eut pas d'autres choix que de faire entrer les policiers. La main sur son arme il s'apprêtait à tirer lorsque, à sa plus grande stupéfaction, un gigantesque serpent gris apparut. Semblant jaillir de nulle part, le reptile persifflait à tout vents, dressant sa tête aplatie devant les officiers médusés. Les crochets de l'animal luisaient, plus menaçants que jamais. Pourtant il n'attaqua pas, laissant les flics inspecter la maison de fond en comble. Pendant qu'ils fouillaient, retournant tout à la recherche d'une gamine qu'ils ne trouvèrent jamais, le serpent attendait patiemment, lové contre la jambe du tueur, aussi ébahi, stupéfait que muet et dubitatif : depuis quand avait-il un tel reptile chez lui ? Alors que les officiers repartaient, la queue entre les jambes, bredouilles et de fort mauvaise humeur, le serpent semblait les narguer de son regard doré. A peine les policiers étaient-ils remontés dans leurs véhicules que le serpent ondula vers la chambre de la gamine, se retournant plusieurs fois comme pour inviter Arès à le suivre. Hésitant mais bien trop intrigué pour avoir peur, le tueur s'exécuta. Puis, lorsqu'il eut pénétré dans la pièce, il assista à un spectacle qu'il n'aurait jamais seulement cru possible : là, sous ses yeux médusés, il vit le serpent se recroqueviller sur lui-même. Puis, en quelques fractions de secondes, le reptile avait disparu dans un bouillonnement d'écailles et de chair pour laisser la place à la silhouette gracile, et totalement dénudée, de la Môme. Celle-ci le regardait d'un air amusé et attendri. Elle porta son doigt a ses lèvres puis, se relevant dans un éclat de rire cristallin, elle s'avança lentement vers lui. Arrivée à sa hauteur elle se lova tout contre lui et se hissant sur la pointe des pieds pour atteindre le creux de son oreille, elle lu murmura d'une voix doucereuse :


" - Je connais ton secret et, maintenant, tu connais le mien. "

Arès avait mis des jours avant d'assimiler cette bien surprenante révélation. Cette enfant qui était recherchée par tous les médias étaient peut-être une riche héritière mais elle était très loin d'être aussi inoffensive et fragile qu'on le prétendait. Elle était même bien sulfureuse la Môme ! Pas froid aux yeux la Môme ! Non seulement elle n'avait pas paniqué devant l'arrivée des policiers mais elle avait eu la présence d'esprit de planquer toutes les armes et autres preuves qui eurent pu le confondre. Puis elle s'était transformée et avait fait son petit numéro. Très impressionnant, Arès devait bien l'avouer. Et cette arrogance dont elle ne se départissait jamais... Cette effronterie qui la poussait à, sans cesse, s'investir un peu plus dans la vie du tueur. Au départ elle se contentait de préparer les armes pour lui. Puis il lui avait cédé et avait accepté de l'emmener avec elle. Elle l'aidait à se fondre dans la foule, jouant une compagne ou une amoureuse. Elle faisait aussi les réservations de chambre d'hôtel pour lui, les repérages, le guet. Puis cela ne lui avait plus suffit. La Môme grandissait et elle voulait plus. Après bien des éclats de voix, bien des disputes, Arès finit par se rendre à l'évidence : la Môme avait raison. Sous sa forme animale elle pouvait atteindre des endroits qui lui étaient inaccessibles, à lui. Elle pouvait aussi, en tant que magnifique jeune femme belle à damner un saint, envoûter bien des hommes et les mener, pareils à des agneaux, vers l'abattoir où Arès leur assénait la sentence mortelle. Quand elle ne l'assénait pas elle même ! Arès avait surgit plusieurs fois dans la chambre d'hôtel, pensant trouver une proie à éliminer et il n'avait trouvé qu'un cadavre. Le serpent l'avait devancé. Whisper tentait alors de se justifier, prétendant -et cela était plausible- que l'homme avait voulu la mettre dans son lit et qu'elle avait agi pour se défendre. Le tuer l'avait crue. Même s'il se doutait que sa protégée en avait retiré bien du plaisir.

Cela faisait maintenant deux ans que ces deux-là partageaient leur vie. Et les choses avaient bien évoluées. Whisper avait grandie et elle n'était plus du tout une enfant. Ses courbes délicieuses avaient gagné en générosité et elle était à présent une magnifique jeune femme. Les hommes se retournaient souvent sur son passage et, bien qu'il s'en défende, cela avait le don de prodigieusement agacer le tueur. Ils ne pouvaient pas mater ailleurs, non ? Maugréant entre ses dents il avait demandé à Whisper, carrément ordonné même, qu'elle cesse d'allumer ainsi tous les mâles du coin. Se cachant derrière le faux prétexte selon lequel à trop s'exposer quelqu'un allait bien finir par reconnaître en elle l'héritière américaine disparue. Whisper le rembarrait vertement, arguant qu'il y avait bien longtemps que la presse était passée à autre chose et que nombres de faits divers avaient remplacé celui de sa disparition. De plus elle s'étonnait de l'attitude de son partenaire : après tout cela ne semblait pas le gêner plus que cela lorsqu'il s'agissait de l'envoyer, telle une vulgaire, catin, séduire et rabattre des proies. C'en était trop pour Arès qui envoya une gifle magistrale à la Môme qui, sous la surprise, ne put prévenir l'attaque et alla valdinguer à l'autre bout de la pièce. Stupéfaite et crachant à tout va, elle fulminait. Une violente dispute éclata, orageuse et aussi violente que virulente. Les noms d'oiseaux et les insultes fusèrent. Les coups étaient échangés sans que ni l'un ni l'autre ne cherchent à retenir sa colère. Puis, comme lassée, Whisper attrapa son blouson et partit en claquant violemment la porte derrière elle.

Arès, bien trop orgueilleux, ne chercha pas à la retenir ni même à aller la chercher. Ce ne fut qu'après une longue semaine pendant laquelle il ne reçut pas la moindre nouvelle qu'il se lança à sa recherche. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Il ne se le pardonnerait jamais. Elle était capable de se défendre voyons ! Oui mais ... Les idées contradictoires et confuses se bousculaient dans sa tête et le jeune homme s'en voulait presque de céder devant les caprices de cette sale gamine. Où était-elle passée bon sang ! Il l'avait cherché dans toute la ville, demandé à tous ses indics, explorer tous les hôtels et bas fonds où ils avaient l'habitude de trainer ensemble... rien. Et si elle avait décidé de partir pour ne plus jamais revenir ? Si elle avait décidé de rentrer chez elle ? Arès fulminait. Il allait rentrer chez lui, penaud et bredouille une fois de plus, lorsqu'il aperçut, garée à seulement quelques mètres de lui, la Dodge Viper de la jeune femme. Se secouant il allait faire demi-tour lorsque, prit d'un doute, il alla quand même vérifier. La couleur était la bonne et il n'y avait que Whisper pour oser ôter ses plaques d'immatriculations pour les remplacer par des plaques où se dessinait un immense Mamba Noir ! C'était bien elle ! Mais que faisait-elle dans ce rad minable ? Et si... Entrant comme un tourbillon dans le bar il scanna toute la clientèle, la découvrant assise à une table en fort galante compagnie. Deux hommes l'encadraient et ne cessaient de l'abreuver de discours doucereux tandis que leurs sales mains glissaient partout sur le corps de sa partenaire. Son sang ne faisant qu'un tour il repoussa le serveur qui venait à sa rencontre pour avancer, d'un pas décidé, vers la table où Whisper se comportait comme la pire des garces. Sans le moindre ménagement il écarta violemment l'un des hommes puis agrippa la jeune femme par le bras. Il la ramenait à la maison. Chez eux. Mais la jeune femme ne semblait pas l'entendre de cette oreille et la dispute reprit là où ils l'avaient laissée des jours auparavant. Les reproches et les questions fusaient devant des hommes un peu surpris par l'intrusion de ce malotru. L'un d'eux allait s'interposer lorsque Arès, guère d"humeur à faire le moindre compromis, l'envoya valser d'un direct du gauche. Trop occupé à se débarrasser du premier homme il ne vit pas le second s'approcher, doucement, et lui sauter dessus, cherchant visiblement à l'étrangler. Whisper n'hésita pas une seule seconde venant prendre part à la mêlée. Se jetant sur l'agresseur d'Arès, elle lui asséna un crochet avant de s'attaquer à son cou où elle planta ses crochets violemment. L'homme hurlant, lâcha son emprise et Arès put enfin respirer. Alors que le premier homme se releva, Arès dégaina son arme et tint l'assemblée en joue. Le spectacle était fini. Echevelé il tendit sa main à la jeune femme qui, après quelques secondes d'hésitations seulement, la saisit. Elle saisit l'arme qu'elle avait dans son sac et, joignant ses menaces à celles de son compagnon, elle se dirigea vers la sortie. Une fois dehors, les deux âmes damnées explosèrent de rire et tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Alors qu'ils se regardaient, se découvrant une tendresse dont ils se pensaient incapables, Arès murmura ces mots qu'elle n'oublierait jamais :


- " Tu es la reine des emmerdeuses ! Tu es chiante et la pire des casse-couilles que j'ai jamais rencontrée ! Mais je ne peux pas vivre sans toi... T'es une emmerdeuse de première mais je t'aime. Veux-tu devenir ma femme ? Je ne te promets pas le meilleur mais je te garantis le pire... Tentée ? "





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Dernière édition par Whisper Nemirowsky le Jeu 6 Sep - 13:07, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 10:35


I'm just a jealoous man


Alors qu'ils roulaient, bien lentement cette fois-ci, vers leur Destin, la jeune femme laissa son regard errer vers cet homme qui était, depuis deux ans presque jour pour jour, devenu son époux. Les cheveux toujours en bataille, un air d'éternel adolescent mutin et rebelle... La jeune femme esquissa, bien malgré elle, un bien tendre sourire. Il était très loin de tous les poncifs et autres clichés du Prince Charmant. Il ne possédait qu'une bien maigre fortune amassée sur les corps et les vies de ces êtres qu'il tuait sans la moindre pitié ou compassion. Le seul château qu'il possédait était cette voiture vrombissante qu'il refusait d'envoyer à la casse. Et son royaume changeait au gré de ces contrats que ses parrains de la Mafia Russe lui assignaient. Quant à son caractère, le jeune homme était aussi ombrageux et taciturne que possible ! Non, décidément, Arès Nemirowski était très loin d'incarner le gendre idéal. Ce fut pourtant sans la moindre hésitation que la jeune femme lui avait dit "oui" lorsqu'il lui avait proposé d'unir sa vie à la sienne. Il était l'homme parfait à ses yeux, celui dont elle n'aurait même jamais osé rêver. Il alternait les éclats de violence comme les accès de tendresse, il était brillant même s'il adorait passer pour plus sot qu'il ne le serait jamais. Et il savait la pondérer comme jamais personne ne l'avait su auparavant. C'est aussi lui qui, judicieusement, lui avait trouvé son nom de code : "Black Mamba". Alias derrière lequel la jeune femme avait, depuis deux ans déjà, su se cacher et se faire accepter par le monde du crime. Nul ne savait qui se cachait derrière ce pseudonyme, les rares ayant jamais eu la malchance de la voir ayant payé ce privilège de leur vie. Arès et Whisper ne laissant jamais aucun témoin derrière eux. C'était là leur première et unique règle. La seule à laquelle uls ne dérogeaient jamais.

Depuis presque un an maintenant Whisper avait acquis une relative indépendance. Sous l'égide et les encouragements de son mari et partenaire, elle avait commencé à travailler aussi en solo. Prenant certains des contrats du jeune tueur. Ces tentatives ayant été des francs succès la jeune femme avait donc prit son envol. Et, semaines après semaines, mois après mois, contrats après contrats, elle avait réussi à établir sa notoriété et sa réputation. "Black Mamba" était devenu une figure incontournable du monde du crime en Europe. Les truands et autres mafieux la contactaient par le biais d'intermédiaires qui ne l'avaient même jamais vue eux non plus. Si la somme lui paraissait correcte et si les conditions lui paraissaient intéressantes -autrement dit si la jeune femme pensait pouvoir s'amuser un peu- alors, et alors seulement "Black Mamba" acceptait le contrat. Et alors plus rien ne pourrait l'arrêter. Pas question de prise de conscience subite ou de regrets ni de scrupules ! On ne revenait jamais sur un ordre lancé ! Et tant pis si on lui reprochait ses méthodes peu conventionnelles. Elle s'en fichait éperdument. Oui, elle aimait théâtraliser ses expéditions punitives et rien ne l'amusait plus que se jeter sur la presse le lendemain de son forfait pour voir la presse narrer ses exploits. Et gare à ceux qui osaient critiquer ces méthodes, la traitant d'assassin couard ou brouillon. Arès avait bien tenté de la raisonner mais en vain : les journalistes ayant osé douter de la puissance de "Black Mamba" avaient tous péri dans de bien étranges circonstances digne du "Mystère de la Chambre Jaune". Après avoir reçu des lettres de menaces de mort de la part du mystérieux "Black Mamba", les plus avisés s'étaient entourés d'un service de protection rapprochée. Leurs maisons étaient filmées, cadenassées de l'intérieur avec un homme armé jusque devant la porte de leur chambre. Mais aucune de ces précautions n'avait été suffisantes et "Black Mamba" leur avait asséné son baiser mortel. Ne laissant derrière lui ni empreinte ni aucune trace ADN ou autres fibres pouvant permettre de lancer les enquêteurs sur une piste. Whisper le savait : personne ne chercherait jamais à incriminer un serpent. D'ailleurs difficile d'imaginer qu'un assassin ait pu ramper dans les canalisations et surprendre ses victimes là où elles s'y attendaient le moins : dans leur bain ! Non, Whisper ne craignait rien ni personne. Elle était devenue une tueuse aguerrie capable de tuer aussi bien à mains nues qu'à l'aide d'armes à feu ou armes blanches. Son arme préférée, elle même bien sur ! La partie reptilienne endormie en son sein était la plus efficace des armes et elle ne cessait de s'en réjouir. Si un jour elle arrivait d'où cela lui venait peut-être songerait-elle à l'en remercier ? A moins qu'elle ne décide de lui montrer toute l'étendue des capacités du monstre qu'elle était devenue ? Plus probable en effet...

Bien qu'ils n'aient jamais abordé le sujet de son enfance, Arès savait que cette période trouble continuait de la hanter. Combien de fois s'éveillait-elle en pleine nuit, en sueurs et hurlant ? Et d'où lui venait cette phobie des portes closes et des barreaux ? La simple idée de pouvoir se retrouver enfermée était la seule chose qui pouvait la faire paniquer au point de lui faire perdre tous ses moyens. Et, dans ces moments-là même lui peinait à la raisonner. Qu'avait-elle donc pu vivre pour trainer derrière elle pareil traumatisme ? Il l'ignorait mais un nouvel évènement n'allait pas tarder à lui apporter un début de réponse. En effet, ces dernières semaines Whisper s'état montrée particulièrement sombre. Elle refusait tout contrat, restant obstinément enfermée dans cette chambre qu'elle refusait de quitter malgré les suppliques de son époux. Inquiet, celui-ci avait fini par sortir de ses gonds et par la bousculer. Pour toute réaction la jeune naïade blonde lui avait tendu un papier. Une simple coupure de presse sur lesquelles étaient annoncé le décès des Blackwell dans un terrible accident d'avion. Les corps avaient été rapatriés aux Etats Unis et ils seraient inhumés à Gotham City la semaine suivante. Les avocats de la famille tentaient désespérément de joindre leur petite fille, Whisper Blackwell, héritière dont ils n'avaient plus eu de nouvelles depuis sa disparition en Russie. C'était il y avait quatre ans. Quatre ans seulement. Quatre ans déjà ? Arès avait été étonné par les sentiments ambigus dont sa compagne avait fait preuves devant cette nouvelle. Elle s'agitait, refusant d'admettre que cela la touchait en quoique ce soit. Puis, l'nstant d'après elle fondait en larmes en disant que tout cela était sa faute, que les vieux étaient morts alors qu'ils se rendaient en Russie pour la rechercher. Puis elle se levait brusquement, comme s'extirpant de sa douleur et allait se défouler en vider un chargeur sur des cibles installées au sous-sol. Décontenancé par cette attitude plus qu'inatendue chez Whisper le jeune Nemirowski mit plusieurs jours avant de réaliser que sa femme voulait assister aux funérailles de la seule famille qui l'ait jamais accueillie. Elle voulait sortir de l'ombre et rejoindre sa ville natale pour leur rendre un dernier hommage. Mais il savait aussi que ce retour aux sources effrayait sa femme. Jamais auparavant n'avait-elle manifesté le moindre désir de repartir à la conquête de son passé. Jamais même n'avait-elle tenu le moindre propos sur Gotham City... sauf pour émettre les pires critiques sur cette ville où, d'après elle, elle refuserait de remettre le pied un jour.

Pourtant, aujourd'hui, le couple roulait en direction de ce cimetière où les grands parents de Whisper avaient été enterrés la veille. Là-bas les avocats de la famille les y rejoindraient. Ainsi qu'un certain Aleksander Kinsky que le fringuant, et très ombrageux, monsieur Nemirowski piaffait d'impatience de rencontrer. Rencontrer le premier amour de celle qui était à présent sa femme avait de quoi le faire sourire ! Surtout lorsque l'on savait que ce "charmant prétendant" était devenu procureur ! Whisper aurait souhaité être présente aux funérailles mais le couple avait du mettre toutes ses affaires en ordre avant de prendre l'avion et de s'envoler pour l'Amérique. Sans compter cette histoire abracadabrante qu'ils avaient à peine eu le temps de mettre en place avant de contacter les avocats de la famille Blackwell. Histoire des plus saugrenues selon laquelle la jeune fille avait fugué puis avait été victime d'un accident qui l'avait rendue amnésique des mois durant. Puis elle avait entamé une longue convalescence durant laquelle elle avait rencontré Arès, qui par la magie de leurs imaginations était devenu un très respectable homme d'affaires spécialisé dans l'achat et la revente d'oeuvres d'art. A leur plus grande surprise les avocats avaient cru à leur mensonge et, une fois toutes les vérifications possibles et imaginables faites, ils avaient officiellement déclarée la jeune Whisper Blackwell retrouvée. Ce jour-là c'était sous son nom de femme mariée qu'elle s'apprêtait à venir affronter son passé... et, accessoirement, prendre possession de son impressionnant héritage.

Loin de s'émouvoir de se retrouver à la tête d'une telle fortune, la jeune femme semblait des plus nerveuses. L'entretien avec les avocats de la famille ne fut constitué que de brèves échanges de banalités et de politesse d'usage pendant lesquelles des condoléances furent présentées à la jeune demoiselle. La confrontation avec son ancien prétendant fut, elle, bien plus épique. On en peut plus chaleureux avec Whisper, qu'il n'avait visiblement jamais oubliée, le procureur Kinsky se montra d'une froideur redoutable envers Arès. Loin de s'en offusquer celui-ci s'en amusa plutôt, narguant ostensiblement l'amoureux éconduit en redoublant de gestes tendres et affectueux envers sa femme. Celle-ci ne chercha pas le moins du monde à l'arrêter trouvant même cette confrontation des plus drôles. Pourtant ils auraient dû se méfier et ne pas sous-estimer la rancoeur et la jalousie de cet homme de loi. Sitôt rentré à son bureau Kinsky s'empressa de faire des recherches sur si arrogant Arès Nemirowski. Et ce qu'il découvrit alors fit naitre dans ses yeux une étincelle de cruauté. Ainsi l'homme avait menti. Loin d'être l'homme d'affaires respectueux qu'il avait prétendu être il était, en Russie, soupçonné d'être un tueur à gages au service de la Mafia locale. Mais personne n'avait jamais pu trouver la moindre preuve contre lui. Peu importait : lui, Kinsky, ferait plonger cet homme et l'enverrait croupir derrière des barreaux. Ainsi la voie menant au lit et à la fortune de la fort jolie Whisper serait libre. Il suffisait au procureur d'attendre. Bientôt son heure arriverait. Un homme tel que Nemirowski ne tiendrait pas longtemps en place, cela était certain. Les tentations pour le faire replonger étaient nombreuses à Gotham City et, un jour, Nemirowski y succomberait. C'était écrit. Il fallait juste patienter. Tout finissait par arriver à celui qui savait attendre. Kinsky en était persuadé.

Et, en effet, l'occasion idéale n'allait pas tarder à se présenter. Mal à l'aise dans son nouveau statut d'héritière et de femme du monde, Whisper ressemblait à un poisson rouge qui tournait en rond dans son bocal. Impatiente, tout sauf désireuse de se comporter de la façon qu'on attendait d'elle, la jeune femme s'ennuyait. Chaque jour elle suppliait Arès de partir, de retourner à leur vie d'avant. Rien de bon ne les attendait ici, elle le pressentait. S'ils demeuraient, alors ils causeraient leur perte, Whisper le savait. Mais Arès la désarmait toujours, répliquant qu'elle avait tort de s'inquiéter. La vie leur offrait une magnifique opportunité de concilier leur vie de tueurs à une autre, bien séduisante, de mondains. Arès aimait cette lumière qui demeurait braquée sur eux. Il aimait les attentions dont on les couvrait sitôt qu'on s'apecevait qu'ils étaient ceux qui avaient hérité de l'immense fortune Blackwell. Et puis, même s'il avait voulu tourner le dos à cette vie de confort et de paillettes, il n'en aurait pas eu la possibilité. Ses patrons ne l'avaient autorisé à rejoindre l'Amérique qu'à la condition expresse qu'il continue de les servir. Et, étant homme de parole, Arès comptait bien faire son travail. Il était venu nettoyer certains quartiers, un peu trop infestés de rats aux dents longues et qui gênaient les intérêts de sa famille. Le tueur à gages avait donc promis de se débarrasser de ces parasites afin de faciliter l'arrivée d'autres mafieux. Whisper avait tenté de l'en dissuader, affirmant et répétant sans cesse que ce contrat était celui de trop. Qu'elle ne le sentait pas ! Que quelque chose clochait. Mais Arès avait balayé toutes les remarques de sa femme et s'était mis en devoir de remplir sa mission.

Au début tout se passait pour le mieux. Les cadavres s'entassaient sans que personne n'ait l'ombre d'un doute concernant Nemirowsky. Et puis surgirent sur sa liste le nom d'un couple d'habitants de Gotham. Des rats qui vendaient tout et n'importe quoi à quiconque avait les moyens de payer. La rumeur courrait qu'ils avaient même été jusqu'à vendre leur propre enfant pour de l'argent ! Arès se réjouissait déjà de mettre un terme à l'existence de ces deux pourris lorsque Whisper tomba en arrêt devant la feuille où étaient inscrits leurs noms. Lorsqu'il vit sa femme pâlir au point de devenir blême, Arès comprit que quelque chose n'allait pas. Jamais encore il n'avait vu son épouse se mettre dans un tel état d'énervement. Rien, aucune parole, aucun geste aussi tendre soit-il ne parvint à la calmer. Et, pire que tout, sa femme s'obstinait à ne rien vouloir lui dire. Eux qui s'étaient toujours tout confiés se retrouvaient pour la première fois, séparés par un silence des plus pesant. Whisper n'ouvrit plus la bouche pendant plusieurs jours, murée dans un mutisme que son mari ne comprenait pas et duquel il ne parvenait pas à la faire sortir. Puis, un soir, alors qu'il se préparait à partir éliminer ce couple de parasites, Whisper sortit enfin de sa réserve. Après lui avoir servit un verre de leur vodka préférée elle se mit à lui raconter la cause de son trouble. Ce couple de "rats" étaient ses parents. Elle avait tout oublié d'eux mais lorsque leur nom lui était apparu, lorsqu'elle avait entendu Arès lui compter à quel point ces gens étaient dénués de tous scrupules, alors elle avait su. C'était eux. Ces pourris qui avaient osé la vendre à des étrangers, la condamnant ainsi à des années de privations et de brimades. Ces pourris à cause desquels elle avait connu la peur, le froid, la faim et la douleur. Ces pourris qui avaient fait de son existence un enfer ! Elle parlait mais déjà la tête de l'homme de main de la Mafia commençait à tourner, sa vue se troublait et ses membres s'engourdissaient. Comprenant trop tard que sa femme l'avait drogué il s'évanouit avant même d'avoir pu sentir se poser sur ses lèvres cet ultime baiser. Whisper ne laisserait à personne le droit de mettre à mort ceux qu'elle considérait comme ses bourreaux à elle. S'ils devaient mourir alors cela serait de sa main à elle ! A elle et à elle seule !

Lorsque Arès reprit connaissance la nuit était tombée depuis longtemps et sa femme s'était envolée. Prenant soin d'emmener avec elle toute sa panoplie du parfait petit tueur russe. Encore titubant il courut se plonger la tête sous le robinet d'eau glacée de la cuisine. Puis, un peu remis de ses émotions, il courut jusqu'à sa voiture. Il conduisait à tombeaux ouverts, se moquant bien des feux et autres priorités qu'ils grillait sans même s'en soucier. Il roulait retrouver sa femme avant qu'elle ne commette la pire des erreurs. Elle ne pouvait pas tuer ses parents. Non pas qu'il eut vraiment voulu l'en empêcher mais elle était bien trop impliquée pour le faire proprement. Elle était emplie de rancoeur et de haine. Elle ne se maitrisait plus. Elle allait commettre des erreurs, il en était persuadé ! Il devait la retrouver, la rattraper et l'empêcher de faire cette bêtise. Il tuerait ses parents. Ils les dépècerait même si seulement elle le lui demandait. Il ferait tout pour elle, ne l'avait-elle donc pas encore compris ? Pourquoi n'avait-elle pas eu suffisamment confiance en lui pour lui avouer, dès le départ, la vérité ? Il aurait pu l'aider ! Mais là... Il roulait à si vive allure maintenant, le coeur serré et en proie à un terrible pressentiment. Alors qu'il arrivait devant le domicile des parents de sa femme il entendit des hurlements plaintifs déchirer l'air. Puis les détonations. D'autres cris. Déjà il sautait hors de sa voiture et se précipitait en direction du porche de la maison lorsque la voix d'un homme, menaçante et grondante, se fit entendre. Une bagarre. Il accéléra le pas, allongeant sa foulée au maximum. Déjà les marches du perron se dessinaient devant lui. Il y était presque. La voix de Whisper qui s'élève alors, hurlant de douleur. Il devenait fou. Il gravit la volée de marches qui le menaient à la porte d'entrée mais, au moment même où il s'apprêtait à l'ouvrir, une autre détonation claqua, sèche et abrupte. Puis un souffle violent le projeta à terre. Arès Nemirowsky perdit connaissance.

Lorsqu'il revint à lui des officiers de police pesaient sur lui et l'entouraient de toutes parts. Les lumières aveuglantes de leurs voiture l'aveuglaient et il lui fallut quelques secondes pour réaliser ce qu'il lui arrivait. Alors qu'on lui lisait ses droits il s'entendit hurler lorsqu'il vit passer sous ses yeux hagards ces trois charriots sur lesquels reposaient trois corps atrocement carbonisés. Trois corps... Les parents de sa femme et... Non, cela ne se pouvait pas ! Hurlant à plein poumons le jeune tueur s'enfonça ensuite dans un profond mutisme dont il refusa même de sortir lors de son procès. Ce jour là Arès Nemirowsky plaida coupable pour le triple meurtre qui lui était reproché. On l'accusa aussi d'avoir fait disparaitre sa femme, Whisper, afin de toucher son héritage. Arès ne chercha pas à se défendre. Il plaida coupable et fut envoyé derrière les barreaux. Dans la salle, Aleksander Kinsy savourait son amère victoire : il avait réussi a envoyer ce tueur fou à l'ombre. Mais, dans le combat, il pensait y avoir perdu l'amour de sa vie, Whisper Blackwell. Celle-ci ayant disparue, les policiers étaient tous convaincus que Nemirowsky l'avait assassinée, elle aussi. appât du gain, accès de jalousie ? Peu importait à Kinsky. L'essentiel était de faire payer ce pourri et c'était chose faite. Ce salopard de Nemirowsky n'était pas prêt de revoir la lumière du jour !







Code par Tchoup




Live and let Die !!!




Un voile de ténèbres s'était abattu sur elle au moment même où elle voyait son ultime balle venir percuter, puis pénétrer, la vieille chaudière de cette maison du malheur. son géniteur était presque parvenu à la décontenancer, manquant même de la faire échouer. Mais son implacable détermination avait repris le dessus à l'instant même où ce fou avait dévié le canon de l'arme de la jeune femme, condamnant par là son épouse à mourir en premier. Whisper était restée un instant immobile, aussi stupéfaite que consternée. Comment un être humain pouvait-il faire preuve d'autant de lâcheté et de cruauté ? Bien décidée à l'empêcher de nuire de la plus radicale des façons, la tueuse s'était alors retournée vers lui, le canon encore fumants, les yeux plus dorés et menaçant que jamais. Chacune des fibres de son être réclamâit vengeance, le serpent s'agitait, hurlant qu'elle le laisse se dresser pour punir celui qui lui avait fait tant de mal. Mais Whisper n'eut pas le temps de laisser son alter égo apparaitre, l'homme qui n'avait plus rien à perdre, se jetant sur elle. Une roulade et une empoignade violente s'en suivirent. La lutte aurait pu être plus longue mais le Destin, décidément bien facétieux, devait en décider autrement. La balle avait sifflé dans l'air. Puis un tout petit, si infime, choc métallique. Une odeur de gaz qui précède celle, bien plus alarmante du feu qui rugit, affamé. Le souffle de l'explosion qui avait tout ravagé sur son chemin, enlaçant de son étreinte destructrice les corps de ses parents n'en laissant que des os carbonisés sur lesquels pendouillaient des masses gluantes de chairs et de sang rubicond. Whisper, elle, n'avait du sa survie qu'aux réflexes du Mamba qui avait subitement pris le dessus, lui permettant d'échapper au souffle du dieu des flammes. Le serpent avait ondulé, se pressant pour rejoindre la sortie. elle y avait laissé quelques écailles mais elle s'en était sortie. Lorsqu'elle avait retrouvé sa forme humaine ce fut pour découvrir, horrifiée, le spectacle de ces policiers en uniformes qui se précipitaient pour arrêter et menotter son époux. Arès ! Non ! Whisper voulut hurler mais sa gorge était asséchée par les fumées inhalées et ses cris demeurèrent muets. Elle se précipita mais chuta. Sa jambe... Celle-ci la lançait la faisant horriblement souffrir. Non ! Ne l'emmenez pas ! Le ballet de ces charriots mortuaires qui défilaient sous les yeux de son amour, lui arrachant un hurlement. Trois corps venaient d'être retrouvés. Trois ? Whisper se souvint avec horreur de la supplique de cette femme qu'elle avait jadis appelée "maman"... Celle-ci l'avait suppliée de les épargner eux et... leur enfant ? Quelle enfant ? Whisper avait-elle eu une soeur ? Si c'était vrai alors celle-ci avait péri dans la tornade vengeresse de la jeune naîade blonde et meurtrière.

Whisper avait obtenu sa vengeance... Mais que le prix à payer avait été lourd ! Bien trop lourd pour elle... Tuer ses parents étaient une chose... Tuer un autre être, innocent lui, en était une autre. Mais la jeune femme se consolait en se disant que cet enfant n'avait rien d'innocent ! Cette créature avait vécu, protégée et peut-être même aimée par ces géniteurs qui l'avaient si bien haïe, elle. Cette enfant, quelle qu'elle soit, avait payé pour eux. Simple dommage collatéral... Rien de plus. Mais l'arrestation d'Arès, elle, n'aurait pas du se produire ! Jamais ! Elle pensait avoir pris toutes ses précautions. Arès devait dormir et se réveiller uniquement lorsqu'elle aurait accompli son méfait ! Il n'était pas supposé venir à sa recherche ! Non ! Pas cela... Pitié... Si ce dieu que tant de gens louaient existait alors qu'il entende sa prière teintée de rage et qu'il vienne à son aide ! Mais les cieux étaient restés sourds aux suppliques de cette enfant impie. Et Whisper n'avait jamais su si tout cela était du à une erreur de sa part ou si cela état encore un coup tordu du Destin. Arès avait été arrêté et chargé d'un triple meurtre. dont le sien. La presse regorgeaient de papiers sinistres dans lesquels son mari était dépeint comme un homme aussi sinistre que sombre, un vulgaire assassin à la solde d'une Mafia Russe inconséquente. Un homme cruel qui n'avait pas hésité à tuer de sang froid deux inconnus et sa femme. On l'accusait de tous les maux, de tous les vices. Cloitrée dans cette petite maison de banlieue qui lui servait de refuge, la jeune femme enrageait, fulminait. Elle ne pouvait pas laisser dire cela ! Arès ne lui aurait jamais fait le moindre mal et encore moins pour de l'argent ! Bande d'abrutis de journalistes qui faisaient leurs choux gras d'après de vulgaires racontards, construisant une fable bien noire qui ne manquerait pas de desservir son cher Arès lors du procès qui avançait à grand pas. Si elle ne refaisait pas surface, et très vite, alors son mari écoperait de la pire des sentences.

La jeune femme avait été blessée durant sa fuite et force lui avait été faite de garder le lit pendant presque deux semaines. Veillée et gardée par un ami russe que lui avait présenté Arès, c'est à cet homme qu'elle du de recouvrir aussi vite la santé. Ancien médecin ayant du fuir la Russie suite à un problème de malversations financière l'homme avait pu rejoindre les Etats Unis grâce à la Mafia qu'il avait grassement payée pour cela. Arès avait été son contact et l'homme lui en avait gardé une reconnaissance éternelle. Lorsque le couple avait croisé son chemin dans les rues de Gotham ils avaient gardé contact. C'est vers lui que, tout naturellement, la jeune femme s'était tournée par cette maudite nuit où sa vie avait pris le plus sombre des tournants. L'homme l'avait recueillie, fulminante et blessée. Son discours était incompréhensible, sa voix tremblait autant à cause de l'émotion qui la submergeait qu'à cause de la fièvre qui la tenaillait. La forçant à se calmer et à accepter cette piqure qu'il lui proposait il avait ensuite pris soin d'elle. L'homme avait pansé ses plaies et soigné ses brulures, toutes ces petites plaies qui ne seraient bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Mais, pour ce bleu à l'âme dans lequel se morfondait sa patiente le vieux médecin ne pouvait rien faire. Il ne voulait pas lui répondre lorsqu'elle demandait des nouvelles de son mari. Il avait même refusé de lui montrer les articles le concernant. Mais la jeune femme était aussi impétueuse que têtue et le docteur avait fini par céder. Sa patiente s'était alors mise dans tous ses états, bouillonnant, hurlant qu'elle voulait se lever, aller dire à la police que tout cela était faux. Whisper voulait se dénoncer. Le médecin, franchement étonné par autant d'amour, usa de toute sa force de persuasion pour la dissuader de faire pareille sottise. Se dénoncer ne servirait à rien. Arès était recherché par toutes les polices possibles et imaginables et même si les charges pesant contre lui à Gotham étaient abandonnées alors il serait confié aux services de l'émigration qui le mettraient dans le premier avion en direction de Moscou. Et, là-bas, la sentence qui l'attendrait serait pire encore ! Arès serait emprisonné en Russie et Whisper, elle, croupirait derrière des barreaux sur un autre continent ! Mais la jeune femme demeurait sourde à tous ces arguments, s'extirpant de sa couche pour se saisir de ses vêtements. Sa décision était prise : Arès ne payerait pas pour des crimes dont elle était la seule responsable ! Point final !

Puis elle se souvenait d'avoir suspendu brutalement ses gestes lorsque le médecin avait abatu son ultime carte. Les mots de l'homme claquèrent dans ses oreilles, résonnant de la plus singulière des façons dans son esprit. Un enfant ? Quel enfant ? Ayant trop peur de saisir les propos à peine voilés de l'homme elle fit volte-face et le regarda, stupéfaite. Le vieux médecin lui sourit, venant lentement à sa rencontre et, se saisissant de la main de la jeune femme il la reconduit jusqu'à son lit. Une fois qu'elle y eut prit place il posa doucement la main de sa patiente sur son ventre encore bien plat. La vie bouillonnait déjà en elle. Cet amour fou qu'Arès et elle se portaient avait germé et de ce fruit voluptueux naitrait, dans quelque mois un petit être. Whisper était enceinte et, pour la toute première fois de son existence, elle ne savait plus que faire ou dire. Cette situation était aussi inattendue que bouleversante. Un enfant ? Bien sur li et elle en avaient déjà parlé mais cela avait toujours été fait sur le ton de la plaisanterie et du rêve lointain. Avec leurs vies l'un comme l'autre savait que devenir parents n'était pas fait pour eux. Quelle vie pourraient-ils donc offrir à un enfant ? Tous deux refusaient d'imposer à un enfant innocent leur vie faite de cavales, de sang et de mort. Non...Cela n'était pas pour eux. Pourtant, aujourd'hui, Whisper était enceinte et elle allait devoir apprendre à composer avec.

Le doc avait raison, elle ne pouvait pas se dénoncer. Sa vie, sans Arès, lui importait bien peu mais il lui état impossible d'imaginer mettre au monde leur enfant dans l'univers sombre d'une prison. L'enfant aurait fini par lui être enlevé pour être confié à une famille adoptive. Et ni son père ni elle ne le reverrait jamais ! Cette simple idée la révulsait et, malgré son désir ardent de sauver son mari, la jeune tueuse en repos forcé, accepta de garder le silence. Pourtant elle refusait de garder pour elle ce bien lourd secret. Elle parvint à convaincre le médecin de rendre visite à Arès en prison et de lui remettre cette lettre qu'elle s'empressa d'écrire pour lui. Dedans elle lui parlait, lui ouvrait son coeur, lui expliquant sa détresse de le voir ainsi menotté et bientôt jugé et condamné. Elle lui parlait de cet amour qu'elle ne pensait jamais connaitre jusqu'à ce qu'elle le rencontre, lui. Elle écrivait, pendant de longues pages, combien leur couple lui importait, combien il était devenu, au fil du temps, le centre de son univers. Oasis de tendresse et de douceur dans une vie qu'elle avait voulue de sang et de violence. Whisper lui confiait aussi sa peur de devenir mère, ses doutes quant à sa capacité à assumer ce rôle qu'elle ne pensait pas tenir un jour. Elle finissait en lui répétant, encore une fois, à quel point elle l'aimait et lui jurait de l'attendre, de tout faire pour écourter son séjour en prison. Elle lui promettait un amour éternel. Elle lui promettait aussi de veiller et de prendre soin de leur enfant.

Le médecin tint sa promesse et tenta de visiter le futur père qui s'ignorait. Mais le procureur Kinsky avait personnellement veillé sur ce dossier qui lui tenait à coeur. Et il avait privé le détenu de toutes visites, le jetant au fond d'un quartier de Haute sécurité dont il espérait bien ne jamais le voir sortir ! Dépité, le médecin insista pourtant pour qu'on remette au détenu cette lettre. On lui répondit que cela sera fait. Peut-être que si le médecin avait su ce qu'il adviendrait de sa lettre, peut-être alors qu'il aurait préféré remettre cette lettre à l'avocat du jeune Nemirowsky. La lettre fut apportée au procureur Kinsky qui l'ouvrit et la parcourut rapidement. Au fur et à mesure que ses prunelles bleues glissaient sur le papier, découvrant les mots d'amour que son auteure y avait inscrits sa bouche se crispait en un rictus des plus sadiques. Ainsi la belle Whisper était toujours en vie... Et elle était tellement aveuglée par un amour des plus déments qu'elle alait jusqu'à s'accuser des meurtres commis par son époux... Foutaises que cela ! Jamais la Whisper qu'il avait connue et aimée n'aurait pu commettre pareille folie ! Pourquoi l'aurait-elle fait d'ailleurs ? Cela n'avait aucun sens. Refusant d'accepter qu'il ne connaissait pas cette femme aussi bien qu'il le prétendait, refutant tous les arguments avancés par sa propre conscience qui l'avertissait de sa méprise, Kinsky manqua même de s'étrangler de rage lorsqu'il apprit la grossesse de son amour perdu. Whisper était vivante et elle portait l'enfant de ce tueur russe ! Froissant violemment il jeta cette missive au seul endroit possible : la poubelle. Arès Nemirowski ne sut jamais ce que sa femme, tellement amoureuse, avait voulu lui confier afin d'adoucir sa détention. Et, pendant qu'il tentait de survivre à l'ombre des barreaux de la prison, Kinsky, lui, fomentait sa vengeance. Si Whisper était vivante alors il la retrouverait et, d'une façon ou d'une autre, il la contraindrait à s'unir à lui. Après tout ne détenait-il pas la meilleure des cartes dans son jeu ? Arès Nemirowski était prisonnier et, en tant que procureur, Kinsky pouvait adoucir ou au contraire rendre plus pénible encore une détention qu'il se ferait un malin plaisir de faire durer éternellement si la jeune femme se refusait à lui.

Whisper Nemirowsky, toujours sous la bienveillante protection du vieux docteur, accoucha quelques mois plus tard d'un adorable petit garçon. Jamais la jeune femme ne s'était attendue à éprouver pareilles émotions. Lorsque son enfant paru, lorsqu'elle l'entendit pousser son premier cri... Son coeur se mit à battre si fort qu'elle eut l'impression qu'il allait exploser. Son être tout entier se mettait à vibrer d'une douceur et d'un amour qu'elle ne pensait pas même possible. La tueuse en elle s'était endormie depuis des mois et, devant la grâce de cet enfant, menaçait de doucement s'effacer. Mais la réalité eut tôt fait de ratrapper la jeune mère. Elever un enfant n'est jamais chose aisée, mais lorsqu'il s'agit de l'élever seule et sans argent cela devient presque terrifiant. Pendant des mois Whisper avait vécue grace à la générosité de son bienfaiteur mais elle ne pouvait compter sur lui éternellement. Un jour ou l'autre le voisinage commencerait à se poser des questions. Surtout que les autopsies des cadavres du triple meurtre avaient été publiées au tribunal. Le troisieme corps avait été identifié : c'était la fille de ses parents, sa soeur qu'elle avait condamnée à mort sans même l'avoir jamais connue. La jeune femme se demandait si, du fond de sa cellule, Arès avait au moins pu savoir cela. Aucune nouvelle ne lui était parvenu depuis cette lettre qu'elle pensé lui être parvenue. L'avait-il seulement eue ? Whisper en doutait sérieusement, si son mari avait eu ses écrits alors elle était certaine qu'il aurait tout fait pour la contacter. Mais rien ! Pas un mot, pas une lettre, pas un signe de sa part. Tremblant qu'il ait pu l'oublier, la jeune mère s'était consolée en couvrant d'amour ce bébé qui leur ressemblait déjà tellement. Cet enfant qu'il lui fallait à présent prendre en charge et protéger. Protéger contre la Mafia Russe qui ne verrait certainement pas d'un très bon oeil que l'un de leurs meilleurs tueurs ait été envoyé derrière les barreaux pour sauver sa femme. Protéger aussi des anciens et futurs clients de la tueuse : être en couple était déjà une faiblesse avec laquelle il lui avait fallu composer mais un enfant... Un enfant serait la pire des prises sur elle. Quiconque trouverait son fils aurait alors tous les pouvoirs sur elle. Whisper le savait : son enfant était en danger. Et, même si cela lui arrachait le coeur elle allait devoir s'en séparer. Le confier à un être de confiance et reprendre sa vie d'errance, plus solitaire que jamais. Le médecin russe était le seul à pouvoir remplir cette tâche ardue. Il était agé mais pas assez vieux pour ne pas pouvoir s'occuper d'un enfant. L'homme tenta vainement de convaincre la jolie jeune femme qu'il y avait surement d'autres possibilités. Mais il avait fini par se rallier à elle : Whisper n'avait pas le choix. La Mafia pullulait dans les rues de Gotham, Kinsky avait lancé de très actives recherches pour la retrouver -il semblait maintenant convaincu qu'elle était en vie- ... Whisper devait à nouveau fuir.

La mort dans l'âme et le coeur bien lourd, la jeune femme partit un beau matin. elle avait tout juste vingt et un ans, et elle s'apprêtait à se jeter dans ce tourbillon de la vie qui ne l'avait jamais épargnée. Elle avait songé à s'éloigner de Gotham mais un être bien mystérieux était venu lui offrir une offre qu'elle ne pouvait refuser. Cet homme, sorte de terroriste illuminé d'après ses sources, se prénommait Bane. Après quelques recherches plus approfondies la jeune femme découvrit que ses sources ne se méprenaient guère. Bane était un dément qui ne voulait rien d'autre que l'anéantissement de la ville de Gotham et de ses habitants. Etrange désir que la jeune femme ne comprenait pas et ne partageait évidemment pas. Hors de question pour elle de faire sauter la ville où son mari et son fils se trouvaient ! Elle aurait pu décliner l'offre et s'en retourner à une vie d'errance. Mais cela aurait été accepter de s'éloigner des deux seuls êtres qui faisaient encore d'elle un être humain. Sans Arès et sans son fils Whisper n'était plus qu'une implacable machine à tuer suicidaire et proche de basculer dans la plus pure des démences meurtrières. Et puis si elle parvenait suffisamment de ce terroriste, de ce Bane, peut-être parviendrait-elle à le dissuader de mettre ses plans à exécution.

L'homme en question était à la tête d'une organisation criminelle de renom. Leurs actions, toujours plus violentes les unes que les autres, faisaient beaucoup de bruit et l'homme s'était attiré les foudres d'un bien curieux adversaire. Une sorte de justicier masqué qui se faisait appeler Batman. La jeune femme avait déjà souvent entendu parler de lui. Nul ne connaissait l'identité de ce justicier comme surgit de nulle part mais tous connaissaient sa redoutable efficacité. Sous ce qu'il convient de nommer son règne, les criminels pâlissaient et finissaient tous par mourir, finir a l'asile d'Arkham ou par croupir au fin fond d'une prison d'état. Redoutable justicier en effet ! On le disait invincible et Whisper elle même avait redouté de jamais lui être opposée. Bane, lui-même, ne manquait pas de crier sa haine contre cet homme. La verve du terroriste était telle que la jeune femme en était restée interdite et plus que dubitative. Pareille haine conduirait un jour ou l'autre le terroriste a commettre un faux pas. Peut-être même cette haine viscérale le vouerait-il à une chute des plus abruptes. Mais, pour l'instant, l'homme était encore pleine possession de ses moyens. Il avait pris soin de se renseigner sur sa petite personne et il avait amassé une somme impressionnante d'informations. Il n'ignorait rien de son enfance faite d'errance et jalonnée de malheurs dignes d'un livre de Victor Hugo. Plus étonnant encore il avait appris son mariage avec l'un des membres de l'élite des tueurs de la Mafia Russe. Cela l'avait apparemment dérangé et il avait hésité à la contacter. Mais les exploits de "Black Mamba" avaient largement plaidé pour elle. La jeune femme était réputée pour être une tueuse froide, cruelle et terriblement efficace. La jeune femme sourit lorsqu'elle entendit son futur employeur énumérer toutes les rumeurs la concernant : elle était tantôt un homme, tantôt un fantôme, ou bien certains la décrivaient même comme un animal monstrueux... Ne pouvant retenir un furieux éclat de rire devant cette dernière affirmation, la jeune femme provoqua le courroux de Bane. Manquant qu'elle lui manquait de respect le terroriste s'apprêtait à la châtier comme il se devait lorsqu'elle se décida à lui montrer ce dont elle était réellement capable. Se métamorphosant sous ses yeux ébahis, la jeune femme accorda ses plus mortelles attaques aux trois hommes chargés de la sécurité de Bane. Puis, reprenant forme humaine, elle alla ramasser ses vêtements. Sans même se soucier du regard de l'homme qu'elle sentait glisser sur sa peau dénudée, elle le regarda droit dans les yeux, comme pour le défier. Maintenant qu'il connaissait la vérité qu'allait-il faire ?

Cela faisait maintenant près de sept longues années que la jeune femme travaillait pour Bane. Sept interminables années pendant lesquelles elle s'était éreintée à gagner sa confiance. Et ceci n'avait pas été chose aisée. Cent fois il lui avait fallu faire ses preuves. Cent fois elle avait du prouver sa loyauté et sa dévotion à cet homme qu'elle considérait pourtant avec une pointe de tendresse. Certes il était d'une rigueur excessive qui ne lui pouvait lui plaire à elle qui était si éprise de liberté et d'indépendance. Certes aussi il était des plus borderline et il oscillait entre des crises de démence pendant lesquelles il jurait la perte de Gotham et la mort de Batman et des crises où il semblait plus lucide et presque normal. Mais, si au départ elle avait eu énormément de mal à se plier aux exigences de son employeur, elle avait fini par en tirer une certaine satisfaction. Déjà Bane la payait plutôt bien et ces sommes gagnées à la sueur de son front , et au prix de quelques vies ôtées sans même la moindre comparaison, Whisper avait trouvé la meilleur des façons de les employer à très bon escient. Dès que son métier lui en laissait l'occasion alors Whisper fuyait sa vie de violence pour s'en aller rejoindre ce secret sur lequel elle veillait jalousement et dont elle ne comptait surtout pas parler à Bane. Elle avait quitté, laissé son enfant pour que celui-ci puisse grandir et vivre le plus normalement possible. Elle avait étouffer ses pleurs, refoulé ses larmes lorsque le moment était arrivé de le laisser à l'homme qu'elle avait choisi pour devenir son tuteur. Mais, dès qu'elle le pouvait, Whisper courait retrouver son fils. Se fichant bien d'être reconnue, elle filait à tombeaux ouverts pour rejoindre le fils d'Arès. Et, à chaque fois que l'enfant et la mère se retrouvaient, c'était le coeur brisé et les jambes chancelantes que la jeune femme voyait le spectre de son époux lui sourire au travers de son fils. L'enfant grandissait et croissait aussi bien en taille qu'en beauté particulière. Parfait et si subtil mélange de ses deux parents le petit garçon avait la peau diaphane et la finesse des traits de celle-ci. Sur son visage d'ange étincelaient deux prunelles bleutées où miroitaient déjà d'étranges reflets d'or. Une sombre chevelure, rétive à tout peigne, et un sourire aussi charmeur que narquois flottait en permanence sur ses lèvres enfantines. La beauté de sa mère conjuguée à l'insolence et à la rebellion de son père... Whisper n'en revenait toujours pas d'avoir pu donner le jour à pareille merveille.

Mais ces entrevues avec son enfant étaient toujours bien trop courtes à son goût et les séparations étaient toujours de douloureux moments où la jeune femme devait faire preuve de fermeté. Ne pas céder. Ne pas se laisser attendrir par les pleurs et les cris de son enfant. Il était encore trop tôt. Tellement trop tôt. Le jour viendrait où tous seraient réunis : l'enfant, Arès, et elle. Le jour viendrait où ils formeraient enfin une vraie famille. Du moins de ce qui s'en rapprocherait le plus. whisper se l'était juré. Mais, en attendant, elle roulait en direction de l'aéroport. Là, un jet l'attendait déjà. Des hommes en costumes sombres étaient déjà. Figures taillées dans le marbre le plus dur et le plus froid. Tueurs pas des plus malins mais efficaces qui seraient chargés de l'accompagner durant cette mission qui s'annonçait déjà bien pénible. Bane ayant la fâcheuse habitude d'enlever des gens aussi souvent qu'il en tuait d'autres, le hasard avait voulu qu'il enlève un chercheur. Un scientifique émérite qui se trouvait être l'un des jouets d'une organisation mafieuse. Lorsque la jeune femme avait découvert qu'il s'agissait de la même Mafia Russe à laquelle appartenait son époux elle avait grimacé. Peu désireuse de se retrouver confrontée à ces hommes qui ne la portaient pas vraiment dans leurs coeurs de givre, surtout depuis la condamnation d'Arès, elle avait tout tenté pour échapper à cette obligation. Mais Bane ne l'entendait pas du tout de cette oreille : Whisper lui devait obéissance ! Et si le mal lui en prenait de vouloir se soustraire à son autorité alors elle en assumerait les fatales conséquences. La jeune femme, pas le moins du monde effrayée, avait été contrainte d'accepter. Elle ne pouvait pas prendre le risque de perdre sa place ! Depuis le temps qu'elle oeuvrait pour Bane, le terroriste avait fini par reconnaitre sa valeur et elle avait fini par devenir sa tueuse attitrée, la seule en qui il ait la plus totale des confiances. Mais celle-ci n'en était pas pour autant aveugle et Whisper savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur.

Arrivée au lieu de rendez-vous la jeune femme était déjà de bien méchante humeur. Dans l'avion ses gardes du corps lui avaient révélé cette dernière surprise que lui avait concoctée Bane. Et celle-ci était très loin de la ravir. Whisper allait devoir travailler en équipe cette fois-ci. Bah voyons... Elle fulminait littéralement ! Bane savait qu'elle était une solitaire, qu'elle ne permettait à personne de venir se mêler de ses histoires et encore moins de venir la surveiller pendant une opération ! Il la prenait pour une débutante ou quoi ? La jeune femme avait passé le reste du voyage à jurer, proférant les pires des menaces contre ce pseudo tireur d'élite que les russes lui envoyaient. Charmante attention de leur part ! Il était clair que ce type, quel qu'il soit était envoyé pour la surveiller ! La Mafia et Bane se portant une confiance autant mesurée que relative, ils avaient décidé d'envoyer chacun leur meilleur élément pour cette mission. Deux tueurs pour une seule cible ? La jeune femme avait beau retourner le problèmes sous tous les angles elle en revenait toujours à la même conclusion : cela en faisait toujours un de trop ! Et elle ne parlait assurément pas d'elle ! Qui que soit cet homme elle profiterait de la première occasion pour s'en débarrasser. Hésitant encore entre le livrer -le plus involontairement du monde bien sur- à la police ou le tuer le choix de la demoiselle n'était pas encore fixe. Sa décision serait prise en temps et en heure.

Mais, comme toujours dans sa vie, rien ne ce passa comme elle l'aurait souaité. Dès leur arrivée le tueur russe, visiblement susceptible, avait décidé de se débarrasser des autres porte- flingues qui l'accompagnaient. Tout cela pour quelques malheureuses et bien stupides réflexions sur son physique de bellâtre. Whisper se souvenait d'avoir soupiré avant de laisser ses prunelles dorées venir se perdre dans l'océan du regard de son binome. Puis, abaissant légèrement ses lunettes de soleil elle avait vertement ordonné au russe de nettoyer le beau merdier qu'il venait de susciter. Tant de munitions gâchées pour se rendre intéressant était juste stupide ! La jeune femme ne put s'empêcher de penser que cela commençait décidément bien mal. Et la suite ne fut guère meilleure. Nemo, puisque ce tueur avait eu le bon goût de porter le nom d'un sale poisson de dessin animé, ne lui laissa aucun répit. Horripilant, agaçant et franchement imbuvable, le russe n'avait eu de cesse de la chercher. Et de la trouver. Whisper n'était pourtant pas femme à sortir de ses gonds mais ce type semblait posséder le don incomparable de la faire péter les plombs. Il ne cessait de la provoquer et elle, bien évidemment, se faisait un malin plaisir de lui rendre la monnaie de sa pièce. Avec les intérêts bien sur. Les deux tueurs étaient à couteaux tirés, se provoquant, s'insultant et cherchant sans cesse a rabaisser l'autre. Et, s'il n'y avait pas eu cette mission et cette proie à éliminer , Whisper était certaine que tout cela se serait fini par un affrontement à mort. Mais le travail primait heureusement. Et, bien que cela n'alla pas sans mal, la mission fut un réel succès. Pire, la jeune femme était certaine que cette cohabitation forcée et contre nature, ravirait tant leur employeur respectif que ces idiots pourraient être tentés de remettre le couvert ! Tout plutôt que cela ! Whisper refusait même l'idée de devoir, à nouveau, faire équipe avec Nemo. Rien que le fait de penser à son nom la rendait ivre d'une rage qu'elle ne comprenait pas. Pourquoi ce type parvenait-il ainsi à la faire rugir ! Ce n'était qu'un sombre idiot qui se targuait d'être le meilleur encore et encore ! Bouffon ! Elle était la meilleure et elle le lui prouverait un jour prochain ! Pourtant, pourtant Whisper devait bien avouer que Nemo avait su forcer son admiration. Elle s'attendait à trouver un benêt incapable de tenir une arme et elle s'était retrouvée avec un homme peut-être encore plus insensible et cruel qu'elle ne l'était elle-même. Un homme qui n'avait même pas cillé lorsque, afin de pouvoir mener leur mission à bien, elle s'était retrouvée contrainte de se transformer. Un homme qui avait, enfin, su achever leur proie de la façon la plus définitive qui soit. Elle avait même aimé la façon avec laquelle ils s'étaient quittés sans même un regard, sans même une parole. Oui, Whisper devait l'admettre : Nemo était le premier, depuis Arès, qui soit capable de l'égaler. Peut-être même de la surpasser. Non, pas la surpasser.

Whisper était rentrée et Bane, à sa façon toujours si particulière, l'avait félicitée. La vie avait continué de s'écouler, rythmée par les meurtres, les réunions secrètes avec son enfant et un patron qui devenait de plus en plus instable. Et cela atteignit même son apothéose lorsque Talya périt dans une tentative foireuse de mettre exécution le plan de destruction de Bane. Celle-ci morte une place de choix se libéra dans le coeur de Bane. Celui-ci semblait ne pas se remettre de la disparition de la jeune femme. Mais, heureusement, Whisper était là, elle. Elle était présente et fit tout pour se rendre indispensable. Et, à sa plus grande surprise, cela fonctionna à merveilles. Depuis bientôt trois mois la jeune femme était devenue le bras droit officiel de Bane. son âme damnée qui lui était entièrement dévouée. Une tueuse froide et sanguinaire qui dirigeait les hommes d'une poigne de fer. Une femme qui se faisait aussi confidente lorsque Bane en éprouvait le soudain besoin. La vie semblait enfin lui sourire : elle était une tueuse respectée, le bras droit d'un homme puissant et craint et elle bénéficiait de suffisemment de temps libre pour passer des journées entières auprès de son fils. Oui, la Vie s'annonçait plutôt douce même si une ombre persistait sur le tableau. L'absence d'Arès devenait chaque jour plus pesante. Whisper ne l'avait jamais oubliée et elle s'était refusée à le remplacer. Bien des hommes avaient tenté leur chance mais aucun n'y était parvenu. Le coeur de Whisper n'appartenait qu'à un seul homme.

Un jour, un simple appel devait pourtant bouleverser le fragile équilibre que la jeune femme s'était évertuée à construire. Un simple appel. Pensant qu'il s'agissait de Bane la jeune femme avait décroché dans l'instant. Mais son visage s'était fermé de la plus sombre des façons dès lors qu'elle avait reconnu la voix de son interlocuteur. Aleksander... Aleksander Kinsky l'avait retrouvée... Trop bouleversée pour même se demander comment l'homme avait réussi à dénicher ce numéro que si peu de gens connaissaient, elle écouta, imperturbable le discours de son maitre chanteur. Celui-ci s'était donné bien du mal pour la retrouver. Il avait remué ciel et terre pour cela et, pendant des années, il avait usé de ses relations, de son pouvoir et de sa fortune, pour la pister. Il l'avait, secrètement, traquée. Dans chacun de ses voyages, dans chacun de ses déplacements... Il savait tout d'elle à présent. Son activité de tueuse, son appartenance à l'organisation de Bane, Kinsky savait tout. Il connaissait même jusqu'au prénom de son fils. Lorsqu'il le prononça la jeune femme se mit à le menacer : si jamais il osait ne serait-ce que s'approcher de l'enfant alors elle ne ferait preuve d'aucune pitié. Elle le traquerait, le retrouverait où qu'il soit, et elle le ferait périr dans d'atroces souffrances. Bien plus qu'une menace ceci était une promesse dont Aleksander ferait mieux de se préoccuper. Mais l'homme n'en avait que faire. apparemment déragé il semblait vouer à la jeune femme une obsession malsaine. Le marché qu'il lui mit en mains était des plus simples et il était non négociable. Alors qu'elle l'écoutait exposer son ultimatum la jeune femme sentit ses jambes fléchir sous elle. Se cramponnant à son siège pour ne pas en tomber la jeune femme fulminait. Lorsque l'homme raccrocha enfin la jeune femme se jura que, quoiqu'il arrive, elle tuerait Aleksander Kinsky. Contrainte de lui céder, du moins en apparences, elle ne reculerait devant rien pour faire crever ce chacal. Cela demanderait peut-être bien du temps mais cet enfoiré payerait.

Quelques jours passèrent pendant lesquels la jeune femme mit de l'ordre dans sa vie. Elle avertit Bane des changements que son existence allait subir et le rassura : cela ne changerait strictement rien à leurs arrangements. Même projetée, malgré elle, sous les feux des projecteurs, Whisper demeurerait à son service. D'ailleurs, si elle recouvrait son nom de jeune fille, elle aurait accès à son héritage et tout cet argent ne pourrait qu'aider Bane à réaliser ses projets les plus insensés. Et, en effet, par la grace d'une odieuse pirouette de Kinsky, Whisper Nemirowsky revitn miraculeusement à la vie. Et, par la magie d'un système de justice corrompu, Arès Nemirowsky fut libéré le jour suivant. Whisper ne sut pas si son époux avait appris qu'elle était encore vivante. Conformément à son accord avec Kinsky la jeune femme s'était rendue chez lui. C'est là qu'elle habitait maintenant. Surveillée en permanence elle ne pouvait s'enfuir que pour rejoindre Bane ou aller rendre de trop fugaces visites à son fils. Lors de l'une de ses visites éclairs, la jeune femme prit le risque d'alerter le médecin. Qu'il sache et qu'il prévienne Arès. Qu'il lui raconte tout et l'alerte. Kinsky était devenu fou. Il l'avait faite chantée et avait exigé d'elle le pire des sacrifices : elle divorçait de Nemirowsky pour l'épouser lui et alors son fils et l'autre russe pourraient vivre en paix. Elle acceptait et il ne dirait jamais à qui que ce soit ce qu'il avait appris sur les activités assassines de la jeune femme. Elle acceptait et Arès serait libre. Elle refusait et Arès ne ressortiraient jamais de la prison dans laquelle il l'avait fait jeté. Elle refusait et Arès et leur enfant mourraient. Elle avait accepté. Qu'Arès sache et protège leur fils. Qu'Arès sache la vérité. Qu'il sache surtout qu'elle n'avait jamais aimé que lui, qu'elle l'aimait toujours autant et qu'elle n'aimerait jamais que lui. Même si, dans quelques jours, elle signerait une demande de divorce. Et que, ensuite, elle épouserait Aleksander Kinsky. A moins que...

Whisper Nemirowsky était perdue dans cette existence qui lui échappait de plus en plus. Elle ne maitrisait plus rien étant à la merci d'un patron illuminé qui gagnait en folie en même temps qu'il gagnait en puissance. A la merci aussi de ce procureur obsédé qui la voulait elle... et son héritage colossal qui l'installerait définitivement, lui. A la merci enfin, d'une menace qui grondait dans la noir sans qu'elle puisse même la sentir venir. Les fous qui étaient responsables de son Enfer. Les fous qui avaient fait d'elle un monstre hybride étaient en ville et leur grand chef s'était mis en tête de retrouver chacun de ces enfants qui étaient tous devenus des monstres mi-hommes mi-animaux.
Oui, la vie de Whisper Nemirowsky était déjà bien remplie mais la page qui commençait à s'écrire allait lui réserver encore bien des surprises.
Son histoire était loin d'être finie !
Très loin même !




Code par Tchoup









Dernière édition par Whisper Nemirowsky le Jeu 6 Sep - 13:14, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 11:11

Whisper maxred

Bienvenue !! N'hésite pas à nous harceler si besoin Very Happy On est là pour toi bond

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 11:35


Elle est là maxred Elle est là maxred

BIENVENUE mimi
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 11:38

Bienvenue la miss =)

Nemo avait hâte de voir Whisper débarquer dans le coin ! ahah
Bon courage pour ta fiche !

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 13:53

Merci mes Lapinous adorés ! lapinou

Vous ne pensiez quand même pas que je raterai pareil évènement hein ? ^^
J'ai même été jusqu'à kicker mon mari de son PC pour pouvoir recommencer ma fiche vu que j'ai perdu l'ancienne sur ce pauvre PC que j'ai si honteusement trucidé pluie

Bref, ravie d'être sur le point d'emménager en ces terres si "hospitalières" ? ^^

Peter, Peter, Peter...
Faudra venir voir tata Whisper hein ^^
Il faut que je t'apprenne à distinguer le bien du mal mon chou car là je pense que tu t'emmêles un peu les pinceaux chéri dent

Emily, Emily, Emily....
J'ai presque envie de faire une libre adaptation de "Alouette gentille alouette" rien que pour toi ma belle conscience !
"Ma p'tite chouette, ma jolie p'tite chouette...
Ma 'tite chouette... je te plumerai " dent
Tu aimes ?

Nemooo !!!
Toi toi toi.... *censuré*
Hâte de venir pourrir ta vie avant que tu ne pourrisses la mienne lech Enfin tu sais déjà tout le mal que je pense de toi n'est-ce pas ? ^^

Bref : merci à tous pour votre accueil !
Je vole vers mon traitement de texte afin de finir ma copie pour ce soir ^^
Je vous nem fort mes Lapinous !
Et, toutes mes félicitations : le fow est juste superbe !!! danse
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 13:56

Tu vas voir toi XD
*Nemo s'approche de Whisper et [censure]*

Devines quoi ?
Je m'occupe de ta fiche XD

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 14:01

T'en fais pas tata Whisper j'ai aucun soucis avec cette distinction par contre je serais ravi de te montrer que ta vision est peut être erroné What a Face

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 14:07

Bienvenue parmi ces fous et bon courage pour ta fiche ! ♥️ mimi
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Ven 31 Aoû - 16:40


Notre Whispy est chanteuse What a Face

J'aime /SBAFFFFFFFFFFFFFF/ maxred
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Mar 4 Sep - 16:51

Peter mon candide préféré >
Mais non, chouchou : tu verras, après un stage chez Tata tu réaliseras à quel point tu t'étais égaré ! dent

Le poiscaille>
Bon, vu que tu dois gérer ma fiche j'éviterai de trop te pouiller...pour l'instant !
Mais au jeu de "je te screene, tu me screenes " tu seras perdant mon chou !
Evites de trop trainer sur la cb si tu veux pas que je me défoule en t'épinglant tout le temps Razz

Ma conscience chérie >
Attention à tes tympans ma chouette : je siffle tellement faux !
Même moi je me fais peur What a Face

Elektra ma zoulie enemie >
Merci ma belle !
Et au plaisir de te recroiser sur la Cb, de Rp avec toi (faut bien que je fasse mon office de vilaine méchante trop belle et que je te pourrisse la vie, hein ^^)

EDIT : J'ai enfin finiiiiiii ! What a Face
Pinaise cela faisait un bail que je ne m'étais sentie aussi inspirée ! dent
Merci de m'avoir redonné le goût à l'écriture les Lapinous ! lech
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Jeu 6 Sep - 15:07

Me revoila !
Oui, avec du retard lol.

J'ai pris ta fiche, je suis sur le coup !
D'ici demain ou samedi ça sera bon !

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Jeu 6 Sep - 15:09

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! mimi

Tu m'as manqué mon poisson adoré tu sais ? lech
J'ai plein de choses à te dire d'ailleurs !
Nemo est rentrééééééééééé :nemo:

I'm happyyyyyyyy !!!
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Jeu 6 Sep - 15:19

Oui j'en doute pas, je manque beaucoup en général *pan*
j'arrive sur la CB ma vipère, mais ma connexion n'est pas terrible je préviens mdrr

yeah I'm back !

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 10:30

Alors comment fonctionne la co Sfr mon chou ? ^^
Bien j'espère !!!

Au fait, hier soir Peter a promis sur la cb de te gronder pour ne pas m'avoir encore validée ... à condition que je lui montre ma tronche de cake Razz
D'ailleurs faudra que je te montre mon moi en version blonde limite platine et avec bonnet animals hein ^^
Tu vas flipper What a Face

Et, je peux pas voter sur les top sites : les liens sont pas visibles [réservé aux admins etc....] pluie
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 11:00

Je m'occupe des permissions tout de suite.

Je t'avais dis demain ou samedi, donc je suis encore dans mes délais xP
Mais je me doutais bien que je ne pourrais pas me co, ma famille ne m'a pas lâché XD

Je poste le pub sur Bazzart et je te valide x)
Tu peux commencer à préparer ta fiche de lien (a)
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 11:07

Merci mon chéri ^^

Pour les permissions surtout car j'ai envie de voter (même pas pour les jetons mais juste parce que j'adore ce forum mimi) et de promouvoir GS autant que je peux.
J'attends d'être validée sur Bazzart pour aller le pompomer là-bas d'ailleurs dent
(oui, je me suis inscrite là-bas juste pour GS Razz)

Et pour la validation, rassures toi je suis pressée de jouer mais je sais bien que tu as une vie hein ^^
Et puis d'ailleurs j'aurais fait la même que tes parents Razz
Mais comme Peter, Norah et Julian ont eu le droit de voir mon cake c'est ton touuuuuuuuuur What a Face

Et ma fiche de liens est déjà prête me reste plus qu'à la poster en fait Razz
Comme mon scénario mais faut que je lui trouve un avatar : aide moiiiiiiiiiiiiii !
Sérieux avec Arès on se prend le chou depuis deux jours pour lui trouver une tronche... et on a trouvé que ceux qu'on voulait pas : Jude Law, James Franco et Bradley Cooper car on les aime trop, tous les minets à la mode car on les supporte pas... Du coup je sèche et j'ai besoin de toi mimi

Bref, j'ai hâteeeeeeee de rp lech
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 11:46

De rien ma chérie XD

MDR t'es un amour, j'ai mpotté tout le monde pour inciter les gens à la pub XD
Pour voir ta photo c'est avec plaisir bien sur !
On va pouvoir rp très vite together my firend XD

Pour les avatars je suis assez vide d'idée pour le moment mais on pourra en discuter pas de soucis !






Tu es validée !!!




Le staff te souhaite officiellement la bienvenue sur le forum !


J'aime beaucoup ta fiche parce que c'est complètement fou et j'adore ça et ça a totu de même son coté amouvant, mais Nemo ne t'aime pas quand même XD. Tu es donc ajouté au ANIMALS ! ! Après évaluation de ton personnage tu commenceras avec un niveau de défense 2 et un niveau d'attaque 3.




Sache que l'admin qui t'as validé est en quelque sorte ton tuteur et tu es en droit de le harceler de mp jusqu'au bout de la nuit si tu es perdu. Mais afin d'éviter de faire exploser sa boite de réception, voici un guide d'avant jeu pour t'éviter de te perdre à Gotham City.


♠ Pour commencer, il te faudra activer ton dossier dans ton profil.
♠ Réserve ton avatar, si tu ne le fais pas, sache qu'il te sera impossible d'avoir gain de cause si quelqu'un le réserve par la suite, et cela, même après ta validation. Mieux vaut ne pas prendre de risque. (Cela vaut aussi pour les pvs évidement) Viens également recenser le métier de ton personnage.
♠ N'oublies pas prendre connaissance du Casino pour améliorer ton jeu ! Si tu as la moindre question à ce sujet n'hésite pas à contacter l'ami Nemo.
♠ Evidement, tu devras affronter l'inévitable qui consiste à réaliser ta fiche de lien mais aussi ta fiche rp. Tu as également la possibilité d'ouvrir ton journal.
♠ Si tu veux un conseil, gardes un oeil sur les News ainsi que sur le Daily Bugle, de nombreux évènements pourraient t'y intéresser.
♠ Le forum compte sur toi pour voter aux top sites mais aussi sur le Boosterforum et comme tout travail mérite salaire, chaque vote te rapporte des jetons !
♠ Après tout cela, la partie RP s'ouvre enfin à toi.



Amuses toi bien parmi nous ! Si tu as la moindre question, n’hésite pas à contacter un membre du staff qui sont là pour te guider vers la lumière... Pour certains c'est l'obscurité, mais nous ne dénoncerons personne.



Je modifie les jauges !

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 11:50

Merci mon chou mais... je suis pas supposée être en vert ? XD
Moi le rouge me va à ravir mais, en tant qu'Animals, je pense que je dois être de la même couleur que ma chouette adorée, non ?

Merci pour la validation !
Je file remplir toutes les formalités et ensuite je demande mes liens et je planche sur un premier rp mimi

Merciiiiiiiiiiiiiiiiii lech
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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 12:10

Oui tu as raison, j'ai un peu déraillé pour le coup mdrr
Je te change de couleur de suite l'amie.
Dommage, les rouge sont les meilleurs *pan*

Ok ça marche x)
Pour notre rp, on en discute par mp si tu veux xP

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 12:25

Merciiiii !!!

C'est vrai que c'était tentant de me mettre en rouge... Et, oui, j'admets : j'ai comme qui dirait une légère référence pour les rouges mimi

Pour le rp c'est comme tu veux lech
D'ailleurs comme je suis la plus adorable des femmes serpents qui soit je te laisse ouvrir les hostilités et me livrer tes idées et envies.

De toutes façons, je sais que tu ne peux avoir qu'une idée tordue comme je les aime moonw

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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Sam 8 Sep - 12:56

Mdr,
Tu n'es pas avec la meilleur équipe qu'est-ce que tu veux que je te disse ahah XD

Ok je te mpotte cessons de flooder quel exemple je suis ahah
(j'ai déjà une idée mais elle est peut-être pas si tordue que ça XD)


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MessageSujet: Re: Whisper Nemirowsky .: Black Mamba :. FINIEEEEEEEEEEEEEEEEEE   Mer 19 Sep - 18:23

J'ajoute 20 jetons à Nemo pour t'avoir attiré sur le forum =)

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